Xaviera Altena

Xaviera Altena

Ce mois-ci on vous présente l’illustratrice hollandaise Xaviera Altena et son univers 90’s & pop.

Dans un interview en anglais et en français, bim Cacti international! 

When you introduce yourself to a stranger, what do you say about you? And about your work?
Well, I tell them my name, and I tell them that I am an illustrator. Often people do not really know what an illustrator does, so I explain to them that I draw for a living. 
Also the most common reaction is then « can you live from that?! », and then the usual explanation follows with how brands like to profile themselves through creativity, and that’s where illustrators, photographers and artists come in the picture 🙂
Quand tu te présentes à un inconnu, qu’est-ce que tu dis sur toi? Et sur ton travail?
Je leur donne mon nom et je leur dit que je suis illustratrice. Souvent les gens ne réalisent pas ce que fait un·e illustrateur·trice, donc je leur explique que je dessine pour gagner ma vie.
La réaction la plus courrante est de me demander « on peut en vivre? », et l’explication habituelle qui suit est que les marques construisent leur identité grâce à des créatif·ve·s et c’est là que les illustrateur·trice·s, photographes et autres aristes entrent en jeu 🙂
What inspires you? How do you choose what you’ll draw?
I get inspired by all the little things in my daily live. From shopping in thrift stores, reading articles online to just simply browsing on Pinterest if I really need the inspo and can’t find it anywhere else.
Furthemore female action hero’s are very inspiring to me, I’d also like to stay up to date with what other illustrators make, and I read the news everyday. I just emerge myself in all kinds of topics, and then sometimes I just know what to draw.
Qu’est-ce qui t’inspire? Comment tu choisis ce que tu vas dessiner?

Je m’inspire par toutes les petites choses de ma vie quotidienne. Que ce soit faire les friperies, lire des articles en ligne ou juste scroller sur Pinterest si j’ai vraiment besoin d’inspiration et que je n’en trouve nulle part ailleurs. Les héroïnes féminines m’inspirent particulièrement. J’aime me tenir au courant de ce que font les autres illustrateur·trice·s et je lis les news tous les jours. Je m’inprègne de toutes sortes de sujets et parfois je sais juste quoi dessiner, comme ça.

What brings you joy when working on your illustration?
The end result. Some illustrators are very keen on the sketching fase, but I actually don’t like it. I really like the end result when all the colours come together and the character of image really gets a vibe.
That’s why I like to work digitaly I think, this way you can skip the sketch fase quicker and start playing around with colours. 
Qu’est-ce qui te rend heureuse quand tu travailles sur tes illustrations?
Le résultat final. Certain·e·s illustrateur·trice·s aiment la phase du croquis mais moi pas trop. J’aime vraiment le résultat final quand toutes les couleurs s’assemblent et les personnages de l’image reflètent une ambiance (ou get a vibe, c’est plus parlant!).
Je pense que c’est pour ça que j’aime travailler numériquement. Comme ça on peut sauter l’étape du croquis plus rapidement et commencer à s’amuser avec les couleurs. 
And last, if you had to live in a TV show or a movie, which one would it be?
10 things I hate about you. I can identify really well with Julia Stiles.
Et pour finir, si tu pouvais vivre dans une série ou un film, le/laquelle ce serait?
10 bonnes raisons de te larguer. Je me reconnais vraiment en Julia Stiles.

Interview par Claudia Bortolino

Super zouz – Makeda Saba

Super zouz – Makeda Saba

SUPER ZOUZ est un projet vidéo initié par Le Petit Paumé et Cacti magazine.

SUPER ZOUZ présente des lyonnaises engagées.
#5 – Mélissa et Salamata, de l’association pour les femmes africaines et afrodescendantes MAKEDA SABA

Filmé au Café des Trois (Lyon)

Vidéo: Ophélie Gimbert
Graphisme: Jill Salinger

Les questions du téléphone de Cacti – La Tendre Meute

Les questions du téléphone de Cacti – La Tendre Meute

La Tendre Meute est un collectif qui explore la vie dans ses thèmes les plus universels, en mêlant les arts à travers des créations/performances collectives brutes et décalées. La Tendre Meute évolue et se transforme au gré des créations. La Tendre Meute croque la vie et ce qui l’entoure.

Donc forcément, ni une, ni deux, on a voulu leur poser quelques questions pour en savoir plus…

 

 Quelques mots sur Narcissiques par Maud Ferron & COLINE BÉAL

Au départ, ce vidéo clip est venu de l’envie de mettre nos textes en images, de les transporter ailleurs que dans l’éphémère de nos performances live.
Et puis il y a eu le désir d’une musique créée intégralement pour ce projet et Silens s’est imposé assez vite dans le choix du groupe avec qui nous voulions collaborer puisque nous avons commencer les performances live sur les mêmes évènements qu’eux et que cela faisait longtemps que nous voulions créer ensemble. Leur musique pouvait correspondre à un projet commun. Ils ont donc composé la musique en suivant nos désirs et nos envies, en cherchant avec les images et les mots qu’on leur apportait.

Le texte parle de notre génération, une génération à la dérive qui trouve sa métaphore avec ce chalutier au milieu d’une mer peu accueillante. Mais nous voulions surtout suivre « une figure » de cette génération. Ici, c’est cette fille qui se retrouve à devoir travailler sur un chalutier, avec des hommes, à faire un métier « d’homme ». Mais que veux dire « faire un métier d’homme » aujourd’hui ? On voulait s’intéresser à un environnement éloigné du notre, pour élargir cette génération au maximum. 
C’est ce Nous qui représente beaucoup et finalement pas grand chose que nous voulions montrer et questionner. Ici c’est à la fois la fille, son frère et le marin. C’est ces rencontres. 

Nous ne voulions pas juste faire un clip avec de belles images mais aussi raconter une histoire et faire un « presque court métrage » d’où la scène dialoguée qui lance des pistes sur l’histoire de ce frère et cette sœur livrés à eux-mêmes avec une mère absente et un père disparu (un peu comme cette génération perdue, ex-enfants gâtés qui se confrontent au chômage et à un mode de vie auquel elle n’était pas forcément préparée lorsqu’elle quitte le cocon familial).  

Alors voilà, on a voulu faire un clip, court métrage, docu avec un texte et de la musique. On a encore voulu tout mélanger pour faire quelque chose dont on ne connaît pas vraiment le nom mais qui nous ressemble !

Interview par Claudia Bortolino 

Va donc suivre les aventures de La tendre meute 

Agathe Villecourt

Agathe Villecourt

Présentons Agathe façon entretien d’embauche pour commencer!

Agathe Villecourt, 24 ans, taureau,  actuellement animatrice périscolaire en complément de son travail de création sur bois. Voilà, on vous a peint le tableau général. Maintenant que vous voulez en savoir plus, on va entrer dans les détails !

Entre création de meubles et sculpture, Agathe explore tout le potentiel que peut offrir le matériau. Depuis un an, elle expose, vend et propose ses services sur son site La Symphyse (aidé par son père graphiste et son frère web-marketer).

C’est une mise à niveau en art appliqué – après un petit détour par un bac pro vente – qui lui permet de faire enfin ce qu’elle aime. En un an elle découvre plusieurs corps de métier dans l’art dont l’ébénisterie. Un stage chez un ébéniste dans la Drome spécialisé dans la restauration du patrimoine lui met la puce à l’oreille !  Elle trouve sa vocation qu’elle confirme avec un CAP sculpture sur bois où la création artistique prend toute son ampleur. D’avantage dans le toucher, le visuel, le modelage, Agathe consolide sa relation avec le bois ! Mais pourquoi choisir entre construction et création ? Agathe décide d’allier les deux dans son travail.

Agathe ne sait pas trop ce qui l’a attiré vers le bois si ce n’est son feeling. Elle voit ce dernier comme une matière noble et modelable, pouvant se montrer aussi brut et dur que souple et vivant. Il y a aussi cette idée que le bois est une matière accessible, connue et aimée de tous·tes, elle est noble sans être snob.

Dans sa formation d’ébénisterie, la majorité des élèves était féminine et pourtant dans le métier, on retrouve une écrasante majorité d’hommes. Comme dans beaucoup de domaines malheureusement, le monde du travail est plus clément avec les boyz. Les collègues masculins d’Agathe avaient plus de facilité à trouver un stage puis un emploi alors que lorsqu’elle arrivait devant un ébéniste, on demandait tout simplement à Agathe pourquoi elle voulait faire cela.

Agathe sculpte selon son imagination mais répond également à des commandes. La sculpteuse veut avant tout que son travail soit le fruit d’une discussion et d’un échange au sujet de la pièce finale en privilégiant la complicité avec ses client·e·s. Le but étant aussi d’offrir une expérience et la satisfaction d’avoir une création unique modelée suivant ses envies. Lorsque les pièces à créer demandent de l’espace, elle décampe dans la Drome, où la maison de ses parents, anciennement garage automobile, lui laisse tout l’espace nécessaire pour s’exprimer et travailler surtout. L’arrière grand-père d’Agathe lui avait déjà pavé le chemin, ébéniste lui aussi, son stock de bois sert maintenant à son arrière petite fille. Plutôt cool comme fournisseur !

Lorsqu’elle n’a pas la tête dans le bois, Agathe se réfugie aussi dans la musique. Lorsqu’elle était ado, elle se hasarda sur Garage Band sur le Mac de son père, ce qui l’a amené à commencer à chanter et écrire des slams (ouais tout ça !). Depuis elle ne s’est jamais arrêtée et les instruments de Garage Band n’ont plus aucun secret pour elle. Son matériel s’est étoffé avec un synthé midi qui lui permet de créer sa musique expérimentale électronique. Pour écouter ces sons c’est par ici.

La création, que ce soit sur bois ou sur synthé, Agathe la ressent comme une nécessité pour projeter sa frustration, sa colère, sa joie et toutes les autres émotions entre. Elle a trouvé un moyen de s’exprimer autre que les mots, et apparemment ça marche plutôt bien ! 

Portrait – Claudia Bortolino

Photos d’Agathe par Violette Portier

Panthères et Pharmacies – Colette Butor

Panthères et Pharmacies – Colette Butor

Panthères et pharmacies est un recueil de nouvelles érotiques illustrées qui abordent, interrogent et fouillent différentes formes de sexualités. Jouant sur la temporalité et l’ambivalence de ses personnages,  Panthères et pharmacies bouscule les codes du genre et propose un voyage-érotique déconcertant, hors-cadre.
Surréaliste et troublant, ce récit raconte l’histoire de plusieurs personnages, dont on ne comprend les liens qu’au fil des huit nouvelles. Abordant la sexualité par le genre, la folie amoureuse, les paraphilies, l’addiction, Panthères et pharmacies explore sans pudeur l’ambivalence et la noirceur des liens intimes.

On a voulu en savoir plus sur ce projet dont on est tombé amoureuse à la première illustration, alors on a posé nos questions à sa créatrice Colette Butor.

 

Qui est à l’origine de Panthères et Pharmacies? Et qui y participe?

Colette Butor : C’est moi qui ai tout construit et écrit. J’ai également réalisé la couverture. Ensuite, j’ai sollicité plusieurs illustrateurs dont je suis le travail depuis longtemps et d’autres qui sont mes amis. Je leur ai proposé d’illustrer une des nouvelles avec pour contrainte de placer une panthère et/ou un caducée. Ils avait également la consigne de travailler avec les 3 couleurs imposées en tons direct : le bleu, le doré et le rose fluo. J’avais également préparé des intentions de scènes pour chaque dessin, qu’ils étaient libres de suivre ou pas.

 Voici l’ordre des nouvelles et les illustrateurs associés :

ClacDaphné Collignon

Dorothy HallLaho

Elle en lui  Ivan Brun

Turkish DelightEmre Orhun

RailKarine Bernadou

YulArtoupan

SlaveChristophe Gaultier

En pâtureRaphaël Gauthey

On vous invite à cliquer sur leurs noms pour en prendre plein les mirettes! 

 

En pâtureRaphaël Gauthey

Elle en lui –  Ivan Brun

Comment a germé l’idée du projet? Le cocktail illustrations, nouvelles et sexualité était le point de départ?

CBL’idée d’écrire des nouvelles est née à la suite de la lecture d’un roman érotique, La Pharmacienne d’Esparbec, pour être précise. Qui est par ailleurs plutôt classé dans le « pornographique ». Sa lecture à réveillé mon appétit à raconter des histoires. J’écris depuis toujours des bribes de textes, plutôt sur mes ressentis et émotions dans une veine surréaliste, des sensations, des émotions. Pour l’illustration, c’est un peu pareil. J’ai toujours dessiné et je suis le travail de nombreux illustrateurs depuis longtemps. J’aime ce que raconte une illustration et l’interprétation d’un texte par le dessin est quelque chose qui me fascine. Le point de départ, au delà de l’enthousiasme d’une lecture, étaient plutôt de chercher un fil de recherche au travers du prétexte de l’érotisme. J’ai une âme de chercheuse et mon appétit pour les sciences sociales m’a permis de mettre en place ce fil de façon assez instinctive.

Dorothy HallLaho

J’ai l’impression que la diversité des formes de sexualité est une notion super importante, j’ai raison non?!

CB: C’est bien cette trame que tu as perçu dans la construction des nouvelles : qu’est ce que la sexualité ? ces différentes formes ? la question de genre et ses schémas de fonctionnement et de dysfonctionnement ? Les archétypes associés ?
Où s’arrête le jeu du sexe et où commence la violence, la manipulation ou la folie perverse, l’addiction? La notion d’héritage familial, de filiation, est également très présente au travers de ses interrogations.

Turkish DelightEmre Orhun

Panthères et Pharmacies est disponible à Lyon chez :

TERRE DES LIVRES – 86 Rue de Marseille, Lyon 7.

LE BAL DES ARDENTS – 17 rue Neuve, Lyon 1er.

OUVRIR L’ŒIL – 18 rue des Capucins, Lyon 1er. 

BLITZ BAZAR & GALERIE – 4 Rue Louis Vitet, Lyon 1er

 

Interview – Claudia Bortolino