Self Made : Inspirée par la vie de Madame CJ Walker.

Self Made : Inspirée par la vie de Madame CJ Walker.

Self Made : Inspirée par la vie de Madame CJ Walker.

Self Made, une série écrite, réalisée et produite par des femmes noires américaines, ressuscite l’héritage de l’une des figures les plus marquantes du 20è siècle. Madame CJ Walker, une femme née de parents esclaves qui a construit un empire commercial de soins pour cheveux. Intronisée au Temple de la Renommée Nationale des femmes, lieu de la convention de 1848 sur le droit de la femme.

Depuis vendredi 20 mars vous pouvez retrouver sur Netflix la mini-série : « Self Made : Inspirée par la vie de Madame CJ Walker », basée sur la biographie On Her Own Ground de A’Lelia Bundles arrière-arrière-petite-fille de Sarah Walker. Cette femme est l’une des personnalités qui a le plus marqué les années 1900 en tant que première millionnaire autodidacte américaine. Pourtant, elle est à peine connue du grand public, comme c’est le cas avec de nombreuses figures historique étant des femmes noires. Née esclave dans des plantations de cotons en Louisiane et par la suite libérée, Walker était blanchisseuse avant de rencontrer Addie Munroe qui lui transmettra sa passion pour les soins des cheveux des femmes noires. En plus de développer son empire de la beauté, madame Walker continue l’entreprenariat et la philanthropie et travaille avec ardeur pour permettre à d’autres femmes noires de gagner elles-mêmes de l’argent en étant autre chose que domestique.

Une série aux multiples enjeux

Pendant 25 ans, Kasi Lemmons l’une des réalisatrices de la série voyage, s’immisce dans la vie de Sarah Walker pour nous déballer le colorisme et la misogynie dont Sarah a souffert au cours de la construction de son empire. Walker a rencontré des préjugés raciaux et de genres, ainsi que des trahisons personnelles et des rivalités commerciales. Kasi Lemmons axe sa série sur la difficulté pour Sarah Walker de monter sa compagnie en étant une femme noire. Malheureusement, l’inspiration inhérente à l’histoire de Sarah Walker est rare dans le script, l’histoire de son entreprise a été beaucoup condensée et peu de temps d’écran est consacré à sa philanthropie et ses actions sociales, qui pourtant étaient une cause très chère aux yeux de Sarah Walker.

Des causes sociétales pas assez mises en avant

Au cours des quatre épisodes des intrigues sont posées. On a à faire à un début de proxénétisme avec Sweetness voulant coucher avec Sarah CJ Walker en échange d’un investissement dans sa compagnie. L’aventure lesbienne que sa fille Lelia, mariée à un homme, entretient avec une autre femme. La fierté blessée et l’infidélité de son mari CJ Walker. Cependant, il est bien mis en avant le soutien de son beau-père, le père de son mari, qui sans cesse remet son fils dans le droit chemin et le raisonne sur le soutien qu’il devrait apporter à sa femme dans la recherche d’investisseurs. Ainsi que Rançon, le premier investisseur de Sarah Walker sur qui elle a pu compter jusqu’à la fin. Bien qu’elle soit écrite et réalisée par des femmes noires, la série développe très peu certains passages là où le spectateur en attend plus.

Des critiques assez mitigées

Cette série retrace la vie d’une femme d’exception, dont très peu de gens connaissaient le nom. Les critiques américaines de cette mini-série sont assez mitigées avec une moyenne de 5,95/10, d’après le site web d’avis Rotten Tomatoes qui recense les critiques et se lit : « Self Made n’est pas toujours à la hauteur de son homonyme, mais on ne peut nier l’incarnation d’Octavia Spencer de la singulière Madame CJ Walker un spectacle à voir ». D’autres critiques signalent une déception en raison de la fictionnalisation et des inexactitudes du scénario. Addie Munroe un personnage de fiction fut destinée à représenter Annie Malone, une autre millionnaire, également autodidacte étant le mentor de Sarah Walker. Elle est dépeinte comme étant une femme méchante alors que c’était également une femme d’une grande philanthropie ayant été instrumentale dans la construction de la YWCA (La Young Wommen’s Christian Association, une organisation sociale œuvrant pour l’autonomisation, le leadership et le droit des femmes et des filles dans 120 pays).  L’héritage de Sarah Walker a perduré dans le temps et il est bien vivant. Nous sommes en 2020, un siècle plus tard et nous trouvons à Lyon, Les Ateliers Crépus, une boutique de vente de produits et des soins pour les cheveux crépus.

Sarah Walker aurait-elle pensé que son héritage perdurerait dans le temps ?

Art and photography in the age of the female gaze by Charlotte Jansen

Art and photography in the age of the female gaze by Charlotte Jansen

Art and photography in the age of the female gaze by Charlotte Jansen

JAIMIE WARREN : LASAGNE DEL REY : ART AND PHOTOGRAPHIE IN THE AGE OF THE FEMALE GAZE BY CHARLOTTE JANSEN (2017)

  COVER OF GIRL ON GIRL: ART AND PHOTOGRAPHY IN THE AGE OF THE                     FEMALE GAZE BY CHARLOTTE JANSEN (2017)

 

 

 

Girl on Girl de Charlotte Jansen, fait un tour d’horizon de quinze pays en trois ans pour prédire l’avènement du Female Gaze.

 

La journaliste et autrice Britannique Charlotte Jansen a passé trois années à interviewer quarante photographes contemporaines pour son œuvre intitulée Girl on Girl : Art photography in the age of the Female Gaze. Ce livre nous plonge au sein de leur travail d’analyse sur l’identité, la féminité, la sexualité et le féminisme. Elles ne veulent pas être perçues uniquement comme des « femmes photographes » ou « photographes féministes » mais avant tout comme ayant quelque chose à dire. Les images que nous consommons sont pour la plupart créées, pensées par et pour les hommes, nous offrant donc une vision très limitée des femmes. Au cours du XXe siècle certaines photographes essayent de renverser la tendance : Claude Cahun, Juliet Margaret Cameron ou encore Vivian Maier, montrant au grand jour la représentation des femmes à cette époque.

 

 

 

Une société en évolution

 

Nous vivons en 2020, et le Female Gaze commence tout juste à faire un pas dans notre société. Cet avènement du regard féminin se manifeste de plus en plus, grâce à l’aide des réseaux sociaux. C’est avec l’arrivée en masse du mouvement des femmes se photographiant elles-mêmes et d’autres femmes qu’il a pris un rythme considérable sur les plateformes comme Instagram. Elles ont aussi aidé à l’expansion du message des photographes féminines : « il s’agit de revendiquer le pouvoir, de s’approprier nos voix, nos corps et nous même, sans craindre d’être jugées » comme le dit Zanele Muholi, « militante visuelle ». Le regard féminin n’a pas qu’une définition, et ne se définit pas qu’en montrant des corps nus, des expériences et des modèles de femmes pour un spectateur masculin. Ces représentations se veulent nuancées, et ne représentent pas la femme sous les dictats de la société encore patriarcale. Le Female Gaze est une façon de voir le monde différemment, ce regard est fluide et ouvert à la société, ce regard ne s’oriente pas que sur la femme mais sur ce qui l’entoure. Les femmes prennent de plus en plus de pouvoir et d’espace, aussi bien dans le milieu de la photographie, dans le cinéma, mais aussi dans le monde du travail, dans la façon dont les lois sont rédigées. Le female gaze sort de son cadre pour entrer dans nos vies.

   MAISIE COUSINS, STICKY LIPS (FROM S.E.X.), 2015. FROM GIRL ON GIRL: ART AND   PHOTOGRAPHY IN THE AGE OF THE FEMALE GAZE BY CHARLOTTE JANSEN (2017)

ZANELE MUHOLI, ZINZI AND TOZAMA II MOWBRAY, 2010. FROM GIRL ON GIRL: ART AND PHOTOGRAPHY IN THE AGE OF THE FEMALE GAZE BY CHARLOTTE JANSEN (2017)

Des artistes militantes visuelles

Pour Charlotte Jansen, le « regarde féminin » n’est pas la réplique du « regard masculin », mais plutôt un regard qui cherche à savoir pourquoi nous regardons les femmes comme nous le faisons, chercher à regarder les femmes de façon différentes, regarder des femmes photographiées par des femmes. C’est pour cela que Charlotte Jansen a choisi un groupe diversifié de 40 femmes photographes. Elle met à l’honneur Maisie Cousin, qui utilise « des symboles ‘classiques’ de la féminité, des fleurs et des fruits, décrit Charlotte Jansen, qu’elle mélange avec des limaces, des escargots, des épingles de sureté des sirops et autres substances gluantes qui évoquent d’autres aspect du corps des femmes », d’après Charlotte Jansen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Certaines photographes prennent les idéaux patriarcaux et poussent leur image jusqu’au grotesque, c’est ce que fait Phebe Schmidt, dressant des portraits de femmes aux lèvres disproportionées.  D’autres décident de mettre à l’honneur des corps souvent, trop souvent invisibles. C’est ce que fait Pinar Yolaçan avec sa série de consacrées aux femmes âgées. « Je veux que les femmes que je photographie soient en pleine possession de leur image ». Parmi elles, Zanele Muholi photographie les communautés lesbiennes et transexuelles de l’Afrique du sud. Les artistes ont un désir de contribuer au regard féminin d’aujourd’hui et nous offrent un nouvel aperçu du monde. En remettant en question la représentation féminine dans la culture visuelle, elles participent à l’évolution et l’affranchissement des normes.

LALLA ESSAYDI, BULLET #11, 2012-13. FROM GIRL ON GIRL: ART AND PHOTOGRAPHY IN THE AGE OF THE FEMALE GAZE BY CHARLOTTE JANSEN (2017)

Par Pauline Choppin

La Seinphonie de Cécilie

La Seinphonie de Cécilie

La Seinphonie de Cécilie

Aujourd’hui on aimerait bien vous présenter Cécilie. Cécilie est auteure, artiste plasticienne curieuse professionnelle et plein d’autres choses qui se passent de mots. Cécilie crée avec presque rien et pratiquement tout. Dernièrement, elle a concocté un projet nommé SEINPHONIE.

A PROPOS DE SEINPHONIE

« Mon premier dessin était sur un mur, j’avais 2 ans et je n’habitais pas Lascaux. Mon premier sein est venu en paire, j’avais une douzaine d’années et j’étais ado. J’ai rencontré l’argile en octobre 2019, demandez-lui, il vous le confirmera. Je me suis évidemment prise pour Dieu sauf que moi, j’ai modelé des seins, comme un manifeste maternel de moi à moi. Comment je suis née, comment j’ai grandi et comment je ne suis pas morte. Le sein résonnait comme les saints, j’ai l’oreille musicale. Les devoirs qu’on nous dicte, le dessein à accomplir lorsqu’on est une femme en France, élevée dans un milieu catholique avec chaque jour un saint à souhaiter, alors…. J’en suis venue aux mains avant de trouver les mots. Et comme toujours, la joie me rattrape. Mes seins se sont animés sur le papier, bavards, absurdes et drôles ils sont une symphonie amusée, un essaim de bonne humeur dans un monde cinglé. »

Cécilie

« Il y a toujours quelque chose qui danse et rit dans le travail de Cécilie. Quand elle écrit, quand elle dessine, quand elle brode, malaxe, colle, coud ou tisse, l’artiste s’amuse des métaphores qu’elle file et rend sonores. Dans ce jeu de passe-passe plastique, c’est pour offrir, à nos drames, un corps poétique.»

 Lucileee* Bach – critique d’art & professeure, Docteure en Histoire et anthropologie de l’art

En attendant son exposition au Théâtre Comédie Odéon à Lyon, (à une époque post-corona), on lui a posé quelques questions…

Qu’est-ce que tu réponds à « et toi tu fais quoi dans la vie? »

Généralement une onomatopée du genre “Ouh la” parce que j’embrasse la vie de bien des façons et que j’en trouve chaque jour de nouvelles.
Qu’est-ce qui t’inspire et te rend heureuse dans ton art? 
L’austérité en général car je ne peux pas la supporter, et alors je produis en réaction de façon protéiforme. Fernando Pessoa a écrit “Agir c’est connaître le repos”,  j’y ajoute volontiers la joie.
La chanson pour illustrer ta vie? 

Hép kiddo, retrouve Cécilie et ses créations sur son site internet ou sur Instagram @belon_cecilie.

Par Claudia Bortolino

Léna Macka

Léna Macka

Léna Macka

Ce mois-ci on vous présente l’illustratrice Léna Mačka. C’est une illustratrice / Tatoueuse qui place l’humain et ses interactions au centre de ses visuels ! 

 

 

 

Qu’est ce qui t’inspires? Comment est-ce que tu choisis ce que tu vas dessiner ?
Je m’inspire vraiment de tout, surtout des gens, des discussions que je peux avoir avec certains, des impressions que j’ai… Je choisis pas vraiment, je me laisse aller

Qu’est-ce qui te rend heureuse quand tu travailles sur tes illustrations? Le fait de pouvoir vider mon cerveau, de mettre des images sur ce qui me tracasse !

Qu’est ce qui t’empêche de dormir la nuit ? De pas avoir répondu à mes mails haha!

Et pour finir, si tu devais vivre dans une série, laquelle choisirais-tu ? Hmmm, je dirais The Good Place

 

Merci à Léna d’avoir répondu à nos questions, retrouvez-la sur instagram (@lenamacka) !

Prenez soin de vous ! 

 

Interview par Léa Moisan

 

 

 

 

Elles étaient “fortes, fières et en lutte”

Elles étaient “fortes, fières et en lutte”

Elles étaient “Fortes, fières et en lutte”

Nous sommes toutes et tous les témoins d’une société qui évolue mais cette fois-ci, ça ne se fera pas sans les femmes. Lors de la manifestation organisée pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, ce sont plus de 4400 personnes à Lyon qui se sont rassemblées pour crier haut et fort leurs revendications. Si une multitude de slogans ont été martelés, « Fortes, fières et en lutte » a été le mot d’ordre durant toute la marche. Revenons en images sur ce 8 mars. 

Place Bellecour à 15:00, la manifestation se forme et l’ambiance est bouillonnante. Le collectif @collages_feministes_lyon a recouvert le parvis de l’Hôtel-Dieu avec une banderole à message. 

Le Collectif pour le droits des femmes 69 mène le cortège autour de la place Bellecour.  

Le parcours de la manifestation s’est poursuivi dans les rues du Vieux-Lyon. Si les messages inscrits sur les pancartes ont marqué la mobilisation, les slogans ont aussi fait leurs effets. Notamment sur Roman Polanski et en soutien à Adèle Haenel

La manifestation s’est achevée sur la place des Terreaux.

Ce 8 mars 2020 résonne comme le début d’une nouvelle ère, celle des femmes ! 

Photos et texte de Noémie Perrin