HOUSE OF MARLOW, QUAND ÉCOLOGIE ET SENSUALITÉ SE RENCONTRENT

by | Feb 7, 2020 | Articles | 0 comments

D’une inspiration romantique, douce et bohème, les pièces de la marques parisienne House of Marlow sont fabriquées en petites séries avec des tissus nobles d’origines françaises ou italiennes certifiés Oeko-Tex. Tulle doux, crêpe de soie et satin stretch, le tout teinté à la main avec des teintures naturelles. Raffinées et délicates, les pièces racontent des histoires aussi débordantes que sentimentales, qui ne demandent qu’à être racontées. Au coeur d’un atelier parisien, tout est fabriqué à la main. 

La marque travaille en collaboration avec des fournisseurs de matières qui vendent sur stock. Leurs engagements pour l’environnement les poussent à acheter uniquement la quantité de tissu nécessaire à la production de petites séries d’ensembles. 

Nous avons rencontré la fondatrice de la marque,  Billie Marlow, diplômée d’ESMOD (Ecole supérieur des arts et technique de la mode), styliste, modéliste et créatrice extraordinaire ! 

Comment as-tu débuté dans l’industrie du textile ? 

J’ai étudié à Esmod Paris où j’ai suivi le cursus “Designer de mode” : une double formation en stylisme pour le côté créatif, et modélisme pour le côté technique dans le domaine du prêt-à-porter. Par la suite, je me suis spécialisée en lingerie et corseterie en dernière année. Après des premières expériences en atelier de lingerie de luxe et en studio de création, je me suis lancée en free-lance en tant que styliste/modéliste pour des petites marques ou en devenir. Après avoir travaillé sur l’intégralité du processus de collection pour d’autres, l’envie déjà présente depuis longtemps de monter ma propre marque s’est faite de plus en plus forte. C’est ainsi qu’est né House of Marlow. 

Comment es-tu venue à confectionner de la lingerie éthique ? 

J’ai travaillé pour des marques qui fabriquaient en France, parfois en Europe mais très souvent en Asie. La démarche créative est de plus en plus limitée dans ce dernier mode de production. On envoie des dessins et des fiches techniques à des usines à l’autre bout du monde, parfois même juste une pièce à copier, et puis revient un prototype tout fait. Le choix des matières et de la qualité est régit par la contrainte des prix, toujours tirés au plus bas. 

Quelle était ton ambition dans cette démarche ? 

Je voulais pouvoir contrôler tous les aspects de fabrication du dessin au produit fini, les prototypes, la gradation de tailles, la coupe et le montage, les fiches techniques et la teinture, les photoshoots et le lancement en ligne. Dans cette démarche, la production allait forcément être limitée en petites quantités. Nous fabriquons entre 10 et 30 pièces par modèles. J’ai toujours eu le goût des belles choses et des matières nobles, alors je me suis tournée vers des fabricants reconnus pour leur savoir faire, en France surtout, et un peu au Japon, en Italie et en Angleterre. 

Tu t’es donc dirigés vers des solutions plus éthique…

Oui exactement, surtout lorsque l’on sait que l’industrie textile est la deuxième plus polluante, après celle du pétrole. J’ai préféré des matières et élastiques éthiques certifiées Oeko-Tex Standard100, des cotons biologiques, des teintures certifiées BlueSign (non nocives) et des accessoires métalliques fabriqués à Lyon en alliage éco-friendly. Même les étiquettes sont fabriquées dans la Loire par une entreprise familiale. Le choix des matières et fournitures ainsi que le mode de production s’est fait naturellement. A chaque nouvelle collection j’essaie de trouver des solutions plus écologiques aux autres étapes. La prochaine étant un emballage recyclé et des enveloppes d’envoi compostables. 

Comment est-ce que tu crées chaque pièce de tes collections ? 

J’élabore les collections en mixant des inspirations au moment où je dois créer et des dessins que je regroupe dans des carnets au fil des mois. Je choisis une direction, une ambiance, des couleurs, puis les formes dont j’ai besoin pour offrir une gamme complète de produits. S’installe ensuite un puzzle de dessins, de tissus, d’informations de détails, montage etc… Une fois le plan de collection établi, je fais les patronages, puis les prototypes. Ensuite, nous faisons des essayages pour parfaire le fitting, et on refait des prototypes jusqu’à ce qu’il soit conforme au produit final. 

Nous nous occupons ensuite de la gradation des tailles qui pour l’instant va de la taille 34 au 42 et du 85A au 95C, des tailles plus grandes viendront dans le futur. C’est notre ambition de s’ouvrir à plus de tailles. On découpe ensuite toutes les pièces et on les monte par étapes toutes ensemble. Le pièce par pièce prendrait trop de temps car on utilise jusqu’à 4 machines différentes pour une pièce. 

Quelles sont tes inspirations ? 

Mes inspirations sont assez diverse. Elles sont très visuelles. La photographie et le cinéma notamment, mais aussi la musique. J’aime raconter des histoires, voir un cliché du photographe Purienne, photographe sud-africain, réalisateur et fondateur de la publication de mode, Mirage. Ou encore, un cliché d’une femme nue, me demandant comment je l’habillerais, l’esthétique douce et l’histoire violente du film Virgin Suicides de Sofia Coppola, les textes sensuels de Verlaine jusqu’aux paroles de Bashung. Mon univers est assez éclectique. J’avais également beaucoup aimé la collection de lingerie qu’avait développé Jean-Paul Gaultier pour La Perla il y a bientôt 10 ans : une sorte de burlesque doux et poudré et un brin nostalgique. 

Quel message souhaites-tu transmettre à travers ton travail ? 

De la douceur et de la poésie. Que sensuel ne rime pas avec sexuel. Qu’il faut se plaire avant de plaire. Qu’il faut s’habiller pour soi et pas pour autrui. Faire le choix d’opter pour une lingerie pensée et créé à la main, en conscience et en petite quantité. S’offrir ou se faire offrir est une belle démarche, que ça soit dans l’optique d’avoir un ensemble qui sort de l’ordinaire ou de soutenir un démarche de slow fashion. Je veux aussi montrer que de la lingerie éthique ne rime pas avec basique, et que l’on peut s’offrir de beaux dessous originaux tout en soutenant une démarche respectueuse de l’environnement. 

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Interview par Lucie Leila Mamouni 

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