Éva Merlier fait des photos pour le Queer Month

Éva Merlier fait des photos pour le Queer Month

J’aimerais qu’un jour nous puissions être pleinement ce que nous souhaitons être.

Qu’un jour il n’y ait plus besoin de lutter.
Qu’un jour, chacun.e puisse se définir comme iel le souhaite, sans que personne ne remette sa parole en doute.
Qu’on laisse chacun.e utiliser l’étiquette qui lui convient ou lae laisser convenir de ne pas en utiliser.

J’aimerais que les rangs se resserrent et s’unissent au lieu de se jeter en pâture aux plus armés.
Qu’on prenne enfin le temps de s’écouter et de se comprendre.
Comprendre que parfois, la violence est la seule réponse qui reste face au désarroi des personnes invisibilisées.

Comment se faire entendre quand personne ne nous écoute?
Comment se faire comprendre quand on se fait écraser par une large majorité?

Nous sommes toutes les lettres du sigle LGBTQI+, Il serait impossible de toustes nous représenter. Pourtant, nous sommes là.

À toustes mes adelphes trans, PD, bi, gouines, et aux autres, à toustes mes ami.e.s TDS et aussi à nos allié.e.s,

Nous seronS uni.es ou nous ne serons pas.
Nous avancerons ensemble ou nous n’avancerons pas.

Modèles – Nyx, Daniel Galicia, Lilith, Oscar, Ken Trophy, Cédric, Olive, Yan

Texte et Photograpie par Eva Merlier

Mathias B. fait des photos

Mathias B. fait des photos

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne panique pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente le photographe Mathias B.

Je m’appelle Mathias et je m’intéresse à la photographie depuis plusieurs années. D’abord par mes études, j’ai étudié l’histoire de l’art et plus particulièrement la réception et la conservation d’archives photos. Ensuite, dans mon quotidien, j’y suis confronté dans le cadre de mon activité professionnel. Je travaille autour de la conversation préventive de différents supports photographiques dans une institution patrimoniale parisienne. C’est donc d’abord par une approche théorique que j’ai découvert le monde de la photographie. Très vite cependant, il m’est apparu que si je souhaitais appréhender ce médium dans son entièreté, je me devais aussi de m’y confronter par sa pratique. Comment en effet comprendre les enjeux de la conservation d’une image sans en connaitre les gestes de sa production ?

 

 

Ma série porte sur le football féminin. J’ai voulu à travers ce petite collection me confronter à une activité sportive encore mal représentée et extrêmement limitée dans les médias, et quand celle-ci est représentée, l’imagerie développée est extrêmement impersonnelle et passive. Excepté peut-être le travail récent de Charlotte Hadden pour Dazed, la représentative de la footballeuse est souvent désincarnée, posées, lointaine ou inspirées de leur pendant masculin, rares sont les photos qui ne sont pas mises en scène et témoin d’une véritable vie sportive. J’ai essayé à travers cette série de me faire le médiateur d’une équipe de foot féminine. En prenant contact avec une équipe de foot féminine, j’ai voulu à ma porter, tenter de ma faire le médiateur de ce je voyais sans mise en scène. J’espère que ce série témoignera de cette tentative de rendre justice à une activité sportive encore mal représentée.

PHOTOGRAPHIE PAR MATHIAS B.

Flavie Eidel fait des photos

Flavie Eidel fait des photos

Modèle : @audgpus

Comment es-tu arrivée à la pratique de la photographie ?

J’ai grandi dans la photographie, en tant que fille de passionné, et ai eu mon premier bon vieux DSLR quand j’avais une dizaine d’années. J’ai commencé à photographier un peu tout, mais surtout n’importe quoi. Les portraits sont arrivés bien plus tard, vers l’âge de 20ans. Alors que le féminisme m’était complètement inconnu à ce moment là, c’est tout de même tout naturellement que je me suis tournée vers les femmes.

Qu’est-ce qui te plaît dans ce média ?

Je pense que ce qui me tient à coeur dans la photographie, c’est le fait de capturer la vulnérabilité d’un moment entre le.a modèl.e/client.e et moi-même, la photographe. J’ai réalisé il y a peu que je faisais très difficilement confiance aux gens, donc la photographie me pousse dans mes retranchements. Mon travail n’aurait jamais vu le jour si je n’avais pas fait entièrement confiance aux personnes que je photographie. C’est un instant spécial, durant lequel on est complètement connecté.e.s l’un.e à l’autre avec pour unique but de créer quelque chose de spécial ensemble.

Même si j’aime plein de choses dans la vie, j’entretiens un lien tout particulier avec la photo. En effet, étant bipolaire, la dépression n’est jamais loin, mais la photographie a toujours su me sortir des moments les plus sombres. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai un boîtier tatoué sur le corps.

Quel est ta relation avec la mode et particulièrement la photographie de mode ?

Selon moi, la photographie de mode idéale est un parfait mélange d’art, d’avant gardisme, et de parti pris. Elle est loin de l’élitisme qu’on lui prête et elle parle à tou.te.s. Nous vivons dans une société capitaliste alimentée par la surconsommation d’images. La photographie de mode est absolument partout, ce qui en fait un facteur important en terme de représentation. Lorsqu’elle décide de nous occulter, on en vient vite à se demander ce qui cloche chez nous et ce que l’on doit changer pour être enfin acceptée, validée, aimée. Puis moins les autres nous voient représentés, et plus le faussé se creuse.

Le manque de représentation participe très clairement aux inégalités sociales. C’est ce pourquoi je suis toujours ravie d’adapter mes tarifs pour mes client.e.s issu.e.s de minorités sociales ou d’offrir des photoshoots à certaines occasions, comme par exemple pour la Trans Day of Visibility.

Est-ce que tu utilises tes valeurs et tes convictions dans ta pratique de la photographie ?

J’essaye d’utiliser mon art pour parler de sujets qui me tiennent à coeur en les enrobant d’une esthétique qui me ressemble. Et si je peux inspirer des femmes à s’aimer ou vouloir essayer la photo, alors j’ai tout gagné!

Modèle: @anastasiaxmiller.

Modèle: @happyhannahkkuh

Modèle : @jluna0715

Modèles: @niaandness

Modèle: @ari_reb

Modèle: @selena_cindy MUA: @kitschyxwitch

Modèles: @anastasiaxmiller @happyhannahkkuh

 

 

 

 

PROPOS RECCUEILLI PAR ALICE DARDUN
PHOTOS PAR FLAVIE EIDEL

 INSTAGRAM FLAVIE EIDEL

TWITTER FLAVIE EIDEL

 

 

Tendre Violence par DZ et Marie Rouge

Tendre Violence par DZ et Marie Rouge

JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES – 8 MARS 2019

Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, DZ et Marie Rouge s’engagent contre les violences faites aux femmes, voici l’histoire de cette série.

@DZlanuitlejour est un compte Instagram de phrases, crée par DZ aka Sandra Nicolle anciennement Jackie Palmer, musicienne et auteure. Exutoire et terrain de jeu, ce compte rassemble ses pensées, ses aspirations, ses désillusions sur l’amour, l’écologie et le déterminisme social. Les messages se veulent directs et sans artifices.

Sur son compte Instagram, elle déclare à propos de cette série :

« Je suis une femme, une travailleuse, je suis aussi une soeur, une amie et peut-être qu’un jour je serai une mère. Toute ma vie j’ai collecté des témoignages de proches, observer des situations. C’est comme une map géante dans ma tête, constituée des récits de ces femmes, entremêlés à mes propres expériences. 
En grandissant j’ai compris qu’il y avait une inégalité flagrante entre les hommes et les femmes, à beaucoup d’égards. Il y a toute une éducation à repenser pour les générations futures. »  
                                                                                                                                    @DZlanuitlejour

« Nous sommes des femmes, nous sommes des artistes, nous portons un message. »

@MarieRouge arrive à Paris il y a 6 ans, à tout juste 20 ans elle se plonge dans l’univers des folles nuits parisiennes dont elle tire le portrait pour Barbi(e)turix, plate-forme de culture lesbienne. En parallèle, son travail de portraitiste offre des images troublantes et colorées où les genres se confondent. Un jeu sur les codes de représentations que Marie brouille à dessein pour mieux bousculer les constructions sociales imposées par la société. 

Elle collabore régulièrement avec Libération, Grazia, Causette, Néon, Le Parisien et a exposé au Point Éphémère, à la Gaité Lyrique et à l’institut Français de Saragosse. 

« Aïe miss you » montre l’attachement, la dépendance et le défit psychologique qui consiste à se défaire d’une personne violente.

« Un amour à couper le souffle » parle du fantasme de l’amour passionnel, une histoire que l’on se raconte à soi-même et que l’on raconte aux autres pour se justifier.

La troisième photo est une décision. « Un poing c’est trop ».

Tendre Violence par @DZlanuitlejour et @MarieRouge

 

 

 

 

 

Arsène Marquis fait des photos

Arsène Marquis fait des photos

SOFTGROUNDS. « Nos corps sont des territoires meubles : ils sont tendres et mobiles, en permanente reconstruction, parfois secoués par des séismes, modelés par les normes mais capables d’en submerger les frontières. Ensemble, le temps d’une image, nous essayons, modèle et photographe, de traduire un écho de ces secousses qui nous traversent. Rappelant le motif de la vanité, les matériaux périssables convoqués ne sont pourtant pas tant ici un rappel du caractère éphémère de la vie que le début de questions : que choisissons nous de faire des temporalités que nous partageons ? Quelles empreintes laissons nous dans les corps de celles et ceux qui nous entourent ? Comment s’inventer ?« 

Arsène Marquis 

 

Comment tu en es venu à la photographie ? Et comment tu t’es professionnalisé ?

Je me suis professionnalisé bien avant de considérer devenir un photographe au sens « artiste » du terme. C’est arrivé un peu par hasard : après des études de stylisme à Paris qui m’ont beaucoup apporté, y compris la certitude que ce n’était pas un domaine pour moi, j’ai déménagé à Lyon où je me suis offert quelque chose qui me faisait envie depuis longtemps : une licence en littérature (chacun ses rêves ok).

Ça a été une période hyper active : en parallèle de mes études et de mon boulot, j’ai monté un collectif avec des copines. Ça s’appelait La Chatte, on organisait des soirées avec que des meufs au line up, c’était un truc pour des gouines par des gouines en forme d’orgie électro/techno et c’était super. On documentait énormément, je faisais les visuels, la merveilleuse Marie Rouge prenait les photos des soirées et de fil en aiguille, comme j’avais acheté un appareil photo pour mes études, j’ai aussi commencé à prendre des photos des apéros qu’on organisait au Livestation DIY.
J’ai quitté le collectif au bout d’une saison à cause de désaccords, à un moment où Lou, la gérante du Livestation DIY, cherchait un photographe : elle m’a proposé le poste et j’ai accepté. Je me suis lancé en auto-entrepreneur et ça m’a permis de me former en autodidacte et de m’équiper jusqu’à devenir un technicien correct.

Mais hors de ça je n’avais ni trop d’inspiration ni d’ambition, je photographiais ce qui venait, c’était plus un passe temps qu’autre chose et ça m’allait très bien. Et puis à partir de là, j’ai avancé : j’ai pris des positions militantes, j’ai dévoré des bouquins, j’ai transitionné, j’ai rencontré des gens fantastiques et j’ai continué à faire des photos hors du cadre « pro », pour beaucoup avec des ami.e.s, jusqu’à ce que ça fasse boule de neige.

J’ai fini par savoir un peu mieux ce que j’aimais en photographie, ce que je cherchais dans ma propre pratique, et quand j’ai eu à peu près le doigt sur ce que je voulais montrer, et je me suis lancé et j’ai commencer à partager la partie plus personnelle de mon travail. Là ça fait un peu moins d’un an que je ne fais plus que de la photo, c’est un peu terrifiant parfois mais j’apprends énormément donc : zéro regrets. »

 

Arsène n’a pas tout de suite pensé Softground comme une série photo. L’harmonie évidente de ces images, issues de différents moments, de différentes séances photo, est venue plus tard. Comme quoi, il n’est pas toujours nécéssaire de réfléchir chaque démarche photographique comme une série, avec un message bien défini en amont. Parfois, le message vient après, et la série aussi.

PROPOS RECCUEILLI PAR ALICE DARDUN
PHOTOS PAR ARSÈNE MARQUIS

Maxime Muller fait des photos – Dystopia

Maxime Muller fait des photos – Dystopia

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne t’inquiète pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente (encore) lE photographe 

MAXIME MULLER

 

Après un parcours scientifique et des études de médecine, Maxime se consacre à la photographie, diplômé de la promotion Bachelor 2017/18 à Bloo Ecole et intègre l’année suivante l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Il réalise un travail plastique sur les mécanismes de constructions psychologiques et physiques de personnes dans des milieux marginaux comme sur la maladie d’Alzheimer, l’univers des drag queens ou sur la guerre d’Algérie. Mêlant histoire personnelle et mémoire collective, il questionne le genre de l’autobiographie fictionnelle sur une base de graphisme décontextualisant les images. Il publie une autoédition sur sa série DYSTOPIA en 2018.
 
 
la série : DYSTOPIA. Elle résonne dans ma tête, les mots, les gens. UnE HisToire. Un monde biaisé, par le sexe. Un tourbillon. De PEUr, dAngOissE et de CoLÈRe. DYSTOPIA est un lieu, une histoire, elle sétend. Se complexifie. Cest ici et nulle part. Tout le temps. Désolé.

Maxime Muller 

Photos et texte par Maxime Muller