BAD BITCHES ONLY & HÉROÏNES, on joue féministe

BAD BITCHES ONLY & HÉROÏNES, on joue féministe

BAD BITCHES ONLY & HÉROÏNES, on joue féministe

Ce dimanche 8 mars est un jour particulier. C’est un jour de lutte, de mémoire mais aussi de reconnaissance pour toutes les femmes du monde. Aujourd’hui nous manifestons pour nos droits et nous honorons la mémoire de celles qui nous ont permis de nous rapprocher de la liberté. Pour découvrir et redécouvrir les femmes qui ont fait avancer notre société et cela dans tous les domaines, deux jeux de société féministes ont récemment fait leur apparition : « Héroïnes » et « Bad Bitches Only »

Qu’elles soient connues ou méconnues, historiques ou contemporaines, politiques, artistes, scientifiques ou encore fictionnelles, toutes les femmes présentes dans Héroïnes et Bad Bitches Only sont incroyables ! Ces deux jeux vous permettront de connaitre de nombreuses figures féminines oubliées et d’aborder la société avec un oeil nouveau, tout cela bien sûr en vous amusant. 

Le jeu de 7 familles des « Héroïnes » 

A l’origine de ce jeu de société deux héroïnes : Anne Dhuquois, journaliste indépendante depuis plus de 20 vingt, et Gaëlle Bidan passionnée par le monde de l’édition. Les deux femmes se rencontrent dans une maison d’édition et partagent de nombreux points communs dont leur amour pour les jeux de société. Anne et Gaëlle se lancent dans l’aventure ensemble et de leur association nait en 2017 Unda, le premier jeu sur les cultures urbaines. Deux ans de recherche plus tard c’est un jeu uniquement basé sur les femmes avec plus de 400 références qui fait son apparition.

« Michelle Perrot a accepté très gentiment d’être notre marraine et elle nous a non seulement inspiré des cartes mais elle en a également relu beaucoup notamment dans la catégorie « biographie » pour que nous ne fassions pas d’impair sur certaines », nous a expliqué Anne. 

Pour ce qui est des règles du jeu, c’est très simple. Réservez entre 30 et 50 minutes selon le nombre de personnes que vous êtes. Comme tous bons jeux de 7 familles qui se respectent le but de celui-ci est de faire une famille, mais cette fois une famille d’Héroïnes. Vous pouvez réussir à former une famille avec : Les Puissantes, Les Guerrières, les Révoltées, les Féministes, les Icônes, les Pionnières, les Effacées. 

 Pour pouvoir former une famille vous devrez relever un total de 6 défis : 

  • Trouver l’héroïne avec l’aide de sa biographie 
  • Deviner l’héroïne avec 4 mots indice 
  • Situer 3 héroïnes par ordre chronologique 
  • Retrouver la femme qui se cache derrière le dessin
  • Miner une héroïne 
  • Inventer la biographie d’une héroïne peu connu 

Dans ce jeu de 7 familles il y a une nuance qui en révèle beaucoup, Gaëlle nous a expliqué : « Une femme peut être dans une double famille : elle peut être Pionnière et Effacée. Ca peut être le cas de scientifiques dont les découvertes auraient été spoilés. Ce sont des pionnières dans leur domaine mais pourtant on ne connait pas leur nom aujourd’hui. Au final il y a un message assez personnel dans toutes ces familles mais aussi assez emblématique de la visée du jeu qui est de valoriser certaines femmes et d’en revaloriser d’autres qui seraient méconnues ». 

Grâce à Anne et Gaëlle, le 7 familles se révèle être un jeu bien plus intéressant tant sur le point ludique qu’éducatif, pour les grands comme pour les plus jeunes. Pour commander votre jeu: CA CLICK ICI !

« Bad Bitches Only » pour lutter contre les stéréotypes 

Si le nom de l’entreprise Gender Games vous dit quelque chose alors vous ne serez pas étonné·e de savoir que le fabuleux jeu « Bad Bitches Only » en est issu. Inès, sa créatrice, issue du milieu culturel, a profité d’une année sans emploi  pour penser et développer son jeu de société. 

« Militante féministe depuis quelques années, je suis partie du constat simple qu’il n’y avait pas vraiment de jeu féministe dans cette optique. Quand je voulais organiser une soirée avec mes amies féministes je ne trouvais aucun jeu auquel jouer donc j’ai décidé de créer le mien », nous a confié Inès. 

Pour créer son jeu, Inès avait pour souci de représenter la diversité des femmes, c’est donc à l’aide d’une liste de 1000 noms qu’elle a pu sélectionner les femmes les plus représentatives. « Je voulais équilibrer les figures très connues pour que le jeu soit quand même facile à jouer et ensuite celles qui ont été invisibilisée. L’idée est aussi de faire découvrir toutes ces personnes qui ont été effacées de l’histoire. »

Là aussi le principe est très simple puisque Bad Bitches Only se joue sur la même base qu’un « Times Up ». Il y a donc des cartes avec des femmes ou des minorités de genres qu’il faut faire deviner à son équipe en un temps limité. Il y a plusieurs manches : 

  • Faire deviner la personnalité avec tous les mots que vous voulez
  • Faire deviner avec un seul mot 
  • Faire deviner en mimant ou en dessinant 

Attention ! Inès a intégré une règle à ne surtout pas oublier : ne pas dire « c’est la femme de… ou la fille de…, etc. 

Tout comme « Héroïnes », « Bad Bitches Only » est un jeu ludique et éducatif. « Ma plus jeune joueuse a 9 ans. Ses parents adaptent le jeu en fonction de son âge mais elle y arrive très bien. Parmi les figures historiques ou politiques, il y a aussi des personnages de dessins-animés ou des chanteuses. » affirme Inès. 

Pour commander votre jeu: CA CLICK ICI ! 

Je l’ai testé pour vous

Lorsque le jeu est arrivé j’avais qu’une hâte, mettre la pâtée à mon copain. Après 3 manches acharnées j’ai finalement perdu. Quel choc pour moi qui croyait être implacable sur le sujet ! Même en mauvaise perdante que je suis,  j’ai tout de même adoré ! A chaque fois que je ne trouvais pas la femme demandée j’en apprenais un peu plus grâce au livret explicatif. Un réel plaisir de découvrir de nouvelles figures qui m’étaient jusqu’ici méconnues. A jouer et rejouer sans modération ! 

Par Noémie Perrin

HOUSE OF MARLOW, QUAND ÉCOLOGIE ET SENSUALITÉ SE RENCONTRENT

HOUSE OF MARLOW, QUAND ÉCOLOGIE ET SENSUALITÉ SE RENCONTRENT

HOUSE OF MARLOW, QUAND ÉCOLOGIE ET SENSUALITÉ SE RENCONTRENT

D’une inspiration romantique, douce et bohème, les pièces de la marques parisienne House of Marlow sont fabriquées en petites séries avec des tissus nobles d’origines françaises ou italiennes certifiés Oeko-Tex. Tulle doux, crêpe de soie et satin stretch, le tout teinté à la main avec des teintures naturelles. Raffinées et délicates, les pièces racontent des histoires aussi débordantes que sentimentales, qui ne demandent qu’à être racontées. Au coeur d’un atelier parisien, tout est fabriqué à la main. 

La marque travaille en collaboration avec des fournisseurs de matières qui vendent sur stock. Leurs engagements pour l’environnement les poussent à acheter uniquement la quantité de tissu nécessaire à la production de petites séries d’ensembles. 

Nous avons rencontré la fondatrice de la marque,  Billie Marlow, diplômée d’ESMOD (Ecole supérieur des arts et technique de la mode), styliste, modéliste et créatrice extraordinaire ! 

Comment as-tu débuté dans l’industrie du textile ? 

J’ai étudié à Esmod Paris où j’ai suivi le cursus “Designer de mode” : une double formation en stylisme pour le côté créatif, et modélisme pour le côté technique dans le domaine du prêt-à-porter. Par la suite, je me suis spécialisée en lingerie et corseterie en dernière année. Après des premières expériences en atelier de lingerie de luxe et en studio de création, je me suis lancée en free-lance en tant que styliste/modéliste pour des petites marques ou en devenir. Après avoir travaillé sur l’intégralité du processus de collection pour d’autres, l’envie déjà présente depuis longtemps de monter ma propre marque s’est faite de plus en plus forte. C’est ainsi qu’est né House of Marlow. 

Comment es-tu venue à confectionner de la lingerie éthique ? 

J’ai travaillé pour des marques qui fabriquaient en France, parfois en Europe mais très souvent en Asie. La démarche créative est de plus en plus limitée dans ce dernier mode de production. On envoie des dessins et des fiches techniques à des usines à l’autre bout du monde, parfois même juste une pièce à copier, et puis revient un prototype tout fait. Le choix des matières et de la qualité est régit par la contrainte des prix, toujours tirés au plus bas. 

Quelle était ton ambition dans cette démarche ? 

Je voulais pouvoir contrôler tous les aspects de fabrication du dessin au produit fini, les prototypes, la gradation de tailles, la coupe et le montage, les fiches techniques et la teinture, les photoshoots et le lancement en ligne. Dans cette démarche, la production allait forcément être limitée en petites quantités. Nous fabriquons entre 10 et 30 pièces par modèles. J’ai toujours eu le goût des belles choses et des matières nobles, alors je me suis tournée vers des fabricants reconnus pour leur savoir faire, en France surtout, et un peu au Japon, en Italie et en Angleterre. 

Tu t’es donc dirigés vers des solutions plus éthique…

Oui exactement, surtout lorsque l’on sait que l’industrie textile est la deuxième plus polluante, après celle du pétrole. J’ai préféré des matières et élastiques éthiques certifiées Oeko-Tex Standard100, des cotons biologiques, des teintures certifiées BlueSign (non nocives) et des accessoires métalliques fabriqués à Lyon en alliage éco-friendly. Même les étiquettes sont fabriquées dans la Loire par une entreprise familiale. Le choix des matières et fournitures ainsi que le mode de production s’est fait naturellement. A chaque nouvelle collection j’essaie de trouver des solutions plus écologiques aux autres étapes. La prochaine étant un emballage recyclé et des enveloppes d’envoi compostables. 

Comment est-ce que tu crées chaque pièce de tes collections ? 

J’élabore les collections en mixant des inspirations au moment où je dois créer et des dessins que je regroupe dans des carnets au fil des mois. Je choisis une direction, une ambiance, des couleurs, puis les formes dont j’ai besoin pour offrir une gamme complète de produits. S’installe ensuite un puzzle de dessins, de tissus, d’informations de détails, montage etc… Une fois le plan de collection établi, je fais les patronages, puis les prototypes. Ensuite, nous faisons des essayages pour parfaire le fitting, et on refait des prototypes jusqu’à ce qu’il soit conforme au produit final. 

Nous nous occupons ensuite de la gradation des tailles qui pour l’instant va de la taille 34 au 42 et du 85A au 95C, des tailles plus grandes viendront dans le futur. C’est notre ambition de s’ouvrir à plus de tailles. On découpe ensuite toutes les pièces et on les monte par étapes toutes ensemble. Le pièce par pièce prendrait trop de temps car on utilise jusqu’à 4 machines différentes pour une pièce. 

Quelles sont tes inspirations ? 

Mes inspirations sont assez diverse. Elles sont très visuelles. La photographie et le cinéma notamment, mais aussi la musique. J’aime raconter des histoires, voir un cliché du photographe Purienne, photographe sud-africain, réalisateur et fondateur de la publication de mode, Mirage. Ou encore, un cliché d’une femme nue, me demandant comment je l’habillerais, l’esthétique douce et l’histoire violente du film Virgin Suicides de Sofia Coppola, les textes sensuels de Verlaine jusqu’aux paroles de Bashung. Mon univers est assez éclectique. J’avais également beaucoup aimé la collection de lingerie qu’avait développé Jean-Paul Gaultier pour La Perla il y a bientôt 10 ans : une sorte de burlesque doux et poudré et un brin nostalgique. 

Quel message souhaites-tu transmettre à travers ton travail ? 

De la douceur et de la poésie. Que sensuel ne rime pas avec sexuel. Qu’il faut se plaire avant de plaire. Qu’il faut s’habiller pour soi et pas pour autrui. Faire le choix d’opter pour une lingerie pensée et créé à la main, en conscience et en petite quantité. S’offrir ou se faire offrir est une belle démarche, que ça soit dans l’optique d’avoir un ensemble qui sort de l’ordinaire ou de soutenir un démarche de slow fashion. Je veux aussi montrer que de la lingerie éthique ne rime pas avec basique, et que l’on peut s’offrir de beaux dessous originaux tout en soutenant une démarche respectueuse de l’environnement. 

Par ici pour acheter House of Marlow

Par ici pour suivre House of Marlow

Interview par Lucie Leila Mamouni 

Les colleuses de Lyon : « Honorons nos mortes et protégeons les vivantes »

Les colleuses de Lyon : « Honorons nos mortes et protégeons les vivantes »

Les colleuses de Lyon : « Honorons nos mortes et protégeons les vivantes »

Si le compte des femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint s’est terminé le 31 décembre 2019 avec 149 femmes tuées, celui de 2020 démarre tristement. Ce 6 janvier déjà 4 femmes ont été assassinées. Pour alerter et lutter contre ce problème dramatique un groupe de personnes engagées ont décidé de se réapproprier l’espace public en collant des messages à destination de tous·tes. Intéressons-nous de plus près à ce mouvement lancé par le collectif Les colleuses de Lyon.

C’est en parallèle du Grenelle contre les violences conjugales lancé le 3 septembre dernier que le collectif de colleuses a vu le jour à Lyon. « Grenelle, plus un coup de communication que de nouvelles mesures concrètes adoptées », nous ont confié les membres du groupe, elles en veulent plus ! 

« Par son inaction, l’État est coupable. Par son inefficacité, la justice est complice »

Aujourd’hui en France 219 000 femmes sont victimes de violences conjugales et la majorité des mesures mises en place par l’Etat n’ont pas concrètement fait leurs preuves. Le Grenelle contre les violences conjugales aurait pu être le début de réelles actions pour aider ces femmes mais pourtant les annonces faites sont peu prometteuses :

« On attendait des mesures de prévention à l’école, de formation, des places d’hébergement dédiées et financées et une évolution dans les moyens financiers. Au contraire, le budget annoncé est quasiment le même pour 2019 que pour 2020 », affirment les Colleuses de Lyon.

A titre d’exemple seulement 1 000 nouvelles places d’hébergement et de logement temporaires ont été annoncés, ce qui représente une goutte d’eau parmi toutes les femmes victimes de violences conjugales et qui implorent une aide rapide et efficace.

De plus la police, majoritairement composée d’hommes, ne reçoit que très peu de formation pour aider et accompagner ces femmes. En 2018, sur les 120 femmes assassinées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon, un tiers d’entre elles avaient porté plainte ou déposé une main courante. Si Edouard Philippe a annoncé un audit de 400 commissariats et brigades de gendarmeries afin d’évaluer les conditions dans lesquelles sont reçues les victimes, rien n’est fait sur la formation que reçoivent les fonctionnaires et qui leur permettrait d’appréhender correctement les tenants et les aboutissants de la situation de nombreuses femmes en danger.

Les Colleuses comptent bien faire entendre leurs revendications car pour elles, « par son inaction l’Etat est coupable et par son inefficacité, la justice est complice ».

Coller pour se réapproprier l’espace publique

Pour faire entendre leurs revendications, les Colleuses de Lyon ont décidé d’afficher des messages chocs sur les murs des quartiers de Lyon. Elles souhaitent également appuyer l’action terrain des associations, se réapproprier l’espace public pour dénoncer, interpeller le gouvernement et les citoyen·enne·s, continuer à alerter et sensibiliser sur la non-action du gouvernement et le besoin indispensable de mettre des mesures supplémentaires en place. Leur revendication première étant de lutter contre les violences conjugales,

Elisa, l’une des membres du collectif, nous a confié les nombreuses fonctions du collage : « Notre action ne se limite plus aux féminicides. Nous avons collé de nouveaux messages contre le film “J’accuse” de Polanski par exemple, ou contre Uber dernièrement. » 

La nuit bien emmitouflées dans leurs vêtements à capuche, pour ne pas être reconnus, les membres du collectif collent leurs carrés de feuilles annotées d’une lettre qui formeront à la fin une phrase et, elles l’espèrent, feront réagir les passants au levé du jour.

Quelques fois leurs nuits sont plus ou moins agitées, « Il peut y avoir des éléments perturbateurs qui croisent notre route lors des collages, qui vont contester ce que l’on fait ou être agressifs, on est toujours pacifistes et on cherche un max à éviter ce genre de situations » nous explique le groupe de colleuses. 

Si certaines personnes sont en désaccord avec ce moyen d’action, d’autres au contraire sont heureuses de voir ce combat prendre de l’ampleur et mobiliser de plus en plus de personnes. En tout cas une chose est sûre, la détermination de ces femmes n’est pas prête de s’estomper : « Nous voulons donner de la visibilité à notre combat, par les collages ou d’autres actions coups de poing ».

Toutes les photos ont été réalisées par la talentueuse @35melimeter 

Pour suivre les collages, une seule adresse @collages_feminicides_lyon

Et pour finir, Quelques portraits anonymes des Colleuses

Juliette, 25 ans, étudiante          en journalisme 

“Je colle depuis octobre, j’ai intégré un petit groupe de mon arrondissement, iels étaient déjà méga en place, ça fusait dans tous les sens : préparation des messages, de la colle, division par groupe et hop nous voilà dans la rue. La première fois j’ai trouvé que c’était hyper impressionnant, on marchait à la recherche d’un mur à recouvrir. À l’approche de Sathonay, on prend une impasse et BAM, c’était parti. À ce moment là on ne réfléchit plus du tout, tous les gestes s’enchainent naturellement, poussés par une montée d’adrénaline assez hors du commun.

Les souvenirs sont plutôt heureux dans l’ensemble, on croise des personnes qui nous encouragent, qui sont sidérées d’enfin nous croiser, nous remercie, sont ému.e.s. C’est beau. C’est un geste magnifique, de coller. 

C’est une manière d’agir à son échelle, d’investir la ville et d’ouvrir le regard des gens. Je m’imagine toujours les lyonnais.e.s qui partent travailler tôt, et croisent des yeux nos collages, je m’imagine ce qu’ils se disent : découvrent-iels ça pour la première fois ? avec surprise ? satisfaction ? que pensent-iels? Sont iels révolté.e.s, indigné.e.s, indifférent.e.s? 

Que disent leurs enfants, parents, ami.e.s ? Quelles discussion cela ouvre-t-il ? “t’as vu les collages dans ton quartier? “ je suis persuadée qu’à notre échelle on a ouvert un débat, une discussion, un échange. Et ça me plait.”

Méli, 24 ans, étudiante en marketing 

“Depuis un petit bout de temps maintenant, je suis souvent en colère. En colère contre ce que les femmes subissent au quotidien : féminices, violences, le harcèlement au quotidien, le sexisme banalisé, les stéréotypes… Petit à petit l’envie de me trouver une communauté qui partage mes valeurs et à qui je peux exprimer ma colère et qui me répondrait “putain mais grave !” germait en moi. Quand je suis rentrée à Lyon après un an à l’étranger, les collages sur les murs contre les féminicides m’ont sauté aux yeux et j’ai eu envie d’en faire partie. 

C’était trop bien d’aller coller la première fois. A la fois excitée et impressionnée, de découvrir l’organisation en équipe pour coller, de voir les filles qui accueillent les nouvelles et accordent confiance, qui font le guet dans la rue et rassurent, celles qui s’accroupissent pour faire la colle dans seau, celles qui en ont plein les mains.

Et surtout, ce qui m’a plu, c’est se réapproprier la rue, cette rue dans laquelle je me sens parfois si vulnérable au même titre que beaucoup d’autres, à cause des regards, des propos, des silhouettes un peu trop floues tard le soir.

La première fois, j’y étais allé juste pour les prendre en photo, et même si mes deux mains étaient prises par mes deux appareils argentiques, j’ai pas pu m’empêcher de les poser à un moment pour poser ma première feuille sur un mur.”

Megan, comédienne et salarié à mi-temps 

“Je fais partie du groupe des colleuses depuis début septembre quand tout s’est lancé sur Instagram, mais mon premier collage n’a pu se faire que début octobre. 

Je crois que le premier collage est quelque chose qui vous reste sur la peau et dans le cœur. Mais celui qui m’a le plus marqué reste le collage sur le palais de justice des 24 colonnes. Et évidemment la montée d’adrénaline, la peur mélangée à de la fierté. Tout en sachant que juste avant nos camarades se sont fait interpellés au TGI de Guichard. Et puis, c’est fait, on se retrouve on fume notre clope, on se félicite et on se quitte. Je ne connaissais aucune qui ont participé, je me souviens à peine de leur prénom, mais il y a quelque chose qui nous liera à jamais. Nous tellement forte ensemble !”

Par Noémie Perrin

Unbelievable, la double peine du viol

Unbelievable, la double peine du viol

Unbelievable, la double peine du viol

Unbelievable, produite par Netflix, relate l’histoire vraie d’une jeune femme accusée d’avoir inventé son propre viol.

Avec des femmes devant et derrière la caméra, cette production s’attache incontestablement à partager le point de vue des femmes. A travers le personnage de Marie nous sommes les témoins de l’enfer que subissent les femmes victimes de viol, trop peu écoutées, et les nombreuses injustices d’un système bien rodé. 

Revenons sur cette série, pas toujours facile à regarder, aux dures réalités

 

LA VÉRITÉ PASSÉE SOUS SILENCE  

Commençons par le vif du sujet puisqu’après tout c’est comme ceci que commence la mini-série Unbelievable. Marie, jouée par Kaitlyn Dever, vient tout juste de se faire violer par un homme qui est entré chez elle dans la nuit. Après plusieurs heures de sévices et la disparition de l’individu cagoulé, elle appelle la police.

Marie devra répéter inlassablement les mêmes choses à différents policiers, les écrire, puis se faire examiner pour repérer les traces du viol sur son corps. A chaque nouvel interrogatoire la scène se rejoue dans sa tête, de nouveaux détails apparaissent et d’autres disparaissent.

Judith, jouée par Elizabeth Marvel, mère d’accueil de Marie, est la première sur les lieux. Elle soutient et aide Marie au début puis entraine les policiers vers la piste du mensonge. Marie perd tous ses amis, plus personne ne la croit. Son viol se retourne même contre elle.  

 

Parallèlement la série nous montre l’histoire de deux inspectrices que tout oppose. L’une, Karen Duval jouée par Merritt Wever, qui est la jeune flic au quotidien bien rangé. L’autre, Grace Rasmussen jouée par Toni Collette, renommée dans sa brigade et plus désinvolte. Ce sont deux viols similaires dans chacun de leurs états qui va les faire se rencontrer.

Le fil rouge de la série est Marie dont nous pouvons suivre petit à petit l’évolution de son histoire à travers de courtes interventions dans chaque épisode.

LA CULPABILISATION DE LA VICTIME 

Il est assez frappant de voir à quel point Unbelievable reconstitue de manière exact le traitement réservé aux femmes victimes de viol. Bien que la série se déroule aux Etats-Unis il est fort possible de retranscrire les mêmes mécanismes de mise sous silence des victimes et de culpabilisation exercés en France.

Dans la série, ce processus est réalisé par deux policiers qui vont intimider et menacer Marie jusqu’à la faire revenir sur sa déposition, tout comme il a été le cas pour la femme qui a inspiré le personnage de Marie. 

Dans le livre de Valérie Rey-Robert, « Une culture du viol à la française, du troussage de domestique à la liberté d’importuner », l’autrice consacre un passage entier sur la police, la justice et les préjugés. Dans celui-ci on apprend que d’après une étude suédoise (« A survey of police officers’ and prosecutors’ beliefs about crime victim behaviours ») qui analyse les déclarations d’officiers de police et de procureurs, près des trois quarts pensent que les émotions manifestées par la victime permettent de savoir si elle dit la vérité. Plus de la moitié pensent que si la victime répond de manière « inappropriée », c’est qu’elle ment. Or une victime peut être complètement indifférente ou bien même complètement terrorisée lors de son dépôt de plainte. 

Pour ce qui est de Marie dans la série, elle est dans un premier temps abattue et triste puis devient indifférente après avoir répété des dizaines de fois ce qu’il s’est passé. Les deux policiers ne vont alors plus avoir aucun doute sur les mensonges de la jeune fille. 

 

DE LA FICTION À LA RÉALITÉ 

On pourrait se dire qu’il est préférable d’avoir à faire à un policier français plutôt qu’à un policier américain, souvent qualifiés de «cow boy», pourtant le traitement des victimes n’est pas vraiment très éloigné. En France, c’est un viol toutes les 8 minutes et un demi-million de femmes qui sont victimes de violences sexuelles chaque année. Seulement 10% d’entre elles portent plainte (pour les femmes majeures).

A la lumière de cette série nous pouvons voir à quel point les policiers souffrent des idées reçues de notre société face au viol et sont insuffisamment formés. La victime est trop souvent accusée d’avoir provoqué ce qui lui est arrivé, il est question de victim blaming

 

Aujourd’hui quelques améliorations sont tout de même à relever, ou plutôt du bon sens. Depuis 2001, il est possible pour les victimes de violences sexuelles de porter plainte dans n’importe quel commissariat ou gendarmerie en France, même si l’infraction présumée a été commise à des centaines de kilomètres de là. Une charte a également été créée en 2004 concernant l’accueil des victimes. Celle-ci exige un « comportement empreint de politesse, de retenue et de correction et un accueil privilégié pour les victimes d’infractions pénales ». Cependant il n’est pas dit qu’un agent spécialisé dans le traitement de ces affaires soit présent surtout si la plainte est déposée le week-end ou en soirée. 

Unbelievable a, comme vous venez de le lire, déjà fais couler beaucoup d’encre alors si vous n’avez pas encore regardé cette série, il est temps de le faire. En plus d’être une histoire vraie c’est une véritable série policière qui vous tiendra en haleine jusqu’au dernier épisode.

 

 UNE VÉRITABLE HISTOIRE 

Cette histoire n’est pas totalement inconnue du grand public. En effet en 2015 deux journalistes, Ken Armstrong et T. Christian Miller, enquêtent et écrivent un article poignant sur une série de viols qui ont eu lieu aux Etats-Unis entre 2008 et 2011. Leur récit nous relate les faits à travers deux enquêtrices du Colorado, incarnées par Merritt Wever et Toni Collette dans la série. L’article s’articule comme une véritable enquête de police : les dates et les lieux sont indiqués à chaque étape de l’investigation des journalistes. Nous pouvons même y voir les photos des objets que le violeur a utilisé chez chacune de ses victimes (des lacets, une ceinture, un appareil photo rose, des baskets Adidas et un sac à dos). Les deux journalistes ont publié leur enquête sur le site ProPublica et ont été récompensé par le prix Pulitzer aux Etats-Unis.  

 

Par Noémie Perrin

Bad Bitches Only – jeu de société féministe

Bad Bitches Only – jeu de société féministe

Bad Bitches Only – jeu de société féministe

L’entreprise Gender Games, créée en 2019, met au cœur de sa mission de créer des moyens de divertissement féministes.
Quèsako ? Si on a peu l’habitude d’entendre ces deux mots côte à côte, le mode de fonctionnement est pourtant très simple : aborder des problématiques féministes de manière détendue et ludique, à travers des jeux de société.

Un constat : tout le monde se souvient du nom du premier homme à marcher sur la lune, mais moins de la première femme à être allée dans l’espace.
Cela est une conséquence directe de la sous-représentation des femmes dans les médias et autres supports, alors même qu’elles ont tout autant marqué l’histoire.

Gender Games a souhaité renverser la tendance avec BAD BITCHES, en offrant 100 % de l’espace aux femmes et personnes transgenres et/ou non-binaires.L’occasion de se rendre compte que nous en connaissons plus que nous le pen- sons et qu’elles méritent autant d’avoir leur propre jeu !

BOOM ! Si ça ne vous a pas mis l’eau à la bouche, on ne sait plus quoi faire pour vous !

ALORS, COMMENT ON Y JOUE ?

On peut jouer à Bad Bitches Only à 3 ou plus, n’importe où. 

Le but du jeu ? Faire deviner un maximum de personnalités 2cool4school en un temps limité. 

Mais pour pimenter le jeu, Gender Games a ajouté plusieurs manches un peu plus hardcore, sinon c’est pas drôle : saurez-vous faire deviner Cléopâtre ou Madonna en un mot, en mimant ou en dessinant ? C’est le moment de briller en révélant vos talents cachés! 

Au sein de ses 245 personnalités, tu retrouveras des BAD BITCHES connues (hello Beyoncé) et d’autres invisibilisées par l’histoire (hello Rosalind Franklin), issues de domaines divers, arts, sport, sciences, politique… Chacun·e aura sa Bad Bitch favorite! 

Ça y est, l’envie d’y jouer te brule ? Et bien on t’invite à cliker sur leur page ULULE afin d’en découvrir encore plus et pré-commander ton jeu.

 

Retrouve GENDER GAMES sur Facebook et Instagram

et leur super site des internets

 

 

Par Claudia Bortolino

 

 

Tendre Violence par DZ et Marie Rouge

Tendre Violence par DZ et Marie Rouge

Tendre Violence par DZ et Marie Rouge

JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES – 8 MARS 2019

Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, DZ et Marie Rouge s’engagent contre les violences faites aux femmes, voici l’histoire de cette série.

@DZlanuitlejour est un compte Instagram de phrases, crée par DZ aka Sandra Nicolle anciennement Jackie Palmer, musicienne et auteure. Exutoire et terrain de jeu, ce compte rassemble ses pensées, ses aspirations, ses désillusions sur l’amour, l’écologie et le déterminisme social. Les messages se veulent directs et sans artifices.

Sur son compte Instagram, elle déclare à propos de cette série :

“Je suis une femme, une travailleuse, je suis aussi une soeur, une amie et peut-être qu’un jour je serai une mère. Toute ma vie j’ai collecté des témoignages de proches, observer des situations. C’est comme une map géante dans ma tête, constituée des récits de ces femmes, entremêlés à mes propres expériences. 
En grandissant j’ai compris qu’il y avait une inégalité flagrante entre les hommes et les femmes, à beaucoup d’égards. Il y a toute une éducation à repenser pour les générations futures.”  
                                                                                                                                    @DZlanuitlejour

“Nous sommes des femmes, nous sommes des artistes, nous portons un message.”

@MarieRouge arrive à Paris il y a 6 ans, à tout juste 20 ans elle se plonge dans l’univers des folles nuits parisiennes dont elle tire le portrait pour Barbi(e)turix, plate-forme de culture lesbienne. En parallèle, son travail de portraitiste offre des images troublantes et colorées où les genres se confondent. Un jeu sur les codes de représentations que Marie brouille à dessein pour mieux bousculer les constructions sociales imposées par la société. 

Elle collabore régulièrement avec Libération, Grazia, Causette, Néon, Le Parisien et a exposé au Point Éphémère, à la Gaité Lyrique et à l’institut Français de Saragosse. 

« Aïe miss you » montre l’attachement, la dépendance et le défit psychologique qui consiste à se défaire d’une personne violente.

« Un amour à couper le souffle » parle du fantasme de l’amour passionnel, une histoire que l’on se raconte à soi-même et que l’on raconte aux autres pour se justifier.

La troisième photo est une décision. « Un poing c’est trop ».

Tendre Violence par @DZlanuitlejour et @MarieRouge