Amandine Giloux, la saveur d’une image

Amandine Giloux, la saveur d’une image

Amandine Giloux, la saveur d’une image

Personne ne sait mieux faire rimer poésie et macaroni qu’Amandine et ses images aux saveurs captivantes. Un peu grotesques, un peu lyriques, toujours drôles, Amandine s’amuse des conventions en les faisant savamment dégouliner. Du papier à l’écran, elle n’a pas peur de s’en foutre plein les doigts pour piquer au vif du message. Entre photo et graphie, c’est avant tout une histoire qu’elle nous sert.

Et on n’en a jamais assez !

S’approprier l’expérience de la dégustation en image, comment on fait ça Amandine Giloux ?

Ah c’est simple attends !

Dans ta question, il y a le mot expérience, et je crois que ce que j’aime le plus dans la vie, c’est de créer des expériences, visuelles, qui seront connectées aux émotions et aux sens. Et la nourriture, ça a ce pouvoir là déjà… de connecter l’esprit et le ventre… en passant par le coeur.

Pleins de gens appellent cela la madeleine de Proust. Moi j’appelle cela La saveur d’une image. 

Alors pour créer de belles expériences visuelles, il faut se mettre en mode laboratoire créatif, choper pleins d’ingrédients : des couleurs, des textures, pour activer les perceptions, des objets symboles, pour générer les mondes et les histoires, et après, le but c’est de créer l’émotion, avec l’agencement du set, le cadrage et la lumière. 

D’un côté, c’est beaucoup de paramètres prévus, et travaillés, mais après, au moment de tout mettre ensemble, je met en route un état émotionnel hyper-instinctif et je me laisse porter, je sais jamais vraiment où je vais arriver. Ce qui est certain c’est que ma croyance profonde à ce moment là, c’est que ça va nous décoller la rétine ! C’est ça qui me drive au quotidien, cette passion là.

Color food – Direction artistique & stylisme culinaire : Amandine Giloux. Photographies : Oram Dannreuther

Qu’est-ce que ça évoque en toi, artistiquement, la nourriture ?

Créer une image, en vérité c’est un jeu de séduction avec les yeux-publics. Il faut donner quelque chose de pétillant et en même temps pas trop…. 

 Il faut qu’il y ait du désir tu vois… Dans un sens érotique large… Eros c’est le dieu de l’amour et de la force créatrice.Le désir c’est créer une attraction électrique avec du plus et moins. Tout ce qui n’est pas là va pouvoir être fantasmé à guise. Le mot désir, étymologiquement, ça vient de Sidius : l’étoile ; donc DE-SIR c’est l’étoile qui n’est pas là, l’étoile filante. Le désir, c’est la nostalgie de quelque chose qui nous manque.

Alors autant te dire que créer du désir avec de la nourriture, c’est un terrain de jeu immense et vraiment sympa. En tout cas, pour entamer ce langage, j’attache beaucoup d’importance aux symboles et aux différentes couches de lectures.

Make the sausage great again – à retrouver dans Cacti #11

Comment est-ce que la nourriture prend vie dans tes créations (PS : est-ce que les asperges sont des meilleures modèles que les humains?) 

Alala, c’est cette histoire d’émotion tu vois. Pour ressentir une émotion, on doit se connecter à quelque chose que l’on a déjà connu, quelque chose de mimétique. Parfois ça se joue au millimètre  Je peux passer 2h30 à ajuster des céleris ensemble sur un plateau de shoot, pour être sûre qu’on va avoir l’impression d’être dans une forêt paradisiaque. Et ça peut devenir obsessionnel presque ! 

J’ai fait un film récemment dont les deux personnages principaux sont un oeuf, une femme, et une asperge, un homme… (De là à dire que je préfère les asperges aux homme, on va pas exagérer non plus !) Ce film s’appelle Tempête Gribiche, à la base, c’est la recette des asperges Gribiche… Ca c’est la première couche de lecture… Tu prends un oeuf, des asperges, de l’eau, tu fais bouillir, tu fais de la Mayo, tu bois les oeufs dedans pour la sauce Gribiche, et hop dans la bouche. Mais ce que j’avais envie c’était de rendre ça intense, apocalyptique, et drôle aussi. Du dramaqueenisme digne de la meilleure pleureuse italienne. Alors la 2ème couche de lecture, c’est ça, c’est la tempête, le vent, les cris, un geyser, une inondation, un vortex, un drame théâtral.

Et puis, parler d’amour… Toujours. Parce qu’une table en soit, c’est l’endroit des plus grand moments de la vie. On se connait autour d’une table, on se sépare, on annonce les grands changements, on prend les grandes décisions. Une table, c’est toujours bien rangé, très codifié, il y a une communication non-verbale de dingue… Et moi, j’ai envie de montrer le chaos derrière les façades, mais de manière subtile, que ce soit poignant et marrant à la fois. Ça c’est la 3eme couche de lecture, la passion, et l’amour. Donc il y a la voix qui déclame un poème tout au long de la recette, une reprise d’INFERNO, de DANTE.

La vérité, c’est que ce plat évoque quelque chose de très spécial pour moi…Les asperges gribiches. 

WITHOUT FURTHER ADO… TEMPÊTE GRIBICHE ! 

Qu’est-ce que tu manges quand t’as la dalle VS quand tu mets les petits plats dans les grands?

Alors, je ne mange plus d’asperges gribiches, j’en peux plus… J’ai vu trop d’asperges ! Je crois que ma passion ultime de ces dernières années, c’est les légumes rôtis au four, c’est d’une grande simplicité, et c’est si savoureux.

Exemple : faire manger du choux-fleurs à mon enfant de dix ans et l’entendre dire “hummmm il est trop bon ton choux-fleur maman”, je peux t’assurer que c’est une de mes plus grandes victoires personnelles. Tu mets un choux fleur, badigeonné d’huile d’olive et de fleur de sel, 40 minutes et tu laisses rôtir, que ce soit marroné. En fait, quand ça rôti ce sont les sucres qui sont naturellement présents dans le légume qui caramélisent et sortent à la surface. Donc ça donne une saveur Sweet and Fierce, en faisant… rien ! Ca se décline sur tous les légumes, et ça vaut tant pour le lundi soir que pour ( feu ) les tablées de 15 copains.

Et en plus, c’est souvent profondément joli : regarde cette recette d’Alain Passard « Tarte à la tomate sur la branche »

Amandine Giloux, c’est elle ! 

Comment tu la vois la nourriture du futur?

Graphique ! On a besoin de se stimuler toujours plus. On est passé par le circuit-court et saisonnier… Retrouver la place et le sens de ce que l’on mange. Et c’est très bien. Mais on aussi envie de s’émerveiller, de manger un sandwich fantastique, aussi magique que bon, sensationnel et sensoriel. Alors je la vois graphique et inventive. Et notamment pour les enfants, la publicité redouble d’inventivité pour faire manger de la merde industrielle aux enfants, que ce soit sur les packagings ou sur les publicités télévisuelles.

Nous pouvons être inventifs pour inviter à une expérience de la dégustation multiple et complète, sur un produit, qui est déjà parfait en terme de goût et d’emprunte écologique.

Retrouve Amandine sur les internets

http://agil.studio

@amandine_giloux

La marche d’une survivante

La marche d’une survivante

La marche d’une survivante

Déjà 1300 kilomètres de marche contre les violences sexistes. Marie Albert a décidé de faire le tour de France à pied et de dédier son voyage aux violences faites aux femmes.

Débuté il y a maintenant deux mois et demi, son « Survivor Tour », comme elle l’appelle, est né d’une prise de conscience personnelle mais aussi de notre société actuelle. Dans le Nord de la France, Marie continue sa marche fatiguée mais toujours déterminée. 

A 26 ans, Marie Albert est journaliste de formation. Amoureuse des voyages, elle part un an en Russie puis visite l’Europe de l’Est. Après quelques années d’études et de voyages, Marie refuse de reprendre l’avion pour des raisons écologiques, là débute son engagement pour la planète puis par la suite pour le mouvement féministe.

Le chemin de Compostelle, le début d’une marche politique  

Pour Marie ne plus prendre l’avion n’est pas synonyme de ne plus voyager, bien au contraire. Elle se lance dans un périple de 3 ans dont l’objectif est de relier Paris à Saint-Jacques-de-Compostelle. À l’origine le pèlerinage de Compostelle est une marche catholique entreprise par de nombreux croyants. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire je me suis faite agressée de nombreuses fois durant ce voyage. J’ai croisé de nombreux exhibitionnistes », confie Marie. C’est là qu’elle décide de donner un sens politique à sa marche et va dédier les derniers 700 kilomètres aux femmes victimes de féminicides en France. Via son compte Instagram @mariealbertfr ainsi que son blog mariealbert.info, elle décide de parler tous les jours d’une femme morte sous les coups de son compagnon ou ex compagnon. 

Le tour de France pour les survivantes  

Après Saint-Jacques-de-Compostelle, Marie décide de faire le tour de France. Avec son sac à dos, sa tente, son sac de couchage, ses chaussures de randonnée et son tee-shirt « Survivante » elle débute sa marche à Dunkerque il y a deux mois et demi et a pour objectif de relier Brest. Cette fois-ci Marie a souhaité donner un sens plus large à sa marche en la dédiant à toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. « Je voulais montrer qu’en tant que femme je ne suis pas plus en danger dans la forêt qu’en ville ou à mon domicile », explique Marie. Grâce à son compte Instagram, la randonneuse partage avec ses abonné.e.s son expérience mais aussi de nombreux témoignages de femmes victimes de viol, d’agressions sexuelles et autres violences sexistes. « Ensemble nous sommes les survivantes ». 

Si cette marche permet une prise de conscience des violences que subissent les femmes dans notre société, Marie a souhaité relayer la cagnotte de l’association Parler qui organise des groupes de parole en France pour les femmes victimes de violences sexuelles. En voici le lien : Cagnotte PARLER.

Une marche en solitaire 

A raison d’une vingtaine de kilomètres tous les jours depuis deux mois et demi, Marie a déjà réalisé les trois quarts de l’objectif qu’elle s’est fixée. Depuis le début de sa marche, la randonneuse prend ses précautions lorsque la nuit tombe : « La règle numéro une à respecter c’est de toujours être invisible depuis le chemin ou la route ». La majorité du temps, Marie dort dans sa tente en pleine forêt et n’a jamais eu de problème même si elle reste aux aguets la majorité de la nuit, « au moindre bruit on se réveille, c’est animal », confie Marie. Grâce à son expérience du voyage seule, Marie encourage les femmes à se réapproprier l’espace public. Elle a d’ailleurs reçu de nombreux messages de femmes désormais prêtes à se lancer dans l’aventure avec moins d’appréhension. 

Si Marie Albert est conscience que son projet « ne fera pas changer le système; c’est déjà une première étape vers une société qui, peut-être un jour, ne reposera plus sur le patriarcat ». C’est pour continuer à faire avancer les choses mentalités que la randonneuse a prévu de poursuivre son tour de France l’année prochaine puis pourquoi pas un tour d’Europe et un tour du monde…

Lorsque Marie marche, la majorité du temps ce sont des podcasts qui défilent dans ses oreilles. En voici quelques uns : 

Floraisons (Pour un mouvement de résistance écologiste, libertaire, féministe et antiraciste)

La Matrescence (le podcast qui parcoure la vie des parents ou futurs parents pour leur donner des outils, des clés grâce à des interviews de professionnels et des témoignages de parents)

La Poudre (Au micro de Lauren Bastide, écrivain.e.s, artistes, chercheur.e.s et militant.e.s se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines)

Elle est également l’autrice du podcast Marie Sans Filtre qu’elle alimente de ses différentes expériences personnelles souvent influencées par le patriarcat, qu’elle déconstruit en nous livrant ses techniques de resistance. 

Par Noémie Perrin

Birthday Girl : Béatrice Dalle

Birthday Girl : Béatrice Dalle

Birthday Girl : Béatrice Dalle

Chaque jour, dans l’intimité de leurs foyers ou à la lueur de bougies maladroitement allumées par un serveur désabusé et encouragés par des chants traditionnels entonnés avec une justesse relative par leurs proches, des millions d’êtres humains fêtent leur anniversaire. Parmi eux figurent beaucoup d’anonymes mais aussi, parfois, une femme au destin exceptionnel ; c’est le cas aujourd’hui. Alors sors ton best of de Patrick Sébastien et chauffe-toi la voix, Cacti t’invite aux 55 ans de Béatrice Dalle !

Béatrice Dalle, pour moi, ça a longtemps été une nana avec entre les dents un écart aussi gros que ses seins, et qui était suffisamment tarée pour sortir avec JoeyStarr, pas vraiment connu à l’époque pour son respect des femmes. Et même aujourd’hui, alors qu’ils brillent tous deux d’une aura nouvelle et sont interviewés dans les médias les plus prestigieux à l’occasion de leur réunion au théâtre (pour Elephant Man aux Folies Bergères), je ne sais pas trop comment gérer la collusion entre l’actualité du combat contre les violences faites aux femmes et la description que Béatrice Dalle fait de son ancien compagnon, qu’elle dépeint comme un homme « tendre et attentionné », alors qu’il a été condamné à deux peines de prison ferme pour coups et blessures volontaires sur son ex, et sur une hôtesse de l’air.

Elle elle l’aurait défoncé c’est sûr

En fait, toute la vie de Béatrice Dalle semble imprégnée d’une sorte de violence urgente, organique. Adolescente, elle verse un somnifère dans les verres de ses parents pour pouvoir fuguer en paix ; ils s’en rendent compte et la font interner pour tentative de parricide. Elle s’échappe le soir même, et quitte Le Mans pour Paris dans la foulée ; elle a quinze ans.

A Paris, elle est repérée par un photographe, pose pour la couverture d’un magazine, et se voit, un peu plus tard, confier le rôle de Betty, une amoureuse folle dans l’adaptation au cinéma du roman de Philippe Djian, 37°2 le matin. Dans le film (spoiler alert), elle s’arrache un œil par amour. Dans la vie, parait-il, des femmes l’ont imitée. « Comment vous vivez avec ça, quand on vous apprend ces mutilations ? », lui demande-t-on dans Vanity Fair. « Je suis désolée, mais très bien. Je ne suis pas responsable. » Elle vit très bien aussi d’avoir mangé un morceau de cadavre, à l’époque où elle faisait avec ses potes des virées dans les morgues. « Olala c’est pas grave, de toute façon, le mec il s’est pas plaint hein, il sait même pas que j’ai mangé ses oreilles ! »
Oui, c’est vrai qu’après tout une fois morte je préférerais me faire bouffer les oreilles par Béatrice Dalle que refiler mon cœur entretenu par des années de footings et de yoga à Dick Cheney.

Dans un dialogue jamais ininterrompu entre sa vie privée et ses rôles au cinéma, elle joue d’ailleurs le rôle d’une cannibale dans Trouble Every Day de Claire Denis… Mais aussi celui d’une sorcière dans La visione del sabba, en 1988. Et si elle ne se définit pas comme telle, elle sait qu’elle en compte parmi ses ancêtres parce qu’elle n’a « pas de lobes d’oreilles. (…) Il y a quand même des femmes qui ont été brûlées pour ça, au Moyen Âge. » Est-ce parce qu’elle n’a pas de lobe d’oreilles qu’elle en a mangé, un peu comme les Magyars qui mangeaient la chair de leurs ennemis pour s’approprier leur force ? En tout cas, elle a autour du poignet un tatouage qui dit, dans l’alphabet secret qu’utilisaient les femmes accusées de sorcellerie pour communiquer entre elles, « Salem » (du nom de la ville américaine où s’est déroulé l’un des plus grands procès pour sorcellerie hein, a priori pas du chat de Sabrina). « Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords. », dit un de ses tatouages, citant un poème de Jean Genet. Ça ressemble à l’image que l’on aime se faire de Béatrice Dalle, même si, comme souvent, le plus intéressant est niché dans ce que l’on ne voit pas. Car la suite du poème dit cela :

 

Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords.
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.

 

Et si Béatrice Dalle, la cannibale, la sorcière, ne faisait rien d’autre que ça : nous parler d’amour ?

 

 

 

 

 

Par Amandine Deguin 

 

Illustration par Lucie Mouton

 

Louve – Sanguine

Louve – Sanguine

Louve – Sanguine

Laissez-nous vous présenter LOUVE, l’alter-ego de Maud Ferron qui nous livre son nouveau morceau SANGUINE, accompagné d’un clip sensuel et planant AUX ACCENTS éPICURIENS.

Tu peux nous décrire Louve en quelques mots et quelques émojis? 

Louve, c’est un peu mon alter-ego, celui qui me permet de m’exprimer différemment et librement. En fait, ce projet réunit tout ce que j’aime dans la création et l’art (le chant, la musique, la danse, l’acting, la réal, le stylisme…). C’est un projet dont j’ai toujours rêvé et avec lequel je ne me met aucune barrière. C’est comme si cet alter-ego me permettait de n’avoir peur d’aucun jugements (ou presque…) 
👑🍊🔮

 

C’est quoi être sanguine pour toi?

Être sanguine, c’est être confiante, guerrière, sensuelle et libre ! 

Si tu devais choisir un album comme BO de ta vie, ça serait quoi?

‘Virgin Suicides’ de Air. C’est un album que j’écoute en boucle depuis toujours, il m’inspire, me rend mélancolique et me fait rêver. 

Clip réalisé par Maud Ferron et Arnaud Khayadjanian

Retrouvez LOUVE sur Facebook et Instagram

                 Backstages du clip Sanguine

BLASH – le kit qui mele sexe et art

BLASH – le kit qui mele sexe et art

BLASH – le kit qui mele sexe et art

Un peu d’art et de sexe en kit ça vous branche? BLASH est là pour vous !

Blash c’est l’excuse pour se foutre de la peinture partout, faire des galipettes et se revendiquer artiste, tout ça en même temps. 

Son contenu regroupe une toile, une housse de lit, des gants de toilette, des chaussons, un manuel avec scénarios érotiques et des goodies, parce qu’il faut toujours penser à la petite attention.

Une fois paré de votre kit, il vous faut choisir vos couleurs qui dessineront vos ébats. La peinture Blash est lavable, sans risque pour votre peau et s’applique sur la toile avant que vous ne fassiez votre affaire dessus… A vous de jouer ! 

BLASH est né de l’imagination de MelANIE et Rob, alors on a voulu plonger un peu plus profond dans leurs cerveaux EN RENCONTRANT LA MOITIÉ DE CE DUO: Mélanie

 

Comment est née l’idée de mêler amour, sexe et art?

L’idée nous est venue lors d’une visite au musée d’art moderne de Barcelone, fin 2016 avec une exposition sur Ibiza dans les années 1970 où les gens faisaient l’amour en s’enduisant de peinture. On a de suite regardé si un kit dans ce style existait pour pouvoir essayer de notre côté et nous n’avons rien trouvé de tel. Emballés par le concept, mon associé, qui est aussi mon conjoint, travaillant dans la communication visuelle, s’est profondément penché sur la question, on a réfléchi à comment ne pas mettre de la peinture partout, sur le lit, ou sur le sol en marchant… Le résultat: un kit rempli d’amour de sexe et d’art. 

Est-ce que le sex art ne serait pas le descendant du Street Art?

Même si le mots « art » est présent dans les deux cas de figures on ne peut pas dire que ce soit le descendant. Voilà deux arts bien différents. Pour moi l’art urbain, c’est un mouvement artistique réalisé dans la rue ou dans un endroit public. Notre kit s’utilise sur un lit…. Mais bon… je pense que les plus téméraires ont déjà peut être testé sur la banquette arrière d’une voiture ou dans un champ de tournesol ! Le sex art pour Blash réunit l’amour et l’art et crée une toile unique. 

C’est un mouvement artistique à part entière. Vivre avant tout une expérience. Utiliser vos corps enlacés pour ensuite les exposés dans vos salons. Chacun d’entre nous est artiste. Pourquoi pas en couple ? 

 

Comment est-ce qu’on fait pour démocratiser cet art?

Blash est un marché de niche.Beaucoup de personnes dans notre entourage ne sont pas prêtes à sauter le grand pas alors que d’autres sont surexcitées à l’idée d’essayer. Réveillez les artistes en vous ! Flash offre la possibilité de peindre une œuvre d’art sans pour autant être un grand artiste. Comme quoi l’art est à portée de tous·tes ! 

C’est un cadeau que l’on peut offrir à son/sa partenaire pour faire renaitre une flamme éteinte. C’est aussi un cadeau pour un anniversaires de couples, mariage, saint valentin ou n’importe quel autre jour… Il n’y pas vraiment de moment pour utiliser Blash. Juste pouvoir s’éclater autour d’un concept fou et artistique.

Nous préparons actuellement une collaboration avec l’illustratrice Safia Bahmed Schwartz, une artiste pluridisciplinaire qui colle parfaitement avec l’identité de BLASH. L’idée avec Safia est de créer un coffret édition limitée avec un dessin unique à notre image… Et ça arrive bientôt ! 

 

Pour finir, avec qui aimerais-tu être coincée dans un ascenseur?

Quand j’ai lu la question je me suis dit « ahhh chez Cacti elles sont barrées », un peu comme nous ! Je dirais mon mec mais c’est trop facile. Bon en vrai Mac Gyver dans un ascenseur ça pourrait pas mal aider, un bon chewing gum dans la bouche et c’est reparti.

 

Retrouvez tout l’univers BLASH sur leur site internet

Sur Instagram @weareblash

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Birthday Girl : Hedy Lamarr

Birthday Girl : Hedy Lamarr

Birthday Girl : Hedy Lamarr

Chaque jour, dans l’intimité de leurs foyers ou à la lueur de bougies maladroitement allumées par un serveur désabusé et encouragés par des chants traditionnels entonnés avec une justesse relative par leurs proches, des millions d’êtres humains fêtent leur anniversaire. Parmi eux figurent beaucoup d’anonymes mais aussi, parfois, une femme au destin exceptionnel ; c’est le cas aujourd’hui. Alors sors ton best of de Patrick Sébastien et chauffe-toi la voix, Cacti t’invite à la BDAY PARTY d’Hedy Lamarr !

Hedy Lamarr n’a rien à voir avec Kendrick Lamar. Elle se distingue d’ailleurs de lui de plusieurs manières :

1. C’est une femme ;

2. Sans vouloir préjuger de l’œuvre à venir de Kendrick L, je peux d’ores et déjà affirmer qu’il y a de grandes chances pour qu’elle ait été beaucoup plus utile que lui à l’humanité (on pourrait même dire que sans Hedy Lamarr, Kendrick Lamar ne serait peut-être jamais devenu Kendrick Lamar) ;

3.Et pourtant, personne ne la connait. D’ailleurs même mon logiciel de traitement de texte me souligne « Hedy Lamarr » en rouge. En revanche, Kendrick Lamar, pépouze, il est reconnu par le dictionnaire. SUPER

Mais reprenons au commencement. La petite Hedy Lamarr nait à Vienne le 9 novembre 1914 d’un papa banquier et d’une maman pianiste. Elle entre dans le monde du cinéma à 16 ans et remporte très vite un certain succès, fort duquel elle rejoint Berlin en 1931. Elle y fait scandale deux ans plus tard (à dix-neuf ans, donc) en tournant dans Extase une scène d’orgasme qui fera d’elle la première femme à jouer un orgasme au cinéma, cinquante-six ans avant Meg Ryan dans Quand Harry rencontre Sally, c’est dire.

Ça reste soft quand même, même si ça a été condamné par le pape

Elle épouse alors l’industriel Friedrich Mandl, tellement jaloux qu’il lui interdit le métier d’actrice et la légende raconte même qu’il manque de se ruiner en voulant racheter toutes les copies d’Extase, tout en visionnant en boucle sa scène d’orgasme.

Trop vénère, elle s’enfuit, d’abord en Suisse puis aux Etats-Unis sur Le Normandie (le transatlantique hein, pas l’UGC) à bord duquel elle arrive à convaincre le producteur Louis B. Mayer de l’engager une fois arrivés aux USA, à des conditions sept fois supérieures à ce qu’il lui proposait initialement. De là, sa carrière d’actrice redécolle… mais nous ne sommes pas ici pour parler du rise and fall de sa carrière d’actrice.

(Ni, d’ailleurs, de ses cinq autres mariages, de son retrait du monde en fin de vie ou de ses opérations de chirurgie esthétique ratées.)

Non, on est là parce que durant la Seconde Guerre mondiale, elle décide d’aider l’effort de guerre des Alliés. Bricoleuse depuis l’enfance, elle imagine, entre autres, un bouillon cube de soda pour que les soldats n’en soient pas privés sur le front (si ça c’est pas une vraie américaine). Mais surtout, en 1941, elle invente avec son ami le compositeur George Antheil un système d’ondes radio alternatif qui permet aux torpilles de ne pas se faire repérer.

Malgré le génie de ce système, Antheil et elle se font gentiment envoyer balader quand ils la proposent à l’armée (c’est sûr qu’une actrice et un musicien ça peut pas vraiment être pris au sérieux), et ce n’est que 20 ans plus tard que l’armée US la ressortira des cartons et l’utilisera.

Depuis, ce système a permis l’apparition du GPS, des ondes Wi-Fi, du Bluetooth et des technologies mobiles en général.

En résumant grossièrement, sans Hedy Lamarr et son invention, pas de téléphone portable ; sans téléphone portable, pas de smartphone ; sans smartphone, pas d’explosion des réseaux sociaux ; sans explosion des réseaux sociaux, pas de palais. EUUUH pas de Kendrick Lamar. Enfin, je dis ça, je suppute quoi.

Le 9 novembre, désormais fête des inventeurs en Autriche, Allemagne et Suisse en son honneur, elle aurait eu 105 ans. Birthday girl !

Vazy Craig chante joyeux anniversaire.

Par Amandine Deguin 

Illustration par Lucie Mouton