C’est le teaser de « 2 Girls, 1 Desk »

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COMING SOON (like winter but better).

Mathias Badin fait des photos

Mathias Badin fait des photos

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne panique pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente le photographe Mathias Badin.

Je m’appelle Mathias et je m’intéresse à la photographie depuis plusieurs années. D’abord par mes études, j’ai étudié l’histoire de l’art et plus particulièrement la réception et la conservation d’archives photos. Ensuite, dans mon quotidien, j’y suis confronté dans le cadre de mon activité professionnel. Je travaille autour de la conversation préventive de différents supports photographiques dans une institution patrimoniale parisienne. C’est donc d’abord par une approche théorique que j’ai découvert le monde de la photographie. Très vite cependant, il m’est apparu que si je souhaitais appréhender ce médium dans son entièreté, je me devais aussi de m’y confronter par sa pratique. Comment en effet comprendre les enjeux de la conservation d’une image sans en connaitre les gestes de sa production ?

 

 

Ma série porte sur le football féminin. J’ai voulu à travers ce petite collection me confronter à une activité sportive encore mal représentée et extrêmement limitée dans les médias, et quand celle-ci est représentée, l’imagerie développée est extrêmement impersonnelle et passive. Excepté peut-être le travail récent de Charlotte Hadden pour Dazed, la représentative de la footballeuse est souvent désincarnée, posées, lointaine ou inspirées de leur pendant masculin, rares sont les photos qui ne sont pas mises en scène et témoin d’une véritable vie sportive. J’ai essayé à travers cette série de me faire le médiateur d’une équipe de foot féminine. En prenant contact avec une équipe de foot féminine, j’ai voulu à ma porter, tenter de ma faire le médiateur de ce je voyais sans mise en scène. J’espère que ce série témoignera de cette tentative de rendre justice à une activité sportive encore mal représentée.

PHOTOGRAPHIE PAR MATHIAS BADIN

Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le principe de l’application tient en une phrase « pouvoir partager ses photographies avec son réseau en quelques secondes » selon la page Wikipédia dédiée à Instagram. 

La communauté d’Instagram est souvent décrite comme composée de deux catégories d’inscrits : les utilisateurs et les influenceurs. Un utilisateur est un membre lambda de la communauté, ayant une pratique plus ou moins régulière et souvent très personnelle du réseau social. Un influenceur est un utilisateur un peu différent, qui se démarque par ses followers, par l’influence qu’il exerce et par ses photos d’avocado toast. 

Aussi, on retrouve les mêmes standards féminins de beauté que dans n’importe quel magazine : les influenceuses les plus populaires sont toutes jeunes, minces, parfaitement maquillées et coiffées, au style impeccable et au physique irréprochable.  Les sourires sont figés et sponsorisés,  la pose semble inconfortable mais qu’importe : cela rapporte des likes. Dans un article du Huffington Post Québec intitulé « L’image de la femme parfaite dans notre société », Dina Husseini écrit : « La beauté se manifeste à travers le réseau médiatique, surtout avec l’apparition des top-modèles. Celles-ci incitent, de manière indiscutable, les femmes à aller faire des entraînements d’activités physiques ou de faire des régimes pour maigrir. »

23 % des influenceuses Instagram sont des top-modèles.

Publiée le 8 novembre dernier par les trois universitaires Jasmine Fardouly, Rebecca T. Pinkuset Lenny R. Vartanian, une étude sur l’impact des comparaisons d’apparences faites par les femmes sur les médias sociaux, met en exergue la capacité pernicieuse d’Instagram à susciter chez les jeunes femmes l’envie et la jalousie du corps de l’autre. Sur les 150 étudiantes sondées, la plupart ont même avoué être de plus mauvaise humeur et plus mal à l’aise avec leur apparence après avoir comparé leur corps avec celui d’une Instagrameuse. 

Heureusement, des comptes comme Wondher, Le Salon des Dames, Virginandmartyr et plein d’autres montrent une autre facette d’Instagram et permet de libérer et valoriser la parole des femmes. Le super compte de Celeste Barber reproduit des photos de stars avec dérision et dénonce avec humour la superficialité des posts. 

Faite attention aux réseaux sociaux, il est important de relativiser et de ne pas se comparer aux autres.

 

 Texte – MANON BENBOUDRIOU

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

DORA NIQUE LE PATRIARCAT – en Arabie Saoudite

DORA NIQUE LE PATRIARCAT – en Arabie Saoudite

 

Depuis que ses seins ont poussé, accompagnés d’une vive conscience politique, Dora l’exploratrice est dévorée par l’envie impérieuse de déglinguer le patriarcat. Ce mois-ci, la rédaction de Cacti l’a envoyée en Arabie Saoudite pour voir où en est le féminisme dans le dernier pays à avoir accordé aux femmes le droit de conduire. Voici son compte-rendu.

Hello ! Moi, c’est Dora ! Aujourd’hui nous allons vivre ensemble l’aventure de l’Arabie Saoudite, le pays où les femmes n’ont le droit de conduire que depuis un an. Youpi !

L’Arabie Saoudite est une monarchie absolue islamique, deuxième pays du monde arabe après l’Algérie, et qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois à cause de sa conception toute relative des droits de l’homme en général et des droits de la femme en particulier. Déjà, la première chose à savoir quand on voyage là-bas, c’est qu’une femme seule n’a pas le droit d’entrer sur le territoire saoudien, ni de dévoiler la moindre partie de son corps en public : à peine avais-je posé le bout de ma boots hors de la climatisation de l’aéroport que Babouche me tendait avec un regard désabusé un niqab et une abaya (sorte de sur-robe qui recouvre tout, à l’exception du visage, des pieds et des mains) destinés à cacher mon corps de rêve. Ecrasée de chaleur et frémissante sous la caresse d’une bourrasque de simoun, je l’ai enfilée en hâte, après un dernier regard nostalgique à mon poum poum short acheté spécialement pour l’occasion, mais néanmoins pas fâchée à l’idée de passer quatre jours sans toucher à mon rasoir.

Allez, à l’aventure, c’est parti !

On a beaucoup parlé en octobre dernier du meurtre de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien expatrié aux Etats-Unis depuis ses critiques envers le prince héritier Mohammed ben Salmane (que tout le monde surnomme MBS, genre le mec c’est le BHL du Moyen-Orient), dont la responsabilité dans cet assassinat vient d’être confirmée par les Etats-Unis (sauf Trump, bizarrement). Mais une autre injustice terrible est en cours en Arabie Saoudite : depuis près d’un an, onze féministes saoudiennes sont enfermées sous des prétextes un peu foireux. Alors oui ça ressemble à un revival de Orange is the New Black, mais croyez-moi c’est vachement moins glamour – parce qu’en vrai elles se sont juste battues pour les droits des femmes.

Elles ont, entre autres, bataillé pour obtenir le droit de conduire, qu’elles ont finalement obtenu en septembre 2017 (jusque-là elles devaient être conduites par un homme de leur famille ou se ruinaient en chauffeurs privé, enfin moi c’est Babouche qui me trimballe partout mais c’est un choix alors c’est pas pareil). Le truc marrant c’est qu’elles ont été arrêtées alors même que l’autorisation donnée aux femmes de conduire était finalement promulguée. Leur procès, ouvert le 13 mars, est encore en cours ; mais dans un pays capable d’orchestrer pépouze le meurtre d’un journaliste encombrant, inutile de préciser que les observateurs s’inquiètent beaucoup pour son issue. Parmi elles, Loujain al-Hathloul fait partie des lauréats pressentis pour le Nobel de la paix 2019.

Sinon, ici, si une femme reste seule avec des hommes elle peut être accusée de prostitution et c’est passible de la peine de mort. Autant vous dire que j’ai même pas envisagé d’essayer de chopper. En fait, MBS s’évertue à montrer à l’Occident que l’Arabie s’assouplit en termes de mœurs (notamment en réautorisant progressivement le cinéma et la musique, interdits depuis les années 80), mais beaucoup déplorent des effets d’annonce destinés à camoufler des pratiques qui bafouent largement les droits humains.

Eh ben moi qui m’imaginais faire la danse des sept voiles à une assemblée d’hommes en délire qui se seraient battus pour m’emmener survoler des troupeaux de flamants roses en tapis volant, c’est loupé. Alors maintenant que je suis de retour j’ai plus qu’à réinstaller Tinder – et à me raser les jambes, tiens, j’avais fini par les oublier elles.

Par Amandine Deguin 

Flavie Eidel fait des photos

Flavie Eidel fait des photos

Modèle : @audgpus

Comment es-tu arrivée à la pratique de la photographie ?

J’ai grandi dans la photographie, en tant que fille de passionné, et ai eu mon premier bon vieux DSLR quand j’avais une dizaine d’années. J’ai commencé à photographier un peu tout, mais surtout n’importe quoi. Les portraits sont arrivés bien plus tard, vers l’âge de 20ans. Alors que le féminisme m’était complètement inconnu à ce moment là, c’est tout de même tout naturellement que je me suis tournée vers les femmes.

Qu’est-ce qui te plaît dans ce média ?

Je pense que ce qui me tient à coeur dans la photographie, c’est le fait de capturer la vulnérabilité d’un moment entre le.a modèl.e/client.e et moi-même, la photographe. J’ai réalisé il y a peu que je faisais très difficilement confiance aux gens, donc la photographie me pousse dans mes retranchements. Mon travail n’aurait jamais vu le jour si je n’avais pas fait entièrement confiance aux personnes que je photographie. C’est un instant spécial, durant lequel on est complètement connecté.e.s l’un.e à l’autre avec pour unique but de créer quelque chose de spécial ensemble.

Même si j’aime plein de choses dans la vie, j’entretiens un lien tout particulier avec la photo. En effet, étant bipolaire, la dépression n’est jamais loin, mais la photographie a toujours su me sortir des moments les plus sombres. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai un boîtier tatoué sur le corps.

Quel est ta relation avec la mode et particulièrement la photographie de mode ?

Selon moi, la photographie de mode idéale est un parfait mélange d’art, d’avant gardisme, et de parti pris. Elle est loin de l’élitisme qu’on lui prête et elle parle à tou.te.s. Nous vivons dans une société capitaliste alimentée par la surconsommation d’images. La photographie de mode est absolument partout, ce qui en fait un facteur important en terme de représentation. Lorsqu’elle décide de nous occulter, on en vient vite à se demander ce qui cloche chez nous et ce que l’on doit changer pour être enfin acceptée, validée, aimée. Puis moins les autres nous voient représentés, et plus le faussé se creuse.

Le manque de représentation participe très clairement aux inégalités sociales. C’est ce pourquoi je suis toujours ravie d’adapter mes tarifs pour mes client.e.s issu.e.s de minorités sociales ou d’offrir des photoshoots à certaines occasions, comme par exemple pour la Trans Day of Visibility.

Est-ce que tu utilises tes valeurs et tes convictions dans ta pratique de la photographie ?

J’essaye d’utiliser mon art pour parler de sujets qui me tiennent à coeur en les enrobant d’une esthétique qui me ressemble. Et si je peux inspirer des femmes à s’aimer ou vouloir essayer la photo, alors j’ai tout gagné!

Modèle: @anastasiaxmiller.

Modèle: @happyhannahkkuh

Modèle : @jluna0715

Modèles: @niaandness

Modèle: @ari_reb

Modèle: @selena_cindy MUA: @kitschyxwitch

Modèles: @anastasiaxmiller @happyhannahkkuh

 

 

 

 

PROPOS RECCUEILLI PAR ALICE DARDUN
PHOTOS PAR FLAVIE EIDEL

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