Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le principe de l’application tient en une phrase « pouvoir partager ses photographies avec son réseau en quelques secondes » selon la page Wikipédia dédiée à Instagram. 

La communauté d’Instagram est souvent décrite comme composée de deux catégories d’inscrits : les utilisateurs et les influenceurs. Un utilisateur est un membre lambda de la communauté, ayant une pratique plus ou moins régulière et souvent très personnelle du réseau social. Un influenceur est un utilisateur un peu différent, qui se démarque par ses followers, par l’influence qu’il exerce et par ses photos d’avocado toast. 

Aussi, on retrouve les mêmes standards féminins de beauté que dans n’importe quel magazine : les influenceuses les plus populaires sont toutes jeunes, minces, parfaitement maquillées et coiffées, au style impeccable et au physique irréprochable.  Les sourires sont figés et sponsorisés,  la pose semble inconfortable mais qu’importe : cela rapporte des likes. Dans un article du Huffington Post Québec intitulé « L’image de la femme parfaite dans notre société », Dina Husseini écrit : « La beauté se manifeste à travers le réseau médiatique, surtout avec l’apparition des top-modèles. Celles-ci incitent, de manière indiscutable, les femmes à aller faire des entraînements d’activités physiques ou de faire des régimes pour maigrir. »

23 % des influenceuses Instagram sont des top-modèles.

Publiée le 8 novembre dernier par les trois universitaires Jasmine Fardouly, Rebecca T. Pinkuset Lenny R. Vartanian, une étude sur l’impact des comparaisons d’apparences faites par les femmes sur les médias sociaux, met en exergue la capacité pernicieuse d’Instagram à susciter chez les jeunes femmes l’envie et la jalousie du corps de l’autre. Sur les 150 étudiantes sondées, la plupart ont même avoué être de plus mauvaise humeur et plus mal à l’aise avec leur apparence après avoir comparé leur corps avec celui d’une Instagrameuse. 

Heureusement, des comptes comme Wondher, Le Salon des Dames, Virginandmartyr et plein d’autres montrent une autre facette d’Instagram et permet de libérer et valoriser la parole des femmes. Le super compte de Celeste Barber reproduit des photos de stars avec dérision et dénonce avec humour la superficialité des posts. 

Faite attention aux réseaux sociaux, il est important de relativiser et de ne pas se comparer aux autres.

 

 Texte – MANON BENBOUDRIOU

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

Le temps est bon, le ciel est bleu, la part réservée par les médias aux sports féminins est de l’ordre de 10 à 15%. 

Le temps est bon, le ciel est bleu, la part réservée par les médias aux sports féminins est de l’ordre de 10 à 15%. 

Le sport féminin a toujours été sous représenté, que ce soit à la télévision ou dans les fédérations.  Malgré des progrès au fil des années, il est toujours difficile pour les femmes  d’avoir accès à des sports dit « masculins » comme le rugby, le foot, la boxe ou encore la lutte.

L’école est l’un des premiers endroit ou l’on apprend ce qu’est le sport. L’éducation Physique est inscrite dans la Loi en 1882  avec cette formule:

« L’école primaire peut et doit faire aux exercices du corps une part suffisante pour préparer et prédisposer (…) les garçons aux futurs travaux de l’ouvrier et du soldat, les jeunes filles aux soins du ménage et aux ouvrages des femmes ».

C’est en 1970 qu’est décrétée la mixité dans les cours d’EPS.

Les femmes représentent 36 % des téléspectateur·trice·s qui se passionnent pour un événement sportif. Et lorsqu’on allume sa télé, on se rend compte que les médias font très peu d’effort pour mettre en avant les sportives, leurs victoires étant à peine relayées et très vite tombées dans l’oubli au profit d’un exploit masculin. 

L’université de Cambridge a analysé plus de 160 millions de mots écrits par des journalistes sportifs dans la presse ou en ligne. Leur conclusion : les hommes sont cités trois fois plus souvent. De plus, le sport avec des équipes masculines est souvent considéré comme valeur de référence : on parlera du football féminin pour les femmes, de football tout court pour les hommes. 

Le problème de la sous-médiatisation a un impact sur les sponsors qui préfèrent miser sur le sport masculin car plus médiatisé. Moins de sponsors équivaut à moins de moyens pour un club donc une évolution professionnelle plus compliquée. 

Il est essentiel que le sport féminin se démocratise. On peut saluer Aida Hegerberg qui fut la première joueuse féminine de foot à recevoir le ballon d’or, Serena Williams grande joueuse de tennis et Laure Manaudou championne du monde de natation, entre plein d’autres! 

Texte – MANON BENBOUDRIOU

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

Le temps est bon, le ciel est bleu, sur 104 plaintes déposées pour des violences gynécologiques, 29 % aboutissent à une radiation du conseil de l’ordre des médecins

Le temps est bon, le ciel est bleu, sur 104 plaintes déposées pour des violences gynécologiques, 29 % aboutissent à une radiation du conseil de l’ordre des médecins

En Juin 2018 le rapport commandé par la secrétaire de l’égalité femme-homme Marlène Schiappa fait état des violences gynécologiques. 

Les violences gynécologiques et obstétricales désignent tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé, qui n’est pas justifié médicalement et/ou qui est effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou de la parturiente ou lors du suivi gynécologique. 

 

Il y a de nombreux exemple de femmes qui témoignent de ce fléau qui reste encore tabou. Nina Faure a réalisé un documentaire qui s’appelle «  Paye (pas) ton gynéco » (à voir plus bas). Comme elle l’explique, au début ces violences sont invisibles avec des remarques sur la maternité ou la vie sexuelle de la patiente.

« J’ai été partagée entre le soulagement (je n’étais pas seule) et une colère immense : si l’expérience est tellement partagée, c’est forcément dû à un problème global, systémique. […] Être allongée nue, les jambes écartées, devant quelqu’un qui se permet des remarques déplacées, des gestes brusques et qui méprise notre douleur, ça n’a rien d’une situation  »normale » de suivi médical. La prise de parole sur les violences subies a permis de rendre public le problème, que de nombreuses personnes en prennent conscience. »

 Le rapport montre du doigts des remarques déplacées avec par exemple «Vous avez mal pendant les rapports ? Mettez-y un peu du vôtre». Il y a aussi les violences physiques, les touchers vaginaux sans consentement, la pose de sterilet sans l’accord de la patiente, pratiquer un frottis sans raison valable…

 Pour lutter contre cela, il faut encourager les victimes a porter plainte et faire de la prévention aussi bien aux patientes qu’au personnel médical. 

Texte – Manon Benboudriou

Graphisme – Victoria Dubois

Le temps est bon, le ciel est bleu : seulement 11 % des spectacles humoristiques en festival sont assurés par des femmes.

Le temps est bon, le ciel est bleu : seulement 11 % des spectacles humoristiques en festival sont assurés par des femmes.

 Un chiffre alarmant sur l’égalité femme-homme dans l’humour. Prenons exemple sur le festival  Juste pour rire, un des festivals francophones le plus célèbre ces dernières années, se déroulant à Montréal et programmant en moyenne 9 % de femmes.  20 % pour le festival Montreux Comedy en Suisse, c’est déjà mieux! Dans l’émission de Ruquier « On ne demande qu’à en rire », on compte en moyenne 1 femme pour 20 hommes.

 

 

La parité est loin d’être respectée. Ce phénomène est présent depuis des années comme l’explique Anne Roumanof :  « Quand j’ai débuté dans La Classe de Fabrice, en 1987, c’était un bizutage sexiste. J’avais 22 ans. Fabrice m’a demandé si je préférais la pénétration anale ou vaginale. Je suis partie en pleurant. Puis, dans les années 1990, on m’a appelé pour “Rien à cirer”, l’émission de Laurent Ruquier sur France Inter, car ils cherchaient une fille (une seule !). Ensuite, j’ai attendu d’avoir 40 ans pour qu’on me confie enfin les commandes d’une émission, sur Europe 1 ! Les dirigeants de chaînes sont des hommes blancs de 60 ans. Oui, il y a de la misogynie. » 

 

 

Une des programmatrices du Marrakech du Rire explique que les femmes humoristes ont souvent le même créneau humoristique : Le féminisme et la vie d’une femme au quotidien et qu’il faudrait diversifier les sujets abordés. C’est sa justification pour la sous représentation des femmes dans ce festival! Nous pouvons constater à travers des témoignages que l’humour des femmes fait tout simplement peur aux hommes. Comme le souligne l’humoriste Blanche Gardin qui confie qu’en 200 représentations aucun homme n’était présent dans le public!! 

 

Malgré ces inégalités flagrantes on peut se féliciter d’un nombre de plus en plus grandissant d’humoristes populaires engagées, chacune à leur manière; avec Anne Roumanof, Sophia Aram pour l’humour politique, Nawel Madani qui raconte le quotidien des femmes ou encore Blanche Gardin qui en Mai 2018 fut la première à décrocher le Molière de l’Humour. Une belle revanche même si le chemin est encore long.

 

 

Texte – MANON BENBOUDRIOU

 

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

 

Le temps est bon, le ciel est bleu, 40 % des personnes présentes à la télévision et à la radio sont des femmes

Le temps est bon, le ciel est bleu, 40 % des personnes présentes à la télévision et à la radio sont des femmes

Chiffre en légère hausse par rapport aux années précédentes, mais qui pose problème quand on sait que la population est composée de 52 % de femmes selon l’INSEE en 2018.

La catégorie présentateur·trice & animateur·trice est composée de 48 % de femmes et de 52 % d’hommes. Tandis que la catégorie des expert·e·sest composée de 35 % de femmes et de 65 % d’hommes. La catégorie des expert·e·s est en considérable augmentation, ce qui n’est pas le cas pour la catégorie invité politique qui compte seulement 27 % d’invitées politiques féminines. Inquiétant, car le personnel politique a considérablement évolué en 2017 à l’assemblé national et s’est féminisée. 




La publicité a été également épinglée selon le CSA. Les stéréotypes et les clichés envers les femmes sont nombreux, les femmes ressurgissent en majorité lorsque l’on aborde l’entretien du corps (63 %), l’habillement et la parfumerie (57 %), les loisirs (56 %) et les produits médicaux et paramédicaux (55 %) alors que les hommes ont la part belle lorsqu’il s’agit d’automobile, de jeux d’argent ou d’expertise.

Le CSA avait été saisi en 2016 suite à de nombreuse plaintes de téléspectateurs après la diffusion d’un épisode du Bachelor où les participants présentaient les candidates à un nouvel arrivant en lui demandant de les classer physiquement, « une démarche dégradante puisqu’elles se trouvaient réduites à leur apparence », souligne le Conseil.




Le CSA prévoit d’introduire une charte pour limiter le sexisme dans les publicités. 

Texte – MANON BENBOUDRIOU

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

Le temps est bon, le ciel est bleu, 3% des plaintes pour viols aboutissent à un procès devant les assises

Le temps est bon, le ciel est bleu, 3% des plaintes pour viols aboutissent à un procès devant les assises

Le premier problème comme nous l’explique Nolwenn Weiler, une des auteures du livre-enquête « Le viol, un crime presque ordinaire », c’est qu’une grande majorité de victimes ne portent jamais plainte :« Il y a un consensus autour du chiffre de 75 000 femmes victimes de viol ou de tentatives de viols par an en France. Le problème est que seulement 10 % des victimes le signalent à la police. »

 


On peut donc se demander pourquoi les victimes de viol ne portent pas plainte. Il y a plusieurs explications plausibles. Selon l’auteur Nolwenn Weiler, les victimes de viols ne savent pas comment situer si elles ont subies un viol. Pour la plupart des victimes, se faire violer signifie être seule dans un parking et se faire agresser par un inconnu. Mais comme beaucoup, la plupart des victimes de viol connaissent leur agresseur. 

 

Le deuxième problème est l’attente entre la plainte et le jugement qui peut prendre entre 3 et 5 ans en moyenne. Constituant une épreuve de plus pour la victime qui doit ressasser son histoire sans cesse. 

 

La requalification des crimes par les tribunaux, encouragée par certains avocats, est chose courante pour désengorger les tribunaux. Selon l’étude de Brachet et Iff, 1 quart des plaintes pour viol étudiées ont été déqualifiées en agression sexuelle, à la demande du procureur. Une autre étude de 1991 sur le tribunal de Nantes, montre que la moitié des affaires jugées comme de simples agressions sexuelles étaient en fait des viols reconnus par les coupables, ou avérés par des expertises judiciaires.
Le chiffre consensus de 75 000 femmes victimes de viol par an en France est basé sur diverses enquêtes sociologiques.

 

Dans l’enquête ENVEFF de 2000 on estimait que 48 000 femmes auraient été victimes de viol. Or, cette enquête comptabilisait seulement les femmes entre 20 et 59 ans.

 

Selon l’enquête Contexte de la Sexualité en France (CSF) de 2006, entre 50 000 et 120 000 femmes sont victimes d’un viol ou d’une tentative de viol par an.

 

Une moyenne de 84 000 femmes (de 18 à 75 ans) victimes de viols ou de tentatives de viol par an est le chiffre que l’on peut tirer à partir des enquêtes « Cadre vie et sécurité » de 2007 à 2012. Sur deux ans ces enquêtes estiment une moyenne de 202 000 victimes de viol ou de tentatives de viol (hommes et femmes) avec une marge d’erreur de 22 000 personnes ; soit 101 000 cas par an.
Tous ces chiffres sous-estiment le nombre total des viols par an puisque la plupart des victimes indiquent avoir subi leur premier viol ou tentative de viol avant leur 18 ans. C’est le cas pour 67% des hommes et 59% des femmes selon l’enquête Contexte de la sexualité en France de 2006.

 

 

 

Cet article me fait froid dans le dos. Alors qui que vous soyez si vous avez été victime d’un viol ou si vous connaissez des personnes dans votre entourage qui en ont été victimes parlez en :

 0 800 05 95 95 « SOS Viols Femmes Informations »
Ce numéro est destiné aux femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles et à leur entourage ainsi qu’aux professionnels concernés

 CF – Collectif féministe contre le viol 


 FNSF- Fédération nationale solidarité femmes
 

 CNIDFF – Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles


 Mouvement français pour le planning familial 


 Femmes solidaires


 FDFA – Femmes pour le dire Femmes pour agir


 INAVEM : Fédération nationale des associations d’aide aux victimes

 Association Parler


 

 

Texte – Manon Benboudriou

 

Graphisme – Victoria Dubois