Faune, une bijouterie éthique et responsable

Faune, une bijouterie éthique et responsable

Faune, une bijouterie éthique et responsable 

Faune : Bijoux féminins et masculins. Originalité, savoir-faire et engagement sont les maitres mots de la bijouterie. Des créations brutes et raffinées qui réinventent le monde de la joaillerie. 

Valentine, la créatrice de la bijouterie Faune, fabrique de petites merveilles dans son atelier-boutique à Montpellier. Fruit d’une reconversion professionnelle, son métier elle l’adapte aux enjeux de notre société en diminuant son empreinte sur la nature et en aidant une association de défense des Océans. Une bague Pingouin, un collier Baleine ou encore un jonc Bouzigues, toutes ses créations sont réalisées à la main. Rencontre avec Valentine, mi-femme, mi-chat.

Parle-nous de toi. Ton parcours ? Tes passions ?

À la base j’ai fait une formation de graphiste à Montpellier. J’ai ensuite travaillé 7 ans en tant que graphiste à Montréal, à Paris et à Lyon. J’aimais beaucoup ce métier mais le problème c’est que je devenais exécutante sur ordinateur. Je voulais rester dans un milieu de création et d’esthétique mais faire quelque chose de plus concret. 

Les bijoux j’ai toujours aimé ça et le métal m’intriguait. Je voulais faire une vraie formation donc je l’ai faite sur Lyon à la SEPR. J’ai commencé par un CAP « Arts et techniques de la bijouterie option joaillerie » puis « Arts et techniques de la bijouterie option sertissage » pour pourvoir atteindre mon but : ouvrir une bijouterie dans le sud. Dans cette région il n’y a pas beaucoup de sous-traitant comme à Lyon ou à Paris donc il fallait que je sache sertir mes bijoux toute seule pour ne pas déléguer.  

Après avoir mis le plus de cordes à mon arc je suis revenue dans mon pays natal, à Montpellier, et j’ai trouvé un local dans une rue que j’aimais bien. J’ai pris mon local en janvier et j’ai ouvert le 3 mars donc juste avant le confinement. Sur 10 mois d’entreprise j’ai fermé 5 mois. Ce n’est pas le meilleur des démarrages.

Tous tes bijoux portent le nom d’un animal, pourquoi ?

J’ai toujours tripé sur les animaux. Je suis partie sur un truc qui n’est pas du tout une bijouterie traditionnelle. Que ce soit sur les couleurs ou mon choix de nom : « Faune ». Je voulais faire quelque chose d’éthique et responsable. Je donne aussi un pourcentage du chiffre de mes ventes Internet à une association. J’ai choisi Sea Shepherd parce que c’est une ONG qui aide la faune marine et comme je suis passionnée par la mer Méditerranée, je trouvais que ça collait bien avec Faune. 

Collier Paon

Boucles d’oreilles Combattant

Si la créatrice de Faune était un animal, lequel serais-tu ? 

Je pense que ce serait un chat. Ce n’est pas très original mais ma mère m’appelle « chat » depuis que je suis bébé. Même mon copain dit que je ressemble à un chat parce que je me blottis toujours sur le canapé dans un plaid. Pourtant je n’en ai pas et je préfère les chiens mais apparemment je me comporte comme un chat.

Sur Instagram, en dessous de chaque nom de bijoux tu décris une spécificité d’un animal, comment as-tu toutes ces connaissances sur les animaux ? 

Je fais des recherches. En général le nom du bijou je le trouve après avoir eu l’idée de l’esthétique. Je me demande à quoi il ressemble. Par exemple j’ai créé un bijou avec des perles et ça m’a fait penser à une huitre du coup je l’ai appelé Bouzigues. En plus c’est une ville à côté de Montpellier qui fait des huitres alors ce nom allait parfaitement ! 

Je lis pleins d’articles sur les animaux du coup. Quand ça va pas trop je parle de l’extinction de la race et quand ça va mieux j’essaye de me focaliser sur le positif même si je vois pleins de choses négatives.

Tous tes bijoux sont en métaux précieux mais restent plutôt accessibles. C’était une volonté de ta part de rendre tes bijoux accessibles ? 

Oui et surtout j’ai un peu le syndrome de l’imposteur pour être honnête. Je suis arrivée dans cette rue de Montpellier avec un concept simple alors qu’il y a beaucoup de grands artisans bijoutiers dans le quartier.

Je ne fais pas de la « haute joaillerie »  et ce milieu ne m’intéresse pas vraiment quand je vois comment ces bijoux sont souvent fabriqués, bien loin des établis.

Il y a aussi les bijoux faits en série « plaqués or », qui ont des prix parfois hallucinant, c’est fou ! On dupe les gens sur un nom car ce n’est pas écrit que le métal utilisé est du laiton en dessous du plaquage, et que le bijou a été conçu en usine bien loin d’un atelier. J’essaie juste de remettre le vrai prix sur les choses selon ma vision.

Je calcule mes prix en fonction du coût de la matière et de la production pour ne pas abuser de l’appellation « métal précieux ». Après il n’empêche que certain.e.s trouvent mes bijoux chers. Je le justifie avec le prix des matières qui a tendance à augmenter avec la crise et du travail à la main.

Boucles d’oreilles Panda / Collier Merle / Collier Pingouin 

Boucles d’oreilles Scorpion / Collier Lamantin

Tu ne crées pas uniquement des bijoux puisque tu proposes aussi de réparer ou de donner une nouvelle beauté à nos bijoux. En quoi cela consiste ? 

Pour l’or, tous les bijoux qu’on a envie de transformer et qu’on ne porte plus je les refond et les transforme dans mon atelier. Je ne vais pas échanger dans une banque de métaux parce que c’est souvent ce qui est fait. Généralement il y a un côté économique, écologique et sentimental quand on fait refondre un bijou pour le transformer donc j’attache de l’importance à tout faire dans mon atelier. 

D’autres veulent mélanger deux styles de bijoux que j’ai fais pour en créer un nouveau et c’est intéressant. Si ça reste dans mon esthétique ça ne me dérange pas du tout de créer des pièces uniques

Tous tes bijoux sont en métaux précieux recyclés ou certifiés RJC (label qui garantit les bonnes pratiques d’extraction en matières sociales et environnementales). C’était important pour toi de créer tes bijoux de manière plus raisonnée ? 

Oui vraiment ! Quand je vois tout l’or qui n’est pas utilisé ou qui dort dans les tiroirs, je ne vois pas l’intérêt de continuer à creuser et détruire ce qui reste de notre planète. Les conditions de travail sont quand même assez horribles donc il faut que la nouvelle génération s’en soucie. Dans les produits que j’utilise j’essaye d’être le plus clean possible

Je pense que le diplôme de CAP bijouterie n’a pas changé depuis les années 40. Je me souviens qu’on nettoyait les bijoux avec un type d’acide et qu’ensuite tout allait dans les toilettes. Normalement quand tu utilises cet acide tu dois aller à la déchèterie mais là je ne sais pas vraiment ce qu’ils en faisaient. Du coup même ça je le vire et je trouve des alternatives comme travailler avec du vinaigre blanc. 

En plus de travailler avec des matériaux recyclés et certifiés RJC, 3% du prix de vente en ligne de tes bijoux est versé sous forme de don à Sea Shepherd France. Pourquoi as-tu choisi cette association ? 

C’est une ONG que je suis depuis longtemps. Ils avaient fait une série où on pouvait les suivre sur leur bateau et j’étais vraiment à fond ! Même leur identité de pirate et tout j’adore donc je soutiens à fond !  Si je pouvais j’en choisirais mille mais c’est celle avec qui j’ai eu envie de m’associer pour l’instant. 

Concrètement je peux suivre ce qu’ils font pour la faune marine. Par exemple en ce moment ils sont à Mayotte pour protéger les tortues victimes des braconniers qui les attrapent pour leur viande. J’ai un bijou qui s’appelle « Tortue » donc j’en profite pour partager l’information. 

Bague Porc-épic

Boucles d’oreilles Orque 

Es-tu optimiste pour l’avenir de notre terre ? 

Franchement pas beaucoup. J’aimerais bien mais ce n’est pas le cas. Je ne sais pas si c’est le fait de chercher des informations tous les jours sur les animaux qui me fait dire ça mais en tout cas ce qui nous attend n’est pas forcément très beau. 

Avec ces histoires de confinement on a vu que ça allait un peu mieux sans toute cette productivité mais finalement ça repart de plus belle. Ce n’était pas forcément positif pour les animaux parce qu’ils ont commencé à envahir les villes mais quand tout a repris ça a fait un carnage. Maintenant on autorise même la chasse pendant le confinement… 

J’ai envie d’y croire et c’est pour ça que j’essaye de faire ce que je peux à mon échelle. 

Pendant le confinement comment peut-on acheter tes créations ? 

Quand on est sur Montpellier on peut me contacter sur Instagram pour savoir si j’ai les choses en stock et combien de temps ça prendrait. Il y a une belle solidarité dans le quartier du coup la boutique qui est en face de la mienne m’a proposé de faire du click and collect parce qu’ils sont toujours ouverts. Après sinon il y a le site Internet ! Pour les commandes sur-mesure vous pouvez me faire un mail et j’y répondrai avec toutes les possibilités.

Instagram : @faunebijouterie

Site Internet : www.faune-bijouterie.com 

Café Rosa, un café féministe et inclusif

Café Rosa, un café féministe et inclusif

logo – @sergepiqure

Des bancs de l’université de sociologie au café féministe et inclusif, Mélodie et Justine ont concrétisé des années d’études et de recherche. Quoi de mieux que d’ouvrir un lieu de vie et d’échanges pour incarner la prise de conscience qui s’opère sur les réseaux sociaux ? Pour les deux amies c’était une évidence. Pour accueillir tout le monde, dans toute sa diversité, le Café Rosa posera bagage dans le 7ème arrondissement de Lyon. Une rencontre, de l’inclusivité et des projets, une belle promesse qu’il nous tarde de découvrir.

L’histoire a débuté pendant le confinement. En effet les deux jeunes femmes se sont rendues compte de leur envie commune de donner davantage de relief à leurs 10 années d’études en sociologie.

Justine s’est lancée un matin après une remise en question de sa poursuite dans le milieu universitaire :

« On lance un café librairie féministe ? »   

Mélodie qui réfléchissait comment articuler ces recherches dans un bouquin ou un reportage :

« On s’appelle tout à l’heure ! » 

Un projet à leur image 

A la suite de cet échange, tout s’est enchaîné assez rapidement.

« On avait les mêmes envies : ouvrir un maximum la diffusion des savoirs et la transmission et tout ça articulé autour des droits des femmes et des minorités », explique Mélodie.

Une vision commune donc qui les a poussé à lancer, fin juin 2020, leur première campagne d’adhésion. Celle-ci leur a permis de savoir si le projet enthousiasmait au-delà de leur sphère privée. Les adhérents, lorsque le café sera ouvert, pourront assister aux événements à prix libre et consommer de l’alcool sur place.

Plus qu’un simple café, Mélodie et Justine envisagent d’organiser de nombreux événements : des conférences, des groupes de paroles, des ateliers d’écriture ou encore des rencontres.

« Nous veillerons que dans notre programmation il y ait une pluralité des regards, des personnes trans quand on parle de trans identité, des militants.es, mais aussi des mondes professionnels divers comme la santé, la cuisine, le droit, etc. », affirme Justine.

Toujours dans l’idée de décloisonner le monde académique au service du plus grand nombre, elles voudraient également faire profiter de leurs viviers universitaires en invitant des chercheurs.euse.s désireux.euses de faire de la vulgarisation. De quoi s’abreuver de bonnes boissons tout en écoutant, en apprenant et en partageant. 

L’inclusivité comme règle stricte

Justine et Mélodie n’ont pas souhaité faire les choses à moitié. Avec une programmation si alléchante il fallait absolument que tout le monde se sente le bienvenu. Pour commencer les deux compères ont réfléchi à une carte des boissons aux prix les plus bas. Celle et ceux qui le désirent pourront également manger sur place leur propre nourriture si le prix d’une assiette servie dans leur établissement est trop élevé. Elles ont aussi pensé à l’aménagement de l’espace pour toutes les mobilités,

« On n’hésitera pas à casser une cloison pour élargir les portes, mettre des rambardes et des rampes, notre café sera aux normes PMR (Personnes à mobilité réduite) », affirme Justine et Mélodie.

Pour que leur établissement soit le plus inclusif possible elles mettront à disposition des protections hygiéniques dans les toilettes et organiseront des collectes.

Pour continuer dans leur démarche les deux femmes assurent que « tout propos ou comportements sexistes, transphobes, putophobes, homophobes, grossophobes seront proscrits ». Les exigences qu’elles se sont fixées permettront, elles l’espèrent, que « tout le monde puissent s’emparer de ce lieu et se sente libre de poser des questions ».

Pour les curieuses et curieux, encore un peu de patiente, le Café Rosa est en plein travaux ! Mais ne vous inquiétez pas, l’équipe de Cacti est aux aguets pour vous donner le top départ de ce nouveau lieu féministe et inclusif, bref le café nouvelle génération

Pour adhérer au Café Rosa, rendez-vous sur leur page HelloAsso en cliquant ici

Pour suivre l’actualité du café, Clémentine et Justine vous attendent sur leur page Instragram : @_cafe_rosa_

Par Noémie Perrin 

La marche d’une survivante

La marche d’une survivante

La marche d’une survivante

Déjà 1300 kilomètres de marche contre les violences sexistes. Marie Albert a décidé de faire le tour de France à pied et de dédier son voyage aux violences faites aux femmes.

Débuté il y a maintenant deux mois et demi, son « Survivor Tour », comme elle l’appelle, est né d’une prise de conscience personnelle mais aussi de notre société actuelle. Dans le Nord de la France, Marie continue sa marche fatiguée mais toujours déterminée. 

A 26 ans, Marie Albert est journaliste de formation. Amoureuse des voyages, elle part un an en Russie puis visite l’Europe de l’Est. Après quelques années d’études et de voyages, Marie refuse de reprendre l’avion pour des raisons écologiques, là débute son engagement pour la planète puis par la suite pour le mouvement féministe.

Le chemin de Compostelle, le début d’une marche politique  

Pour Marie ne plus prendre l’avion n’est pas synonyme de ne plus voyager, bien au contraire. Elle se lance dans un périple de 3 ans dont l’objectif est de relier Paris à Saint-Jacques-de-Compostelle. À l’origine le pèlerinage de Compostelle est une marche catholique entreprise par de nombreux croyants. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire je me suis faite agressée de nombreuses fois durant ce voyage. J’ai croisé de nombreux exhibitionnistes », confie Marie. C’est là qu’elle décide de donner un sens politique à sa marche et va dédier les derniers 700 kilomètres aux femmes victimes de féminicides en France. Via son compte Instagram @mariealbertfr ainsi que son blog mariealbert.info, elle décide de parler tous les jours d’une femme morte sous les coups de son compagnon ou ex compagnon. 

Le tour de France pour les survivantes  

Après Saint-Jacques-de-Compostelle, Marie décide de faire le tour de France. Avec son sac à dos, sa tente, son sac de couchage, ses chaussures de randonnée et son tee-shirt « Survivante » elle débute sa marche à Dunkerque il y a deux mois et demi et a pour objectif de relier Brest. Cette fois-ci Marie a souhaité donner un sens plus large à sa marche en la dédiant à toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. « Je voulais montrer qu’en tant que femme je ne suis pas plus en danger dans la forêt qu’en ville ou à mon domicile », explique Marie. Grâce à son compte Instagram, la randonneuse partage avec ses abonné.e.s son expérience mais aussi de nombreux témoignages de femmes victimes de viol, d’agressions sexuelles et autres violences sexistes. « Ensemble nous sommes les survivantes ». 

Si cette marche permet une prise de conscience des violences que subissent les femmes dans notre société, Marie a souhaité relayer la cagnotte de l’association Parler qui organise des groupes de parole en France pour les femmes victimes de violences sexuelles. En voici le lien : Cagnotte PARLER.

Une marche en solitaire 

A raison d’une vingtaine de kilomètres tous les jours depuis deux mois et demi, Marie a déjà réalisé les trois quarts de l’objectif qu’elle s’est fixée. Depuis le début de sa marche, la randonneuse prend ses précautions lorsque la nuit tombe : « La règle numéro une à respecter c’est de toujours être invisible depuis le chemin ou la route ». La majorité du temps, Marie dort dans sa tente en pleine forêt et n’a jamais eu de problème même si elle reste aux aguets la majorité de la nuit, « au moindre bruit on se réveille, c’est animal », confie Marie. Grâce à son expérience du voyage seule, Marie encourage les femmes à se réapproprier l’espace public. Elle a d’ailleurs reçu de nombreux messages de femmes désormais prêtes à se lancer dans l’aventure avec moins d’appréhension. 

Si Marie Albert est conscience que son projet « ne fera pas changer le système; c’est déjà une première étape vers une société qui, peut-être un jour, ne reposera plus sur le patriarcat ». C’est pour continuer à faire avancer les choses mentalités que la randonneuse a prévu de poursuivre son tour de France l’année prochaine puis pourquoi pas un tour d’Europe et un tour du monde…

Lorsque Marie marche, la majorité du temps ce sont des podcasts qui défilent dans ses oreilles. En voici quelques uns : 

Floraisons (Pour un mouvement de résistance écologiste, libertaire, féministe et antiraciste)

La Matrescence (le podcast qui parcoure la vie des parents ou futurs parents pour leur donner des outils, des clés grâce à des interviews de professionnels et des témoignages de parents)

La Poudre (Au micro de Lauren Bastide, écrivain.e.s, artistes, chercheur.e.s et militant.e.s se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines)

Elle est également l’autrice du podcast Marie Sans Filtre qu’elle alimente de ses différentes expériences personnelles souvent influencées par le patriarcat, qu’elle déconstruit en nous livrant ses techniques de resistance. 

Par Noémie Perrin

Récit d’histoires oubliées « Les espionnes racontent »

Récit d’histoires oubliées « Les espionnes racontent »

Récit d’histoires oubliées « Les espionnes racontent »

Et si les figures de l’espionnage international étaient des femmes ? Chloé Aeberhardt a décidé de mener l’enquête il y a quelques années et a publié en 2017 « Les espionnes racontent » (Robert Laffont). Aujourd’hui retranscrit en mini-série sur Arte, c’est Aurélie Pollet qui nous plonge dans l’univers de ces femmes qui ont donné leurs vies à leur pays. C’est grâce à leurs confidences, leurs opérations spéciales mais aussi aux faits historiques que nous pouvons enfin reconstruire l’histoire complète de l’espionnage. Entretien croisé avec Chloé l’autrice et Aurélie la réalisatrice de la série « Les espionnes racontent ».

Pourquoi avoir choisi de parler des espionnes ?

Chloé Aeberhardt : Au début je n’avais pas le projet d’en faire un livre, ni autre chose. J’étais journaliste indépendante, je travaillais notamment pour la presse féminine et j’étais toujours en train de chercher des idées de sujets. En 2010 les Américains ont identifié et expulsé 10 espions russes parmi lesquels une jeune femme qui s’appelait Anna Chapman et qui correspondait parfaitement aux clichés de l’espionne telle qu’elle est représentée dans la fiction : plantureuse, rousse aux yeux verts, très belle. Comme le public raffole des histoires d’espionnage, les médias se sont emparés de l’affaire, et de cette femme si photogénique en particulier. D’ailleurs moi la première puisque je travaillais pour un magazine féminin qui n’était pas féministe.

Je me suis penchée sur elle, j’ai essayé de comprendre qui elle était et comment elle opérait sur le sol américain. À cette occasion j’ai interviewé un ancien des services secrets français qui m’a raconté comment ce type d’agent de renseignements travaillait. Nous avons discuté longtemps. Je me suis dit qu’au-delà du cas Chapman, la question du rôle joué par les femmes dans le renseignement méritait d’être traitée plus largement. D’autant que dans mes recherches je me suis rendue compte qu’il y avait très peu de littérature sur le sujet – surtout des livres d’historiens, souvent des hommes, qui s’intéressaient toujours aux mêmes figures comme Mata Hari ou Josephine Baker. Ils avaient tendance à entretenir le mythe de la séductrice, ou de l’espionne qui pratique l’espionnage par « goût de l’aventure », « romantisme ». J’ai décidé d’écrire le portrait de ces femmes en les rencontrant et en leur donnant la parole. Je voulais voir si la réalité correspondait vraiment au mythe. Je me doutais bien que ce ne serait pas toutes des bombes à fortes poitrines qui faisaient l’amour à tout va. Je me suis dis « je vais quand même vérifier » (rires). 

Aurélie Pollet : Ma mission dans l’aventure c’était d’adapter le livre de Chloé en film d’animation. J’ai rencontré Chloé grâce à la société de production qui nous a mise en relation. L’idée c’était de retranscrire ce qui est déjà dans son livre, par exemple le fait qu’elle se mette en scène en train de rencontrer ces femmes qu’elle a découvert à travers le monde. Elle a vraiment mené une enquête journalistique assez pointue pour pouvoir accéder à toutes ces personnes qui ne sont pas forcément faciles d’accès. L’idée c’était aussi de retranscrire son travail journalistique dans la série. Evidemment de faire les portraits de ces femmes mais aussi de dévoiler son travail de recherche.

Combien de temps avez-vous mis à réaliser la série ? 

Aurélie Pollet : La réalisation de la série a été un long travail. C’était passionnant alors je ne vais vraiment pas me plaindre. On a mis plus d’un an à la faire. On était une équipe réduite donc notre process c’était déjà de commencer par les textes. Avec Chloé on a travaillé à l’adaptation des textes pour qu’ils soient conformes au format du film d’animation. On a vraiment calibré les textes pour une narration en six minutes avec les contraintes de fluidité qui vont avec. Cela implique de couper pas mal de choses de l’enquête journalistique de base et donc de faire des choix. C’est pour ça aussi que c’est intéressant de lire son livre parce que ça permet de vraiment rentrer en profondeur dans chacune des histoires.

Ensuite une fois que tous les textes sont bien calibrés moi j’ai fait toutes les illustrations, tous les décors, j’ai créé les personnages et j’ai fait le story board. J’ai aussi fait l’animatique c’est-à-dire que c’est comme un film d’animation mais vraiment synthétique avec les mouvements de base, sans rentrer dans l’animation en détails. Et ensuite j’ai travaillé avec deux animateurs qui ont fais toutes les animations de la série. On était vraiment une petite équipe avec en plus la personne qui s’occupe de la musique et des sons.

Comme vous le disiez Chloé c’est un monde secret, j’imagine que vous avez passé beaucoup de temps à chercher ces femmes ?

Chloé Aeberhardt : Oui. Oui oui ! Entre le moment où j’ai commencé mon enquête jusqu’à la publication du livre, 5 ans se sont écoulés. L’immense majorité des 5 ans ont été consacrés à la recherche plus qu’à l’écriture. Il y avait deux cas de figure. Certaines femmes étaient devenues des personnages publics et étaient faciles à trouver comme Stella Rimington, l’ex-patronne du MI5. On ne l’a pas retenue pour la série mais elle apparait dans le livre. Il y a aussi Gabriele Gast, l’Allemande qui a été la taupe des services Est-Allemand en Allemagne de l’Ouest : elle a été emprisonnée puis jugée et elle a écrit ses mémoires donc c’est quelqu’un de public. Ces femmes-là il a fallu les convaincre et paradoxalement ce n’était pas les plus faciles ! Autrice de best-sellers, Stella Rimington n’avait pas grand chose à gagner à me parler. Quant à Gabriele Gast, ces 17 ans passés à travailler pour la Stasi correspondent à une période douloureuse de sa vie, elle a fait son travail thérapeutique en écrivant son livre et maintenant elle ne veut plus en entendre parler. Voilà pour les personnalités publiques.

Après il y avait toutes celles dont j’ignorais l’existence et qu’il a fallu que je trouve. J’ai commencé par constituer un réseau d’anciens officiers de renseignement français, qui ont contacté leurs anciens contacts étrangers pour savoir s’ils avaient travaillé avec des femmes. Il s’agissait de gagner la confiance d’un premier cercle pour qu’ensuite ils m’ouvrent leurs carnets d’adresses et que peu à peu des amis, des amis d’amis… trouvent une femme. Qu’il fallait ensuite réussir à convaincre….

Pour certaines, votre rencontre leur faisaiENt-elleS du bien ?

Chloé Aeberhardt : C’est une bonne question. Dans le livre je m’interroge là-dessus car presque toutes m’ont offert un cadeau à la fin de notre rencontre. Je trouvais étrange qu’elles me remercient alors que c’étaient elles qui m’avaient donné quelque chose. C’est donc que de leur point de vue il y avait eu un échange… Je ne sais pas exactement ce qui a poussé chacune à me parler. Je soupçonne Gabriele Gast d’avoir accepté pour se débarrasser de moi – cela faisait deux ans que je la sollicitais ! Avec elle, le discours féministe n’a pas trop mal marché.

De façon générale, elles ont été assez sensibles au fait que je veuille rectifier le tir dans la façon dont l’histoire du renseignement a été écrite, en rendant aux femmes leur juste place. Pour convaincre les Russes, j’ai utilisé la corde nationaliste, en leur disant que j’avais déjà interviewé deux Américaines, et que sans elles mon propos sur la guerre froide serait déséquilibré. Au final je pense que vous avez raison, toutes ont accepté plus ou moins consciemment parce que cela devait les soulager de raconter ce qu’elles ont accompli au cours de leur existence. Le fait même d’être écoutées donne une forme de réalité à ce qu’elles ont vécu et à ce qu’elles sont. D’une certaine façon, les écouter c’est déjà les reconnaître. Or la reconnaissance, c’est précisément ce qu’elles n’ont pas eu.

Pourquoi avez-vous centré vos recherches sur la guerre froide ?

Chloé Aeberhardt : Au départ, pour des raisons pragmatiques. Je me suis rendue compte que les femmes encore en activité ne parlaient pas ou trop peu : au mieux elles sont autorisées à évoquer leur parcours, le recrutement, la formation, les cas de sexisme dans les bureaux mais elles ne peuvent rien dire de précis sur leur travail. Or je tenais absolument à pouvoir raconter des dossiers, des opérations de terrain. Seules les femmes à la retraite étaient disposées à partager ce type de récits. Elles avaient travaillé entre 1960 et 1990, donc pendant la guerre froide, ce qui s’est avéré idéal, puisque c’était l’âge d’or de l’espionnage.  A l’époque, le renseignement humain était majeur, alors qu’aujourd’hui les services secrets reposent énormément sur le renseignement technologique. Ce qui m’intéressait le plus, c’était de raconter le traitement des sources humaines, donc cela tombait très bien.

Comment avez-vous réussi à retranscrire l’atmosphère de l’époque ? 

Aurélie Pollet : J’avais vraiment envie de plonger les téléspectateurs dans une ambiance la plus juste possible par rapport à la réalité de l’époque pour vraiment faire passer les informations autrement que par le texte. Il y a un gros travail de documentation derrière. Un des points important à vous dire c’est que cette série a été possible à faire en animation mais elle aurait été beaucoup plus difficile à faire en prise de vue réelle. Il aurait fallu reconstituer tous les décors de l’époque et puis les espionnes auraient refusé d’être filmées. Elles ne voulaient pas apparaitre à l’image, même si elles ont accepté de répondre à Chloé elles sont discrètes. Par exemple Gabriele, l’espionne allemande veut vraiment vivre loin de cette histoire et de son passé, Chloé a déjà eu beaucoup de mal à avoir son témoignage alors elle n’aurait jamais accepté d’être filmée. Au début la boite de production qui a contacté Chloé imaginait plus une série en prises de vues réelles et tout de suite ils se sont rendus compte que ce n’était pas possible et c’est là qu’ils m’ont contacté.

Dessin réalisé par Aurélie Pollet, extrait de l’épisode “Ludmila, dans la peau d’une autre pour le KGB”

Au début du premier épisode vous nous décrivez brièvement la vision collective des espionnes comme des femmes sexy qui couchent pour arriver à leur fin. Pourquoi avons-nous cette vision là ? 

Chloé Aeberhardt : Ce n’est pas simple. Un certain nombre de services font appel à des prostituées pour compromettre des diplomates en poste à l’étranger. Cela a existé et existe toujours. Dans un souci d’efficacité narrative, et peut-être parce que cela nourrissait leurs propres fantasmes, les scénaristes et les romanciers ont pu faire un raccourci en écrivant que ces femmes faisaient partie des services – à moins que ce ne soit le public qui ait fait l’amalgame ? Le renseignement est un univers tellement secret qu’il invite à tous les fantasmes, le droit de tuer, le sexe.

Pour vous Chloé et Aurélie, pourquoi de nombreuses femmes ont été rayées de l’histoire de l’espionnage international ?

Chloé Aeberhardt : Je pense qu’il y a une bonne raison : elles étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes. Toutes celles que j’ai rencontrées avaient un point commun : elles étaient parmi les premières femmes dans leur service ou leur domaine d’activité. Au départ, Stella Rimington, pour le MI5, et Jonna Mendez, pour la CIA, occupaient des postes subalternes de type secrétaire. Au final, chacune à son niveau a explosé un plafond de verre. Les plus conservatrices d’entre elles ne le formuleraient pas ainsi, car elles ne veulent pas avoir l’air féministes, mais de fait, elles ont contribué au rééquilibrage des sexes dans leur domaine.

Une autre explication m’a été donnée par certains interlocuteurs masculins, qui prétendent que les femmes se valorisent moins que les hommes. Je suis toujours un peu gênée par les généralités de ce genre, et n’ai pas de réponse évidente là-dessus. Les Américaines, par exemple, sont assez fortes pour écrire leurs mémoires et monétiser leur expérience via des conférences… Il n’empêche, le fait est que nos sociétés ont plutôt tendance à mettre en valeur les hommes, surtout si cela correspond à l’imaginaire collectif et que les femmes répugnent à se gargariser de leurs exploits.

Aurélie Pollet : Yola a joué un rôle vraiment très important dans l’affaire d’exfiltration des falashas dont on parle dans l’épisode sur le Mossad. En fait ce fait historique est assez connu et il a d’ailleurs été adapté au cinéma récemment. Dans le film Yola a un rôle très secondaire et ils ne mettent pas du tout l’accent sur l’importance qu’elle a joué dans l’opération. C’est une constante. C’est aussi un milieu très militaire donc patriarcale et traditionnel. D’après Chloé ce n’est pas un milieu qui privilégie la mise en avant du rôle des femmes.

Ce qui l’a vraiment fortement marqué dans toutes ces rencontres c’est le besoin de reconnaissance de toutes ces femmes qui ont joué un rôle important mais qui n’a pas été suffisamment valorisé. Jonna Mendez passe derrière son mari, celui qui a inspiré le personnage principal du film Argo joué par Ben Affleck, alors qu’elle a eu un rôle tout aussi important que son mari dans les opérations. Mais voilà dans toutes les adaptations qui sont faites c’est souvent lui qui est mis en avant plutôt qu’elle.

Extrait de l’épisode “Jonna, Hollywood à la rescousse de la CIA” 

Extrait de l’épisode “Yola, l’hôtel du Mossad” 

Qu’elle est la rencontre qui vous a le plus marqué dans toutes ces femmes ? 

Chloé Aeberhardt : C’est très compliqué de répondre car elles m’ont toutes marquée de différentes façons. L’histoire avec Ludmila et le KGB est extraordinaire dans les faits mais aussi du point de vue de l’enquête journalistique. Je le raconte dans le livre, mais c’était assez impressionnant d’aller à Moscou pour rencontrer le KGB, d’autant qu’à l’époque les relations franco-russes étaient tendues. En outre, c’était assez troublant car les deux Russes que j’ai rencontrées ne comprenaient pas toujours mes questions. Quand je leur parlais de leur vie privée, elles appelaient ça des « questions psychologiques » et n’en voyaient pas l’intérêt. Lorsque j’ai demandé à Ludmila comment sa fille a réagi quand elle a appris que sa mère n’était pas allemande, comme elle le prétendait, mais russe, et qu’elle travaillait pour le KGB, elle m’a répondu : « Elle était fière. Fière de ce que j’avais accompli pour la patrie. » Impossible de savoir si c’était la vérité, ou une forme de propagande. En tout cas c’était assez perturbant, cette façon qu’elles avaient de cacher toute intériorité. Même à leur âge ces femmes sont toujours des soldats.

Actuellement, est-ce que le monde de l’espionnage a changé ? Ou les femmes sont-elles toujours invisibilisées ?

Chloé Aeberhardt : Il y a plus de femmes mais elles restent minoritaires sur le terrain. Le contexte a également beaucoup changé. A l’époque de la guerre froide, c’était assez simple : le monde se divisait en deux blocs. Aujourd’hui, la rivalité entre les Etats-Unis et la Russie existe encore, mais d’autres puissances économiques et culturelles comme la Chine ont émergé. Le terrorisme international contribue également à complexifier la grille de lecture. La guerre contre le terrorisme n’a pas de frontière, et l’ennemi n’est pas toujours identifié.

Aurélie Pollet : Ça bouge un petit peu mais c’est quand même loin d’être paritaire.  On en entend un peu plus parler depuis quelques années mais je pense que c’est lié au contexte global. Au sein même des agences je pense que ça reste encore très organisé autour de l’homme et très patriarcal. 

“Les espionnes racontent” diffusé sur arte a été nominé pour le festival du film d’animation d’annecy qui se tiendra cette été en mode digital !

POUR RETROUVER TOUS LES EPISODES CLIQUEZ ICI

Pour vous procurer le livre “Les espionnes racontent” cliquez ici.

Le roman qui vous prend en « Otages »

Le roman qui vous prend en « Otages »

Le roman qui vous prend en “Otages” 

Nina Bouraoui, autrice du roman “Otages”. Photo ©Francesca Mantovani 

C’est l’histoire banale d’une femme banale. Immergés en plein coeur de ses pensées, ses secrets, son quotidien et ses angoisses le personnage principal de ce roman reflète plus que jamais les inégalités de notre société, ses failles. Sorti au tout début de l’année 2020, « Otages » est un roman signé Nina Bouraoui. L’autrice nous raconte avec brio l’histoire fictive d’un destin brisé, celui de Sylvie Meyer, 53 ans, mère de deux enfants et séparée de son mari depuis 1 an.

Avant d’être publié aux éditions JC Lattès, Nina Bouraoui a écrit « Otages » à l’occasion du Paris des Femmes, un festival dédié aux autrices. Le court texte introductif nous apprend que la pièce de théâtre, rencontrant un fort succès, a été jouée dans de nombreux théâtres dont le Théâtre du Point du Jour à Lyon. L’autrice poursuit :

« Le destin de mon héroïne ne cessant de se raccorder au chaos du monde, j’ai écrit une nouvelle version, inspirée puis échappée du théâtre en hommage aux otages économiques et amoureux que nous sommes. » 

Pour renforcer l’immersion dans le quotidien de Sylvie Meyer, Nina Bouraoui a entièrement écrit son récit à la première personne. C’est Sylvie qui nous parle et nous fait ressentir ses émotions. Tout commence par son histoire sans folie avec son mari, les circonstances de leur rupture et leur vie vécue d’un amour qui ne se manifeste que trop rarement. Le récit avance et nous comprenons davantage le mal-être de cette femme.

Un deuxième homme intervient, Victor Andrieu, le patron de la Cagex, l’entreprise de caoutchouc dans laquelle Sylvie travaille depuis 21 ans. Ici c’est une emprise presque viscérale que cette homme exerce sur elle. Les longs monologues de Victor Andrieu nous le prouve puisqu’il est l’auteur non seulement des questions mais aussi des réponses de Sylvie :

« Vous savez à quel point je vous fais confiance ? N’est-ce pas ? Vous le savez Sylvie ? Et j’ai une morale. Si vous m’aidez je vous protégerais. C’est le contrat entre nous. » 

Chargée de faire des classements sur les performances de ses collègues, de les observer toute la journée, Sylvie est entrainée dans une spirale qui ne cesse de continuer de la broyer. Tantôt fière de cette mission, tantôt écoeurée Sylvie craque. 

L’avancé de la forme du récit nous pousse à comprendre les motivations de Sylvie Meyer à commettre cette acte. A travers son histoire avec son patron, elle parle aussi de son mari. Comme pour le justifier de sa fuite et pour elle de sa dégringolade. Lors de la prise d’otage Sylvie prend le dessus et nous lisons, presque écoutons, tout ce qu’elle a sur le coeur. 

Ce n’est pas un coup de tête, ni un coup de folie. Lors de la lecture de ce livre nous ne pouvons nous empêcher de ressentir de l’empathie pour cette femme. Son acte a été définit par une vie de sacrifice et de blessures. Nous sommes non seulement les témoins d’un morceau de vie de Sylvie mais aussi les témoins des nombreuses figures masculines qui ont détruit sa vie. C’est une critique d’un système économique toujours plus productif et manipulateur ainsi que d’un système judiciaire violent envers les femmes. 

Ce livre est d’une justesse incroyable et nous permet surement de nous libérer un peu de notre société.

 

Nina Bouraoui est une romancière française, autrICe de nombreux livres à succès. A travers ses ouvrages elle aborde différents thèmes : l’identité, le déracinement, le désir, ou encore l’homosexualité. Ces premiers romans datent des années 90 et parlent déjà des conditions des femmes entremêlées avec d’autres sujets comme la mort ou la guerre.