Dis Maîtresse, c’est quoi un.e TDS ?

Dis Maîtresse, c’est quoi un.e TDS ?

Avé les chiards. Bon, ce matin on va parler d’un truc hyper important qui s’appelle le féminisme pro-sexe. J’ai eu cette idée brillante parce que Cerise, après s’être faite traitée de « prostipute » par Gaspard, toi petit con je te jure que si je te choppe à réutiliser ce mot comme une insulte tu vas passer un sale quart d’heure, en a profité pour me demander ce que ça voulait dire.
Alors déjà Gaspard « prostipute » est un mot qui n’existe pas. Voilà. Un peu comme on ne dit plus « crocrodile » ni « pestacle » à huit ans, mais ça j’imagine que c’est trop te demander vu ton niveau de QI. Le vrai mot est donc « travailleuse du sexe », et sa version vulgaire c’est « pute », mais ça vous êtes pas obligés de le noter dans vos cahiers, surtout Caroline avec les grenouilles de bénitier qui te servent de parents, ok ? Merci. DONC une travailleuse du sexe c’est quoi ? Eh bien une travailleuse du sexe, ou TDS mes petits lapins c’est simplement une femme dont le métier consiste à vendre des prestations sexuelles.

Par exemple, Kevin, ton père il est kiné c’est bien ca ? Ça veut dire que des gens viennent dans son cabinet, ils s’installent, ton père il leur fait des trucs qu’il sait super bien faire (normal c’est son métier), les gens lui donnent des sous et ils repartent en se sentant mieux.

Les TDS, c’est pareil. Et ce qu’elles savent super bien faire, c’est du sexe. Le problème, avec la prostitution, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui pensent être des héros des temps modernes, du genre défense de la veuve et de l’orphelin, parce qu’ils s’y opposent avec passion, proclamant que soi-disant que ça avilit la femme. Alors laissez-moi tout de suite vous dire que c’est du bullshit.

Les gens qui disent ça, c’est surtout des gens qui ne sont pas encore trop sortis du patriarcat et qui continuent de penser que la femme est faible et qu’elle est forcément une victime, alors que le problème c’est pas les femmes qui se prostituent, c’est ceux qui exploitent les prostituées, qu’on les appelle des proxénètes, et les proxénètes, si vous voulez mon avis, ça fait des super personnages de NCIS mais dans la vraie vie c’est pas jojo.

Heureusement, en France, le proxénétisme est interdit. Mais ne croyez pas que c’est une si bonne nouvelle que ça ! Pour combattre le proxénétisme, le législateur n’a rien trouvé de mieux que d’interdire « d’aider, d’assister la prostitution d’autrui », ou de « vivre aux dépends d’un travailleur du sexe ». C’est les articles 225.5 et 225.6 du Code Pénal Constance, si tu veux vérifier avant de venir me faire chier avec ton père qui est avocat.

Résultat, techniquement, il est interdit de donner un conseil à une amie prostituée, ou de louer un appart à une travailleuse du sexe, ou même par exemple de toucher un peu de sous de sa mère, si celle-ci est une TDS. Faut imaginer une jeune femme de 18 ans, qui part faire ses études, dont la mère paie un appart dans la ville d’à côté et qui se retrouve accusée de proxénétisme. Le délire. En réalité, tout est fait pour dissuader les TDS d’avoir cette activité.

Mais il y a pire : la loi condamne aussi les clients. Sous couvert de renverser le rapport de force en faveur des prostitué.e.s, cette loi les place au contraire dans une position beaucoup plus fragile : comme il y a moins de clients (forcément), il est plus difficile de les refuser, quitte à, par exemple, accepter des pratiques qu’on n’aime pas. Quant aux agressions, les TDS s’entendent souvent dire par la police, lorsqu’elles la sollicitent, des phrases désespérantes du genre : « t’es prostituée, ça fait partie des règles du jeu ».

Alors pour se garantir une clientèle malgré ces lois, les TDS se retrouvent souvent contraint.e.s de passer par des agences… Ce qui finalement relève du proxénétisme.

Alors plutôt que de condamner le travail du sexe et de chercher à provoquer sa disparition à travers des lois contre-productives, on ferait mieux de tout réglementer comme n’importe quel profession pour permettre la mise en place d’un « contrat intersexe sain et clair », comme l’appelle de ses vœux Virginie Despentes dans King Kong théorie. Après tout, les femmes ont le droit de disposer de leur corps comme elles l’entendent, et si elles sont consentantes et convenablement payées je vois pas pourquoi elles auraient pas le droit de se prostituer. Voilà pourquoi Gaspard t’as tout faux quand tu penses que t’as insulté Cerise en la qualifiant de prostituée, c’est comme si tu l’avais traitée, je sais pas moi, d’institutrice par exemple. Enfin quand je vous regarde et que je vois toutes vos tronches de dégénérés là parfois je me demande même si c’est pas préférable de finir prostituée qu’instit, en fait.

Par Amandine Deguin 

Sur une idée originale de Camille Dochez

Dis maîtresse c'est quoi Cacti 2.0 ?

Dis maîtresse c'est quoi Cacti 2.0 ?

*tousse* *tousse*, Gaspard, rapproche ma bouteille de rhum de ma main ! [Gaspard un enfant de 8 ans s’éxecute sans broncher]. Merci Gaspard. Bon pour ceux qui ne me connaissent pas je m’appelle Maîtresse, vous pouvez lire mes anciennes chroniques ici, et sinon pour ceux qui veulent me visualiser dans leurs têtes j’suis un mélange d’Edna Crapabelle et de France Gall, bon pour tout le monde ?  Alors Yallah.
On m’a demandé de vous présenter le nouveau site de Cacti, donc déjà bienvenue. Hein, voila.  Vous savez pas dans quel BORDEL vous vous êtes embarqué.e.s, mais que personne ne s’inquiète, ça va être formidable.
Cacti 2.0, c’est du contenu tous les jours (sauf le weekend, parce que le weekend en général on est testeur.euse.s officiel.le.s de Gin), des chroniques, des chiens saucisses, de la musique pour se balader cul nul dans sa chambre, et des collaborations extravaganza.
Tous les jours ton shoot de féminisme décomplexé tu viendras le prendre ici kiddo.
ANTONIO, LUMIÈRE ! [Un autre enfant de 8 ans s’exécute, un peu comme Aziz Lumière mais sauf que là c’est juste un interrupteur]
Bienvenue sur Cacti 2.0 les kiddos.
 
La Maîtresse

Dis Maîtresse, c’est quoi le Porno ? Partie 3/3 – C’est quoi le sexe ?

Dis Maîtresse, c’est quoi le Porno ? Partie 3/3 – C’est quoi le sexe ?

Mes enfants, l’heure du dernier cours a sonné. Hugh Hefner, repose en paix, que ton âme bénisse cette chronique ! Je vous entends déjà sortir vos mouchoirs, en pleurant vos mères. Et bien gardez vos mouchoirs, mais ne vous en servez pas pour essuyer vos yeux, car pour ce dernier cours nous nous acharnerons à trouver les mécanismes de la branlette idéale.

La semaine dernière nous avons remarqué qu’une bonne partie de l’industrie du porno mainstream est un monde vérolé dans lequel on drogue les actrices au Lexomyl pour les fourrer de bites géantes et où les acteurs se gavent de Viagra pour bander comme des taureaux pendant 8 heures. Autant dire une belle mascarade dégueulasse qu’on se farcit gratuitement sur des sites très (trop ?) facilement libres d’accès.
On a aussi appris que dans la majorité du porno d’aujourd’hui, les deux sexes sont objectifiés : La femme ; objet de désir, se doit d’être souple, bien épilée et bruyante. L’homme ; machine de guerre, mélange de Tortank et de DSK, se doit d’avoir un énorme sexe et de pouvoir enchaîner 36 femmes à la suite sans perdre de sa superbe. Autant dire une construction d’une sexualité légèrement divergente.
 
Malheureusement on a une fâcheuse tendance à se calquer là-dessus. Et c’est là que se trouve tout le noyau du problème les bambinos. On ne sait plus où trouver le plaisir quand il sonne à la porte, persuadés qu’il se trouve dans une levrette sans âme.
 

Enfants du Porno, où est notre salut ?
 
Tout d’abord, focalisons-nous sur ce qui nous incite à en regarder.
La question que je vous pose aujourd’hui les gosses, c’est qu’est ce qui vous excite ?
Analyse de ce frisson légendaire qui nous ouvre le ventre et nous fait transpirer la nuque.
 
Tout le monde est excité par des choses diverses et variées. Si Antonio est ému par la ligne d’une fesse, Gaspard par un hot-dog au fromage, Fatou par les diplodocus et moi-même par les avant-bras (?), nous sommes tous d’accord pour dire que les détails, la situation et les sensations ne sont jamais les mêmes en fonction de la personne. Le sexe n’est pas caractéristique d’un genre, le sexe c’est qu’une question de détails. La fébrilité d’un geste, un frémissement, ou une bonne poignée de main bien sentie. Tout ce qui nous incite au sexe, c’est ce moment où quelqu’un te met à l’envers avant même de t’avoir touché, et ça, c’est une problématique universelle.
 
Mais jusqu’ici je ne vous apprends rien, j’en conviens. Et puis j’entends déjà l’autre trouduc’ de Gaspard dire : « Oui mais c’est pas du tout consensuel de parler de ça à des enfants de 8 ans. » Écoute, de toute façon tout le monde sait ici qu’on peut pas t’encadrer Gaspard donc tu seras gentil de la fermer.

Mes enfants, pour cette dernière chronique sur le porno, j’aimerais que nous nous focalisions sur la part de lumière que le porno nous apporte. Ce porno fantastique qui brille dans nos dimanches après-midis, ou dans nos nuits d’insomnie.
 
Ce porno qui se réclame plus d’une sexualité authentik (NDLR: Booba), plus réaliste, plus proche d’une sexualité de tous les jours, LA nouvelle vague du porno.
C’est un porno qui existe, qu’il faut savoir trouver, qu’il faut apprendre à chercher, bien loin des automatismes YouPorn. Nous parlerons ici de porno éthique.
 
Angie Rowntree co-fondatrice d’Ethical Porn  défini le porno éthique comme :
 « Du contenu pour adultes, consensuel et transparent, crée dans un environnement safe et respectueux, qui ne contribue pas à creuser les inégalités sociales. » […]
Et Erika Lust (que nous introduirons plus tard) rajoute :
« Quand le processus de production est éthique, les spectateurs peuvent dire qui fait le film et qui est derrière la caméra, ils savent que les acteurs et actrices ont été payés correctement pour leur travail, qu’ils ne sont pas mineurs et que le film a été créé sur les bases du consentement et du plaisir. »
Et là vous vous demandez, mais où est ce qu’elle veut en venir la maîtresse parce que là ça fait deux pages qu’elle brasse du vent la pauvre.
Attends.
Attends encore.
Ah voilà !
 

Pourquoi le porno féministe aujourd’hui est la meilleure alternative pour un porno éthique ?
 
J’en vois déjà certains rouler des yeux, Gaspard, tu sais que je te hais de toute façon.
Dégage de ma classe.
 
Attention quand je parle de porno féministe, je ne parle en aucun cas des pornos « pour femmes ». Le porn marketé « female-friendly » est souvent basé sur une vison sexiste et biaisé de la sexualité féminine, qui suppose que les femmes cherchent du porno avec plus de douceur, de soft et de caresses, bannissant par la même occasion les éjaculations faciales et le sexe anal. Ce genre de productions, souvent réalisées sous un point de vue masculin, ne représentent en aucun cas le porno féministe que je vais m’atteler à défendre d’ici les prochaines lignes.
 
Car oui, le porno féministe représente ce qui se fait de mieux en porno aujourd’hui, parce que les films sont tournés de manière éthique, que tous les genres, corps, sexualités et fétichismes sont représentés, sans tabous, dans un respect total, et avec une seule et unique quête commune à tout le monde : Le plaisir. La branlette idéale, sans se sentir coupable d’avoir regardé une femme se faire à moitié violer sur un canapé en cuir blanc.
Erika Lust, une des réalisatrice/productrice les plus active dans le monde du porno déclare :
«  Je pense qu’une réelle prise de pouvoir dans le porno ne peut se faire qu’à travers des prises de décisions plus importantes au niveau de la production et de la diffusion. Et cela inclut d’avoir des femmes dans les postes de direction comme réalisatrices, productrices, directrices artistiques, directrices de la photo… » Erika Lust pour Le Tag Parfait 
C’est d’ailleurs pour ça qu’aujourd’hui, Erika possède plusieurs plateformes de vidéos pornographiques, dont Lust Cinéma qui recense aujourd’hui plus de 60 réalisateurs et réalisatrices œuvrant pour un porno éthique et féministe.
Mais qu’on soit bien d’accord, ce qui est fantastique avec le porno féministe, c’est que ce n’est pas du porno POUR femmes, c’est du porno qui prône l’égalité entre les sexes, du porno pour TOUT LE MONDE. Car oui, au cas où certains d’entre vous ne seraient pas encore au courant, la définition officielle du féminisme c’est ça :
« Définir, établir, et atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes. » 
En dehors du fait que le porno féministe s’appelle féministe, c’est d’abord un porno bandant pour tout le monde. Sans exceptions.
Fini les vidéos de 3 minutes qui se concentrent sur la pénétration homme-femme, bienvenue dans le monde fabuleux de la sexualité multiple, qui repousse les attentes du spectateur, les limites extrêmes de l’excitation, attendez vous à éponger la sueur qui coule dans votre dos, et à calmer les poils de vos avant-bras.
 
« MAIS BORDEL DONNE-NOUS DES ADRESSES MAITRESSE  !! »
Antonio déjà tu t’assois, tu ramasses ton t-shirt que tu viens de déchirer et tu vas me boire cette camomille.
 
Le porno, ce n’est pas néfaste, ce n’est pas honteux, ce n’est pas sale. Il suffit juste de se responsabiliser en tant que consommateurs. Se responsabiliser par rapport à ce qu’on regarde. Le porno est composé de trop de catégories pour qu’on en parle en bien ou en mal, la seule question qu’il est nécessaire de se poser est ; quels sont les modèles qu’il véhicule. Le porno est un genre pluriel qui a beaucoup plus à offrir que des clichés sexistes et des orgasmes vénéneux.
Alors, t’en a envie ? T’en veux ? Tiens.

 


Adresse et sites de porno éthique & responsable
 
I FEEL MYSELF – Free
Un site qui se concentre exclusivement sur la masturbation féminine. Que dire de plus finalement. On est d’ailleurs super bien accueilli par la vidéo de la page principale.
EroticFilms – VOD
C’est le Netflix des films pour adultes, crée par Madame Erika Lust, ErocticFilms propose un choix impressionnant de films érotiques, pornographiques, des perles du porn-chic, softcore et hardcore. Il y en a pour tous les goûts, les films sont en locations (entre 3€ et 6€). Mais je vous assure que ça les vaut.
TrenchCOATX – VOD ou abonnement
TrenchCoatX c’est un site qui croit en un porn de qualité, avec des prix juste pour ses spectateurs, mais aussi et surtout des paies justes pour les gens qui travaillent pour leurs vidéos. Vous pouvez y trouver des petites perles comme How To Blow Job, et surtout pleins pleins de vidéos avec Manuel Ferrara. Le mieux, c’est qu’avec un abonnement à 9$, ont peut télécharger toutes le vidéos du site. Oui.
Buck Angel – Abonnement
« Pour les hommes avec des chattes. » Au moins ça a le mérite d’être clair. Un site qui (s)explore le porno queer, et en particulier le porno trans. Mené par la figure mondialement connue Buck Angel, (créateur du premier sex-toy pour les trans), le site contient une centaine de vidéos, et se veut très éducatif afin que les générations futures grandissent dans une plus grande fluidité concernant les genres.
Chaturbate – Free
Chaturbate c’est le site de Cam-girls/boys/queer par excellence, vous pouvez trouver de tout, en illimité, toute la journée, tout le monde fait sa vie, et si vous êtes content vous donnez des sous. C’est aussi simple que ça, et les gens ils sont très gentils. Ils ont même crée les Chaturbate Female Empowerment Award qui récompensent celles qui ont changé l’industrie (en mieux) envers et contre tout.
 
Documentaires et articles sur l’industrie du Porno
Pornocratie – Ovidie – Documentaire
What Does a Feminist Porn set look like ? – TrouBleFilms – Témoignages
Guide du porno féministe – Le Tag Parfait
Guide du porno Queer – Le Tag Parfait
Rocco – Thierry Demaizière et Alban Teurlai – Documentaire
How to watch porn without being a dick – Vice – Article

Texte: Camille Dochez

Dis Maîtresse, c’est quoi le Porno? Partie 2/3 – C’est qui Clara Morgane?

Dis Maîtresse, c’est quoi le Porno? Partie 2/3 – C’est qui Clara Morgane?

Les enfants, bienvenue dans le deuxième cours de cette master class sur la pornographie. Après avoir parcouru les terres tentaculeuses du Hentai la semaine dernière, nous allons cette semaine nous attarder sur cette machine à fesses et à fric qu’est l’industrie du porno moderne.
 
Soyez-bien accroché, préparez vos sacs à vomi ; surtout toi Caroline hein, tu vas pas me la faire toutes les semaines !
 

Leçon sur une industrie qui détruit les travailleurs du porno et leurs consommateurs.
 Le Porno c’est quoi ? 
 
Tiffany Hopkins, une actrice porno française définit le porno comme « un objet de divertissement qui a pour finalité la masturbation. » Jusqu’ici, tout va bien, tout le monde sait ce que c’est que la masturbation. JE NE VISE PERSONNE! *toussote en regardant Antonio*
Mais le porno, aujourd’hui, c’est considéré comme sale, sexiste, dégradant, raciste. Une image bien loin de la définition de Tiff’. Mais pourquoi ? Pourquoi c’est devenu sale de se masturber sur du porno ? Et depuis quand ?
 

 
Attardons-nous d’abord sur ces quelques chiffres :

  • 55% des hommes voient leur vie sexuelle impactée par les films pornos, contre 32% des femmes. 
  • Près d’un tiers des vidéos pornos sur internet contiennent des actes d’agressions physiques, 94% d’entre elles sont sur des femmes. 

 
Alors ? On situe un petit plus ce qui couille dans le potage ou pas du tout ? Nan ?
Bon. Cours d’histoire les mioches. Ouvrez vos cahiers à la page Inventions d’Internet.
 
Aujourd’hui je suis très citation :
« Internet est le tournant le plus majeur pour l’industrie du porno, on passe d’une valeur de production élevée, à quelque chose d’infime, car plus personne ne paie pour voir du porno. »
Tyler Knight, Acteur 
 
Tyler a raison. Avant Internet, c’était les producteurs qui avaient la main mise sur l’industrie de la pornographie, citons la famille : Marc Dorcel et Hugh Hefner. Les tournages duraient des mois, les budgets était gargantuesques, les actrices étaient des stars et payées en conséquent, et les conditions de travail étaient à la hauteur du zizi de Rocco.
 
C’était « l’âge d’or » du porno.

Nos aïeux allaient chercher leurs petits magazines en cachette et les feuilletaient dans leur lit avec leur lampe de poche entre les dents. Les gens considéraient encore ça comme un trésor.
 
Et puis Boum ! La naissance du porno sur Internet et tout s’écroule.
1998, la loi DMCA (Digital Millenium Copyright Act), votée aux États-Unis stipule que l’Etat « autorise la diffusion de vidéos piratées jusqu’à ce que l’ayant droit se manifeste ».
 
Et à partir de ce moment là, les TUBES se sont appropriés le marché.
« Maîtresse, est ce que mon tube de dentifrice il va au marché aussi ? » Fatou ! […] Bordel Fatou !
Les Tubes sont des plateformes qui diffusent des vidéos pornographiques (souvent gratuites), comme YouPorn ou PornHub. Les vidéos diffusées ne sont pas acquises officiellement mais volées aux producteurs ou à des anonymes pour le compte du site.
 
Le problème c’est que ce ne sont plus les producteurs qui gèrent ce flux pornographique, mais des geeks et des businessmen qui aujourd’hui ne sont plus du tout en lien avec les travailleurs et les conditions de tournage.
C’est là que la faille apparait. La faille qui a transformé Emmanuelle en fillette de 15 ans qui se prend une quadruple-sodomie.

Les Tubes impactent directement l’industrie du porno, car les petits producteurs vont s’intercaler dans des « niches pornographiques » pour attirer plus de visiteurs et plus de click.
 
Et à partir de ce moment là, les choses ne se sont plus jamais arrêtées, on est passé de la double, à la triple, à la quadruple sodomie. Aujourd’hui il y a une émission où le but de l’actrice est de vomir après une fellation-gorge-profonde.
On est passé de la fessée au piétinement vaginal les enfants.
 
Les filles acceptent des pratiques de plus en plus extrêmes pour être payées et doivent mentir sur leurs tests de dépistages pour ne pas rater un contrat car les tournages se font plus rare. Leurs carrières ne dépassent pas les 6 mois, car après 19 ans elles sont trop vieilles. La plupart du temps elles sont réduites à des tags. Quand à l’époque on tapait Clara Morgane ou Katsuni, aujourd’hui on tape juste #whitegirl #teen #asian. Car un fantasme pornographique n’est plus composé d’un visage, d’un corps, ou d’un nom. Peu de star, peu de tête d’affiche, juste des #hashtag.

Les kiddos, nous baignons dans un flux d’images pornographiques, un flux qui impacte directement notre sexualité et nos fantasmes. Ou en tout cas au moins 55% des monsieur qui voient leurs vies sexuelles impactées par le porno.
 
Vous avez sûrement remarqué que je parle beaucoup des messieurs, n’est ce pas les kiddos ? Car oui, bien malheureusement le porno est un man’s world. Fait par des hommes, pour les hommes. Le porno est un monde merveilleux – pour les hommes – où les femmes sont toujours disponibles pour tirer un coup, si possible avec une bonne baffe dans la gueule.
 
Je vous laisse 4 heures pour méditer dessus, et la semaine prochaine on essayera de trouver des solutions pour fixer ce beau merdier.
 

Texte: Camille Dochez
Illustration: Lucie Mouton

Dis Maîtresse, c’est quoi le Porno? Partie 1/3 – Le Hentai

Dis Maîtresse, c’est quoi le Porno? Partie 1/3 – Le Hentai

Mes enfants, aujourd’hui nous allons traverser le monde, littéralement. On va au Japon. Oui, aujourd’hui pour le premier épisode de cette master class sur le porno je vais vous parler du Hentai.
 

*explosion de fumigènes et lumières violettes*
 
Faisons d’abord un petit tour d’horizon du : c’est quoi ? pourquoi ? comment ? et what the fuck le Hentai est né.
 
Tout d’abord ; Hentai, ça veut dire « perversion » (déjà, ça annonce la couleur) mais ça veut aussi dire transformationbizarre et métamorphose. Ce n’est qu’à partir de 1920 que le mot est associé à une sexualité dite « déviante ». Les problématiques principales du Hentai sont *roulement de tambours* : sadisme, sadomasochisme, inceste, viol, zoophilie et copulation avec des monstres imaginaires. Elles sont représentées principalement sous forme de manga, de dessins animés ou de jeu vidéo.
 
Et là j’entends déjà Gaspard le relou crier du fond de la classe « Ouiii mais euuuh que fait la police, et Greenpeace et les féministes et Jean-Michel Godard ! » Déjà Gaspard, tout le monde te déteste alors ferme-la.
 
Mais tu as un peu raison. Comment expliquer que ces représentations qui sont punies en Occident (quoique, on y reviendra plus tard), soient tolérées au Japon ?
Déjà, le Japon est assez flou sur la question, juridiquement parlant tout du moins. En 1907 apparaît la loi 275 dans le code pénal japonais, qui indique que « Toute personne qui distribue, vend ou expose au public, des documents, des dessins ou autres objets obscènes sera puni. » Jugés « obscènes », trop marrant.
Mais soit, à l’époque de nombreux auteurs jouent le jeu et décident de contourner la censure, et c’est dans ces années fleurissantes d’interdits que se fondent les bases du Hentai moderne.
 
Car les mangaku (les dessinateurs de manga) sont des êtres fourbes certes, mais artistiquement très intelligents. Si le grand Hokusai est le premier à avoir infiltré les poulpes dans le dessin érotique en 1914 (La femme du pêcheur et le poulpe pervers) ; le premier à avoir contourné la censure à des fins sexuellement plus que bizarres est notre ami Toshio Maeda, qui sera le précurseur du shokushu (une des catégories des Hentai basée sur le sexe avec des créatures tentaculaires aquatiques). Ils transforment donc notre ami Paul Le Poulpe en un être sexuellement actif, bardé de 8 tentacules, et d’une centaine de ventouses qui suçotent goulument le corps frêle et fragile d’une gamine de 13 ans.
 
« Caroline, non, Caroline arrête de pleurer, je n’ai pas prévu d’atelier à la fin du cours. »
 
Car oui, les japonais sont forts quand il s’agit de contourner le politiquement pas du tout correct.

Introduction au Lolicon

& à la culture du viol

dans le Hentai.

J’entends déjà notre nouvelle arrivante Fatou murmurer dans le fond de la classe « Eh mais le loliconc’est un mec qui dit Lol et qui est con. » Alors non Fatou.
Le lolicon c’est une catégorie dans le Hentai, qui montre de très jeunes filles, de très très jeunes filles avoir des relations sexuelles. Pour vous donner une idée, la majorité sexuelle en France est à 15 ans. Au Japon la majorité sexuelle est à 13 ans.
 
Je vous entends déjà meugler d’ici « Ouloulou 13 ans c’est super jeune, les japonais c’est des pédophiles ! » Je vous rappelle donc qu’en France en 1977, une pétition a été signée par (entre autres) Simone de Beauvoir, Jack Lang, Jean-Paul Sartre et Gilles Deleuze pour que les relations entre majeurs et mineurs, qu’elles soient homosexuels ou hétérosexuels, soient autorisées. Mineurs, entendons-nous c’est en dessous de la majorité sexuelle, donc moins de 15 ans. Alors pouét-pouét. Parce que si vous voulez je peux aussi vous rappeler que le roman Lolita de Nabokov est sorti en 1955, et que Serge Gainsbourg chantait Lemon Incest avec Charlotte en 1986 et qu’à l’époque elle avait 12 ans.
 
L’image de la Lolita existe depuis la nuit des temps, la seule différence c’est qu’en occident on a tendance à lui donner une image de femme fatale perdue avec une cigarette à la main, qui conforte l’image du mâle viril et sauveur. Alors qu’au Japon, ils préfèrent l’image de cette très jeune fille en jupe plissée, infantilisée, avide d’apprendre. Mais apprendre quoi ?
 
Déjà elle commence par apprendre à fermer sa gueule. Les particularités des personnages féminins dans le Hentai, c’est qu’elles sont rarement consentantes, la plupart du temps les situations sexuelles se résument à :

  • Parce que la jeune fille doit baiser pour sauver sa vie.
  • Un ordre venant du père. Genre t’es invitée à une réunion et tu dois sucer tous ses potes.
  • Un pouvoir surnaturel de l’homme qui fait que la fille est possédée par l’esprit de la sodomie.
  • Un ordre venant du frère. Qui dit que tu dois sucer toute ta famille.
  • Parce qu’elle est sous la menace d’une arme.

 
Tous ces scénarios, je les ai trouvés à la bibliothèque les enfants, pas besoin de chercher beaucoup, ils sont dans les Hentai les plus connus.
Mettons nous tous d’accord sur ce que c’est que le viol. Le viol est l’acte par lequel une personne est contrainte à un acte sexuel, par la force, surprise, menace, ruse ou plus largement, sans son consentement.
 
Bien sûr, c’est bien loin des pornos occidentaux, qui sont si respectueux des femmes et de leurs désirs. « Hé c’est pas vrai Maîtresse, dans les pornos que mon frère il regarde les femmes elles sont traitées comme des moins que rien ! Les mecs c’est tous des slut-shamers ! »
 
ANTONIO JE SAIS C’ÉTAIT DU CYNISME ! Pour la peine c’est toi qui illustrera la chronique de cette semaine. La culture du viol dans le porno occidental sera à l’affiche du cours de la semaine prochaine.
 

 
Le Hentai, malgré ses origines ancestrales et poulpeuses, nous invite tout de même à nous poser la question de la représentation.
C’est du dessin, d’accord. Ce ne sont pas des gens vivants,
ok.
 
Est-ce que c’est une raison valable pour véhiculer une sexualité où la femme est écrasée aux détriments des désirs de l’homme ?
Absolument pas.
 
Est-ce que l’image se dédouane de toutes responsabilité parce que c’est une image ?
Fuck no les kiddos.
Alors le sexe conscient dans le porno est t-il une utopie ? La violence sur les femmes est-elle et la seule manière de faire bander les mecs ? Et puis nous, les filles, on a quoi à part le porno gay?
 
Nous essayerons de répondre à ces questions dans le cours de la semaine prochaine, qui aura pour sujet…Soyez présents pour le savoir!
 
Texte: Camille Dochez

Dis Maîtresse, c’est quoi la Cyprine ?

Dis Maîtresse, c’est quoi la Cyprine ?

Avé les Kiddos ! La semaine dernièr, l’un d’entre vous – je ne dirai pas lequel – m’a demandé « Ouiiii Maîtresse, steuplé, dis-moi c’est quoi LA MOUILLE ? » Alors déjà on, appelle ça mouille quand on a 13 ans et qu’on regarde Pokémon en mangeant des pitch. Mais sinon c’est bien d’être curieux Antonio.
 
On appelle ça la CYPRINE, ou alors suc d’amour pour les plus romantiques. Ou liqueur de love, ounectar de plaisir. Bref. Tout ce qui est visqueux et qui a un rapport de près ou de loin avec la vulvapeut être un synonyme de cyprine.
Mais restons sérieux deux minutes, je suis quand même une Maîtresse respectée bordel !
 

 
La cyprine, c’est un liquide qui apparaît à l’entrée du vagin d’une dame, quand elle est excitée par un monsieur, ou par une dame, ou par un ni-monsieur ni-dame, ou à contrario par un monsieur-dame. Bref tout ce qui s’approche du vagin d’une dame et où la dame se dit « Hunhun, honey. ». Ca, c’est la base.
 
Maintenant qu’on a un peu dégrossi ce que c’était que la cyprine, on va parler de ses composants. Donc la cyprine c’est un mucus plus ou moins laiteux, plus ou moins inodore …
Ah bon bah Caroline a vomi !
Passons les composants.
 

 
Parce que la cyprine, en dehors de sa fonction utilitaire pour la reproduction humaine, est aussi un autonettoyant vaginal. Comme le canard WC que tu mets autour de ta cuvette pour éviter les grosses bactéries dégueulasses.
 
Mais attention les enfants, il ne faut pas confondre la cyprine avec le liquide que la dame éjacule au moment de l’orgasme ! Ca n’a rrrrien à voir, la cyprine provient des glandes de Bartholin localisées de part et d’autre du vagin (aux dernières nouvelles hein, parce que quand on voit le temps qu’ils ont mis à localiser le clitoris, des fois on se demande).  Alors que le liquide éjaculatoire, lui, est émit par les glandes para-urétrales, anatomiquement liées au POINT G, qui se situent autour de l’urètre, et si ça vous savez pas où c’est, renseignez vous parce que ça craint.
Et non les enfants, le point G n’est pas une mythologie douteuse, c’est une zone bien précise que l’on peut facilement cartographier ! Après il faut juste se munir de temps, de curiosité ET DE CYPRINE !
 
Maintenant que vous êtes bien rencardé sur tout ça je vous invite à faire un petit atelier autour de cette nouvelle notion que nous venons de découvrir.
ET MERCI Gaspard de pas nous moucharder aux parents d’élèves cette fois.
 
Texte: Camille Dochez
Illustration: Lucie Mouton