Amandine Giloux, la saveur d’une image

Amandine Giloux, la saveur d’une image

Amandine Giloux, la saveur d’une image

Personne ne sait mieux faire rimer poésie et macaroni qu’Amandine et ses images aux saveurs captivantes. Un peu grotesques, un peu lyriques, toujours drôles, Amandine s’amuse des conventions en les faisant savamment dégouliner. Du papier à l’écran, elle n’a pas peur de s’en foutre plein les doigts pour piquer au vif du message. Entre photo et graphie, c’est avant tout une histoire qu’elle nous sert.

Et on n’en a jamais assez !

S’approprier l’expérience de la dégustation en image, comment on fait ça Amandine Giloux ?

Ah c’est simple attends !

Dans ta question, il y a le mot expérience, et je crois que ce que j’aime le plus dans la vie, c’est de créer des expériences, visuelles, qui seront connectées aux émotions et aux sens. Et la nourriture, ça a ce pouvoir là déjà… de connecter l’esprit et le ventre… en passant par le coeur.

Pleins de gens appellent cela la madeleine de Proust. Moi j’appelle cela La saveur d’une image. 

Alors pour créer de belles expériences visuelles, il faut se mettre en mode laboratoire créatif, choper pleins d’ingrédients : des couleurs, des textures, pour activer les perceptions, des objets symboles, pour générer les mondes et les histoires, et après, le but c’est de créer l’émotion, avec l’agencement du set, le cadrage et la lumière. 

D’un côté, c’est beaucoup de paramètres prévus, et travaillés, mais après, au moment de tout mettre ensemble, je met en route un état émotionnel hyper-instinctif et je me laisse porter, je sais jamais vraiment où je vais arriver. Ce qui est certain c’est que ma croyance profonde à ce moment là, c’est que ça va nous décoller la rétine ! C’est ça qui me drive au quotidien, cette passion là.

Color food – Direction artistique & stylisme culinaire : Amandine Giloux. Photographies : Oram Dannreuther

Qu’est-ce que ça évoque en toi, artistiquement, la nourriture ?

Créer une image, en vérité c’est un jeu de séduction avec les yeux-publics. Il faut donner quelque chose de pétillant et en même temps pas trop…. 

 Il faut qu’il y ait du désir tu vois… Dans un sens érotique large… Eros c’est le dieu de l’amour et de la force créatrice.Le désir c’est créer une attraction électrique avec du plus et moins. Tout ce qui n’est pas là va pouvoir être fantasmé à guise. Le mot désir, étymologiquement, ça vient de Sidius : l’étoile ; donc DE-SIR c’est l’étoile qui n’est pas là, l’étoile filante. Le désir, c’est la nostalgie de quelque chose qui nous manque.

Alors autant te dire que créer du désir avec de la nourriture, c’est un terrain de jeu immense et vraiment sympa. En tout cas, pour entamer ce langage, j’attache beaucoup d’importance aux symboles et aux différentes couches de lectures.

Make the sausage great again – à retrouver dans Cacti #11

Comment est-ce que la nourriture prend vie dans tes créations (PS : est-ce que les asperges sont des meilleures modèles que les humains?) 

Alala, c’est cette histoire d’émotion tu vois. Pour ressentir une émotion, on doit se connecter à quelque chose que l’on a déjà connu, quelque chose de mimétique. Parfois ça se joue au millimètre  Je peux passer 2h30 à ajuster des céleris ensemble sur un plateau de shoot, pour être sûre qu’on va avoir l’impression d’être dans une forêt paradisiaque. Et ça peut devenir obsessionnel presque ! 

J’ai fait un film récemment dont les deux personnages principaux sont un oeuf, une femme, et une asperge, un homme… (De là à dire que je préfère les asperges aux homme, on va pas exagérer non plus !) Ce film s’appelle Tempête Gribiche, à la base, c’est la recette des asperges Gribiche… Ca c’est la première couche de lecture… Tu prends un oeuf, des asperges, de l’eau, tu fais bouillir, tu fais de la Mayo, tu bois les oeufs dedans pour la sauce Gribiche, et hop dans la bouche. Mais ce que j’avais envie c’était de rendre ça intense, apocalyptique, et drôle aussi. Du dramaqueenisme digne de la meilleure pleureuse italienne. Alors la 2ème couche de lecture, c’est ça, c’est la tempête, le vent, les cris, un geyser, une inondation, un vortex, un drame théâtral.

Et puis, parler d’amour… Toujours. Parce qu’une table en soit, c’est l’endroit des plus grand moments de la vie. On se connait autour d’une table, on se sépare, on annonce les grands changements, on prend les grandes décisions. Une table, c’est toujours bien rangé, très codifié, il y a une communication non-verbale de dingue… Et moi, j’ai envie de montrer le chaos derrière les façades, mais de manière subtile, que ce soit poignant et marrant à la fois. Ça c’est la 3eme couche de lecture, la passion, et l’amour. Donc il y a la voix qui déclame un poème tout au long de la recette, une reprise d’INFERNO, de DANTE.

La vérité, c’est que ce plat évoque quelque chose de très spécial pour moi…Les asperges gribiches. 

WITHOUT FURTHER ADO… TEMPÊTE GRIBICHE ! 

Qu’est-ce que tu manges quand t’as la dalle VS quand tu mets les petits plats dans les grands?

Alors, je ne mange plus d’asperges gribiches, j’en peux plus… J’ai vu trop d’asperges ! Je crois que ma passion ultime de ces dernières années, c’est les légumes rôtis au four, c’est d’une grande simplicité, et c’est si savoureux.

Exemple : faire manger du choux-fleurs à mon enfant de dix ans et l’entendre dire “hummmm il est trop bon ton choux-fleur maman”, je peux t’assurer que c’est une de mes plus grandes victoires personnelles. Tu mets un choux fleur, badigeonné d’huile d’olive et de fleur de sel, 40 minutes et tu laisses rôtir, que ce soit marroné. En fait, quand ça rôti ce sont les sucres qui sont naturellement présents dans le légume qui caramélisent et sortent à la surface. Donc ça donne une saveur Sweet and Fierce, en faisant… rien ! Ca se décline sur tous les légumes, et ça vaut tant pour le lundi soir que pour ( feu ) les tablées de 15 copains.

Et en plus, c’est souvent profondément joli : regarde cette recette d’Alain Passard « Tarte à la tomate sur la branche »

Amandine Giloux, c’est elle ! 

Comment tu la vois la nourriture du futur?

Graphique ! On a besoin de se stimuler toujours plus. On est passé par le circuit-court et saisonnier… Retrouver la place et le sens de ce que l’on mange. Et c’est très bien. Mais on aussi envie de s’émerveiller, de manger un sandwich fantastique, aussi magique que bon, sensationnel et sensoriel. Alors je la vois graphique et inventive. Et notamment pour les enfants, la publicité redouble d’inventivité pour faire manger de la merde industrielle aux enfants, que ce soit sur les packagings ou sur les publicités télévisuelles.

Nous pouvons être inventifs pour inviter à une expérience de la dégustation multiple et complète, sur un produit, qui est déjà parfait en terme de goût et d’emprunte écologique.

Retrouve Amandine sur les internets

http://agil.studio

@amandine_giloux

Victoria Ducruet

Victoria Ducruet

Victoria Ducruet

Aujourd’hui nous rencontrons Victoria Ducruet, illustratrice, autrice de bande dessinée, directrice artistique et bien plus encore…

Comment est-ce que tu te présenterais à un job dating?

Je suis Victoria Ducruet, auteure-illustratrice. Après des études à la Haute École d’Art et de Design de Genève en illustration, j’ai cru juste de me diriger vers « un vrai métier » et c’est ce qui m’a amené à enseigner les arts plastiques puis à être Color designer pour une grande marque de sport. Je me suis trompée de cheval mais la balade était intéressante !

Par le biais de mon parcours, j’ai compris que le fonctionnement du cerveau humain ainsi que le fait de travailler la couleur étaient les deux thématiques qui me guidaient. Cette infos sous le bras, je me suis lancée il y a 8 mois dans ce qui me ressemble : l’Illustration.

Ça te dit de boire un drink avec moi ?!

Qu’est ce qui t’inspires? Comment est-ce que tu choisis ce que tu vas dessiner ?

Nous ! Les humains ! C’est mon sujet préféré. On pourrait dire que je dessine pour mieux comprendre comment nous fonctionnons. À partir de là, lorsqu’une thématique m’intéresse, j’ai simplement à vous écouter parler.

Je note mentalement les silences, les lapsus, les gesticulations, les subterfuges et les capitulations. Parfois toutes mes notes se rassemblent en une histoire, et d’autres fois en une illustration.

Qu’est-ce qui te rend heureuse quand tu travailles sur tes illustrations?

Dans une autre vie, j’aurais aimé être psychiatre ou microkinésithérapeute. Lorsque j’arrive à trouver la bonne composition avec la bonne phrase d’accroche et qu’en partageant mon travail quelqu’un me dit « Ah ! Ce dessin, c’est complètement moi ! ». Je me dis BANCO, j’ai réussi – à ma manière – à décortiquer le genre humain !

Quelles techniques utilises-tu ? 

Avec des feutres à l’eau, des crayons de couleur ou de l’encre de chine, je dessine les différents éléments d’une illustration séparément sur du papier, que je numérise ensuite pour réaliser des compositions. Cette technique me permet de me construire des banques d’images et de trouver le bon équilibre entre artisanat et technologie.

Qu’est ce qui t’empêche de dormir la nuit ?

En ce moment, à cause d’un sombre problème d’électricité, les volets de ma maison ne s’abaissent plus. Or, je vis au bout d’un chemin reculé et à flanc de montagne… J’ai peur des cambrioleurs et je me surprends à courir aux toilettes la nuit.

Quel est ton talent caché?

Je fais vraiment bien le poulet au curry. Certains diront que c’est Mon plat signature.

Et pour finir, avec qui aimerais-tu être coincée dans un ascenseur?

Quelle question ! Jusque-là, je faisais partie du CCAF – Le Club des Claustrophobes Anonymes de France. Je ne prends donc jamais l’ascenseur ! Après, admettons que je sois coincée dans celui de l’Empire State Building … je choisis Fabrice Luchini. Le temps passerait vite avec lui et si j’ai une attaque de panique, il saura toujours me réciter du Flaubert. 

Pour suivre les aventures de Victoria:

Son site internet

@victoriaducruet

La Seinphonie de Cécilie

La Seinphonie de Cécilie

La Seinphonie de Cécilie

Aujourd’hui on aimerait bien vous présenter Cécilie. Cécilie est auteure, artiste plasticienne curieuse professionnelle et plein d’autres choses qui se passent de mots. Cécilie crée avec presque rien et pratiquement tout. Dernièrement, elle a concocté un projet nommé SEINPHONIE.

A PROPOS DE SEINPHONIE

« Mon premier dessin était sur un mur, j’avais 2 ans et je n’habitais pas Lascaux. Mon premier sein est venu en paire, j’avais une douzaine d’années et j’étais ado. J’ai rencontré l’argile en octobre 2019, demandez-lui, il vous le confirmera. Je me suis évidemment prise pour Dieu sauf que moi, j’ai modelé des seins, comme un manifeste maternel de moi à moi. Comment je suis née, comment j’ai grandi et comment je ne suis pas morte. Le sein résonnait comme les saints, j’ai l’oreille musicale. Les devoirs qu’on nous dicte, le dessein à accomplir lorsqu’on est une femme en France, élevée dans un milieu catholique avec chaque jour un saint à souhaiter, alors…. J’en suis venue aux mains avant de trouver les mots. Et comme toujours, la joie me rattrape. Mes seins se sont animés sur le papier, bavards, absurdes et drôles ils sont une symphonie amusée, un essaim de bonne humeur dans un monde cinglé. »

Cécilie

« Il y a toujours quelque chose qui danse et rit dans le travail de Cécilie. Quand elle écrit, quand elle dessine, quand elle brode, malaxe, colle, coud ou tisse, l’artiste s’amuse des métaphores qu’elle file et rend sonores. Dans ce jeu de passe-passe plastique, c’est pour offrir, à nos drames, un corps poétique.»

 Lucileee* Bach – critique d’art & professeure, Docteure en Histoire et anthropologie de l’art

En attendant son exposition au Théâtre Comédie Odéon à Lyon, (à une époque post-corona), on lui a posé quelques questions…

Qu’est-ce que tu réponds à « et toi tu fais quoi dans la vie? »

Généralement une onomatopée du genre “Ouh la” parce que j’embrasse la vie de bien des façons et que j’en trouve chaque jour de nouvelles.
Qu’est-ce qui t’inspire et te rend heureuse dans ton art? 
L’austérité en général car je ne peux pas la supporter, et alors je produis en réaction de façon protéiforme. Fernando Pessoa a écrit “Agir c’est connaître le repos”,  j’y ajoute volontiers la joie.
La chanson pour illustrer ta vie? 

Hép kiddo, retrouve Cécilie et ses créations sur son site internet ou sur Instagram @belon_cecilie.

Par Claudia Bortolino

Louve – Sanguine

Louve – Sanguine

Louve – Sanguine

Laissez-nous vous présenter LOUVE, l’alter-ego de Maud Ferron qui nous livre son nouveau morceau SANGUINE, accompagné d’un clip sensuel et planant AUX ACCENTS éPICURIENS.

Tu peux nous décrire Louve en quelques mots et quelques émojis? 

Louve, c’est un peu mon alter-ego, celui qui me permet de m’exprimer différemment et librement. En fait, ce projet réunit tout ce que j’aime dans la création et l’art (le chant, la musique, la danse, l’acting, la réal, le stylisme…). C’est un projet dont j’ai toujours rêvé et avec lequel je ne me met aucune barrière. C’est comme si cet alter-ego me permettait de n’avoir peur d’aucun jugements (ou presque…) 
👑🍊🔮

 

C’est quoi être sanguine pour toi?

Être sanguine, c’est être confiante, guerrière, sensuelle et libre ! 

Si tu devais choisir un album comme BO de ta vie, ça serait quoi?

‘Virgin Suicides’ de Air. C’est un album que j’écoute en boucle depuis toujours, il m’inspire, me rend mélancolique et me fait rêver. 

Clip réalisé par Maud Ferron et Arnaud Khayadjanian

Retrouvez LOUVE sur Facebook et Instagram

                 Backstages du clip Sanguine

Recorta y mueve – collage & gifs

Recorta y mueve – collage & gifs

Recorta y mueve – collage & gifs

Ce mois-ci on vous présente ANGY ABBRUZESSE, une artiste vénézuélienne, et son projet recorta y mueve: des collages et gifs mElant dessin à la main, illustration digitale et des billets de banque comme matière première.

 

” It is important to question our preconceived notions through creativity, and open ourselves to the idea that everything can be used as a material of play and strategy, even if it is paper money, something so deeply rooted to its conventional use.” 

“C’est important de remettre en question nos idées préconçues par le biais de la création, et de s’ouvrir à l’idée que tout peut être utilisé comme matière de jeu et stratégie, même des billets de banque, quelque-chose de très rattaché à son utilisation conventionnelle.” 

When strangers ask « so what do you do in life? », what do you usually answer?

I study and make gifs.

Quand un étranger te demande ce que tu fais dans la vie, tu réponds quoi?

Je fais des études et des gifs.

What brings you joy in your work?

To feel that it is a game.

Qu’est-ce qui t’apporte de la joie quand tu travailles?

De ressentir que c’est un jeu.

What’s your secret talent?

I make good life plans.

Quel est ton talent caché?

Je fais des bons plans de vie !

And finally, if you could live in a movie, which one would it be?

I would live in The Mask.

Et pour finir, si tu pouvais vivre dans un film, lequel ça serait? 

Je vivrais dans The Mask.

Retrouvez Recorta y Mueve sur son site et Instagram