Unbelievable, la double peine du viol

Unbelievable, la double peine du viol

Unbelievable, la double peine du viol

Unbelievable, produite par Netflix, relate l’histoire vraie d’une jeune femme accusée d’avoir inventé son propre viol.

Avec des femmes devant et derrière la caméra, cette production s’attache incontestablement à partager le point de vue des femmes. A travers le personnage de Marie nous sommes les témoins de l’enfer que subissent les femmes victimes de viol, trop peu écoutées, et les nombreuses injustices d’un système bien rodé. 

Revenons sur cette série, pas toujours facile à regarder, aux dures réalités

 

LA VÉRITÉ PASSÉE SOUS SILENCE  

Commençons par le vif du sujet puisqu’après tout c’est comme ceci que commence la mini-série Unbelievable. Marie, jouée par Kaitlyn Dever, vient tout juste de se faire violer par un homme qui est entré chez elle dans la nuit. Après plusieurs heures de sévices et la disparition de l’individu cagoulé, elle appelle la police.

Marie devra répéter inlassablement les mêmes choses à différents policiers, les écrire, puis se faire examiner pour repérer les traces du viol sur son corps. A chaque nouvel interrogatoire la scène se rejoue dans sa tête, de nouveaux détails apparaissent et d’autres disparaissent.

Judith, jouée par Elizabeth Marvel, mère d’accueil de Marie, est la première sur les lieux. Elle soutient et aide Marie au début puis entraine les policiers vers la piste du mensonge. Marie perd tous ses amis, plus personne ne la croit. Son viol se retourne même contre elle.  

 

Parallèlement la série nous montre l’histoire de deux inspectrices que tout oppose. L’une, Karen Duval jouée par Merritt Wever, qui est la jeune flic au quotidien bien rangé. L’autre, Grace Rasmussen jouée par Toni Collette, renommée dans sa brigade et plus désinvolte. Ce sont deux viols similaires dans chacun de leurs états qui va les faire se rencontrer.

Le fil rouge de la série est Marie dont nous pouvons suivre petit à petit l’évolution de son histoire à travers de courtes interventions dans chaque épisode.

LA CULPABILISATION DE LA VICTIME 

Il est assez frappant de voir à quel point Unbelievable reconstitue de manière exact le traitement réservé aux femmes victimes de viol. Bien que la série se déroule aux Etats-Unis il est fort possible de retranscrire les mêmes mécanismes de mise sous silence des victimes et de culpabilisation exercés en France.

Dans la série, ce processus est réalisé par deux policiers qui vont intimider et menacer Marie jusqu’à la faire revenir sur sa déposition, tout comme il a été le cas pour la femme qui a inspiré le personnage de Marie. 

Dans le livre de Valérie Rey-Robert, « Une culture du viol à la française, du troussage de domestique à la liberté d’importuner », l’autrice consacre un passage entier sur la police, la justice et les préjugés. Dans celui-ci on apprend que d’après une étude suédoise (« A survey of police officers’ and prosecutors’ beliefs about crime victim behaviours ») qui analyse les déclarations d’officiers de police et de procureurs, près des trois quarts pensent que les émotions manifestées par la victime permettent de savoir si elle dit la vérité. Plus de la moitié pensent que si la victime répond de manière « inappropriée », c’est qu’elle ment. Or une victime peut être complètement indifférente ou bien même complètement terrorisée lors de son dépôt de plainte. 

Pour ce qui est de Marie dans la série, elle est dans un premier temps abattue et triste puis devient indifférente après avoir répété des dizaines de fois ce qu’il s’est passé. Les deux policiers ne vont alors plus avoir aucun doute sur les mensonges de la jeune fille. 

 

DE LA FICTION À LA RÉALITÉ 

On pourrait se dire qu’il est préférable d’avoir à faire à un policier français plutôt qu’à un policier américain, souvent qualifiés de «cow boy», pourtant le traitement des victimes n’est pas vraiment très éloigné. En France, c’est un viol toutes les 8 minutes et un demi-million de femmes qui sont victimes de violences sexuelles chaque année. Seulement 10% d’entre elles portent plainte (pour les femmes majeures).

A la lumière de cette série nous pouvons voir à quel point les policiers souffrent des idées reçues de notre société face au viol et sont insuffisamment formés. La victime est trop souvent accusée d’avoir provoqué ce qui lui est arrivé, il est question de victim blaming

 

Aujourd’hui quelques améliorations sont tout de même à relever, ou plutôt du bon sens. Depuis 2001, il est possible pour les victimes de violences sexuelles de porter plainte dans n’importe quel commissariat ou gendarmerie en France, même si l’infraction présumée a été commise à des centaines de kilomètres de là. Une charte a également été créée en 2004 concernant l’accueil des victimes. Celle-ci exige un « comportement empreint de politesse, de retenue et de correction et un accueil privilégié pour les victimes d’infractions pénales ». Cependant il n’est pas dit qu’un agent spécialisé dans le traitement de ces affaires soit présent surtout si la plainte est déposée le week-end ou en soirée. 

Unbelievable a, comme vous venez de le lire, déjà fais couler beaucoup d’encre alors si vous n’avez pas encore regardé cette série, il est temps de le faire. En plus d’être une histoire vraie c’est une véritable série policière qui vous tiendra en haleine jusqu’au dernier épisode.

 

 UNE VÉRITABLE HISTOIRE 

Cette histoire n’est pas totalement inconnue du grand public. En effet en 2015 deux journalistes, Ken Armstrong et T. Christian Miller, enquêtent et écrivent un article poignant sur une série de viols qui ont eu lieu aux Etats-Unis entre 2008 et 2011. Leur récit nous relate les faits à travers deux enquêtrices du Colorado, incarnées par Merritt Wever et Toni Collette dans la série. L’article s’articule comme une véritable enquête de police : les dates et les lieux sont indiqués à chaque étape de l’investigation des journalistes. Nous pouvons même y voir les photos des objets que le violeur a utilisé chez chacune de ses victimes (des lacets, une ceinture, un appareil photo rose, des baskets Adidas et un sac à dos). Les deux journalistes ont publié leur enquête sur le site ProPublica et ont été récompensé par le prix Pulitzer aux Etats-Unis.  

 

Par Noémie Perrin

Louve – Sanguine

Louve – Sanguine

Louve – Sanguine

Laissez-nous vous présenter LOUVE, l’alter-ego de Maud Ferron qui nous livre son nouveau morceau SANGUINE, accompagné d’un clip sensuel et planant AUX ACCENTS éPICURIENS.

Tu peux nous décrire Louve en quelques mots et quelques émojis? 

Louve, c’est un peu mon alter-ego, celui qui me permet de m’exprimer différemment et librement. En fait, ce projet réunit tout ce que j’aime dans la création et l’art (le chant, la musique, la danse, l’acting, la réal, le stylisme…). C’est un projet dont j’ai toujours rêvé et avec lequel je ne me met aucune barrière. C’est comme si cet alter-ego me permettait de n’avoir peur d’aucun jugements (ou presque…) 
👑🍊🔮

 

C’est quoi être sanguine pour toi?

Être sanguine, c’est être confiante, guerrière, sensuelle et libre ! 

Si tu devais choisir un album comme BO de ta vie, ça serait quoi?

‘Virgin Suicides’ de Air. C’est un album que j’écoute en boucle depuis toujours, il m’inspire, me rend mélancolique et me fait rêver. 

Clip réalisé par Maud Ferron et Arnaud Khayadjanian

Retrouvez LOUVE sur Facebook et Instagram

                 Backstages du clip Sanguine

Recorta y mueve – collage & gifs

Recorta y mueve – collage & gifs

Recorta y mueve – collage & gifs

Ce mois-ci on vous présente ANGY ABBRUZESSE, une artiste vénézuélienne, et son projet recorta y mueve: des collages et gifs mElant dessin à la main, illustration digitale et des billets de banque comme matière première.

 

” It is important to question our preconceived notions through creativity, and open ourselves to the idea that everything can be used as a material of play and strategy, even if it is paper money, something so deeply rooted to its conventional use.” 

“C’est important de remettre en question nos idées préconçues par le biais de la création, et de s’ouvrir à l’idée que tout peut être utilisé comme matière de jeu et stratégie, même des billets de banque, quelque-chose de très rattaché à son utilisation conventionnelle.” 

When strangers ask « so what do you do in life? », what do you usually answer?

I study and make gifs.

Quand un étranger te demande ce que tu fais dans la vie, tu réponds quoi?

Je fais des études et des gifs.

What brings you joy in your work?

To feel that it is a game.

Qu’est-ce qui t’apporte de la joie quand tu travailles?

De ressentir que c’est un jeu.

What’s your secret talent?

I make good life plans.

Quel est ton talent caché?

Je fais des bons plans de vie !

And finally, if you could live in a movie, which one would it be?

I would live in The Mask.

Et pour finir, si tu pouvais vivre dans un film, lequel ça serait? 

Je vivrais dans The Mask.

Retrouvez Recorta y Mueve sur son site et Instagram

BLASH – le kit qui mele sexe et art

BLASH – le kit qui mele sexe et art

BLASH – le kit qui mele sexe et art

Un peu d’art et de sexe en kit ça vous branche? BLASH est là pour vous !

Blash c’est l’excuse pour se foutre de la peinture partout, faire des galipettes et se revendiquer artiste, tout ça en même temps. 

Son contenu regroupe une toile, une housse de lit, des gants de toilette, des chaussons, un manuel avec scénarios érotiques et des goodies, parce qu’il faut toujours penser à la petite attention.

Une fois paré de votre kit, il vous faut choisir vos couleurs qui dessineront vos ébats. La peinture Blash est lavable, sans risque pour votre peau et s’applique sur la toile avant que vous ne fassiez votre affaire dessus… A vous de jouer ! 

BLASH est né de l’imagination de MelANIE et Rob, alors on a voulu plonger un peu plus profond dans leurs cerveaux EN RENCONTRANT LA MOITIÉ DE CE DUO: Mélanie

 

Comment est née l’idée de mêler amour, sexe et art?

L’idée nous est venue lors d’une visite au musée d’art moderne de Barcelone, fin 2016 avec une exposition sur Ibiza dans les années 1970 où les gens faisaient l’amour en s’enduisant de peinture. On a de suite regardé si un kit dans ce style existait pour pouvoir essayer de notre côté et nous n’avons rien trouvé de tel. Emballés par le concept, mon associé, qui est aussi mon conjoint, travaillant dans la communication visuelle, s’est profondément penché sur la question, on a réfléchi à comment ne pas mettre de la peinture partout, sur le lit, ou sur le sol en marchant… Le résultat: un kit rempli d’amour de sexe et d’art. 

Est-ce que le sex art ne serait pas le descendant du Street Art?

Même si le mots « art » est présent dans les deux cas de figures on ne peut pas dire que ce soit le descendant. Voilà deux arts bien différents. Pour moi l’art urbain, c’est un mouvement artistique réalisé dans la rue ou dans un endroit public. Notre kit s’utilise sur un lit…. Mais bon… je pense que les plus téméraires ont déjà peut être testé sur la banquette arrière d’une voiture ou dans un champ de tournesol ! Le sex art pour Blash réunit l’amour et l’art et crée une toile unique. 

C’est un mouvement artistique à part entière. Vivre avant tout une expérience. Utiliser vos corps enlacés pour ensuite les exposés dans vos salons. Chacun d’entre nous est artiste. Pourquoi pas en couple ? 

 

Comment est-ce qu’on fait pour démocratiser cet art?

Blash est un marché de niche.Beaucoup de personnes dans notre entourage ne sont pas prêtes à sauter le grand pas alors que d’autres sont surexcitées à l’idée d’essayer. Réveillez les artistes en vous ! Flash offre la possibilité de peindre une œuvre d’art sans pour autant être un grand artiste. Comme quoi l’art est à portée de tous·tes ! 

C’est un cadeau que l’on peut offrir à son/sa partenaire pour faire renaitre une flamme éteinte. C’est aussi un cadeau pour un anniversaires de couples, mariage, saint valentin ou n’importe quel autre jour… Il n’y pas vraiment de moment pour utiliser Blash. Juste pouvoir s’éclater autour d’un concept fou et artistique.

Nous préparons actuellement une collaboration avec l’illustratrice Safia Bahmed Schwartz, une artiste pluridisciplinaire qui colle parfaitement avec l’identité de BLASH. L’idée avec Safia est de créer un coffret édition limitée avec un dessin unique à notre image… Et ça arrive bientôt ! 

 

Pour finir, avec qui aimerais-tu être coincée dans un ascenseur?

Quand j’ai lu la question je me suis dit « ahhh chez Cacti elles sont barrées », un peu comme nous ! Je dirais mon mec mais c’est trop facile. Bon en vrai Mac Gyver dans un ascenseur ça pourrait pas mal aider, un bon chewing gum dans la bouche et c’est reparti.

 

Retrouvez tout l’univers BLASH sur leur site internet

Sur Instagram @weareblash

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Birthday Girl : Hedy Lamarr

Birthday Girl : Hedy Lamarr

Birthday Girl : Hedy Lamarr

Chaque jour, dans l’intimité de leurs foyers ou à la lueur de bougies maladroitement allumées par un serveur désabusé et encouragés par des chants traditionnels entonnés avec une justesse relative par leurs proches, des millions d’êtres humains fêtent leur anniversaire. Parmi eux figurent beaucoup d’anonymes mais aussi, parfois, une femme au destin exceptionnel ; c’est le cas aujourd’hui. Alors sors ton best of de Patrick Sébastien et chauffe-toi la voix, Cacti t’invite à la BDAY PARTY d’Hedy Lamarr !

Hedy Lamarr n’a rien à voir avec Kendrick Lamar. Elle se distingue d’ailleurs de lui de plusieurs manières :

1. C’est une femme ;

2. Sans vouloir préjuger de l’œuvre à venir de Kendrick L, je peux d’ores et déjà affirmer qu’il y a de grandes chances pour qu’elle ait été beaucoup plus utile que lui à l’humanité (on pourrait même dire que sans Hedy Lamarr, Kendrick Lamar ne serait peut-être jamais devenu Kendrick Lamar) ;

3.Et pourtant, personne ne la connait. D’ailleurs même mon logiciel de traitement de texte me souligne « Hedy Lamarr » en rouge. En revanche, Kendrick Lamar, pépouze, il est reconnu par le dictionnaire. SUPER

Mais reprenons au commencement. La petite Hedy Lamarr nait à Vienne le 9 novembre 1914 d’un papa banquier et d’une maman pianiste. Elle entre dans le monde du cinéma à 16 ans et remporte très vite un certain succès, fort duquel elle rejoint Berlin en 1931. Elle y fait scandale deux ans plus tard (à dix-neuf ans, donc) en tournant dans Extase une scène d’orgasme qui fera d’elle la première femme à jouer un orgasme au cinéma, cinquante-six ans avant Meg Ryan dans Quand Harry rencontre Sally, c’est dire.

Ça reste soft quand même, même si ça a été condamné par le pape

Elle épouse alors l’industriel Friedrich Mandl, tellement jaloux qu’il lui interdit le métier d’actrice et la légende raconte même qu’il manque de se ruiner en voulant racheter toutes les copies d’Extase, tout en visionnant en boucle sa scène d’orgasme.

Trop vénère, elle s’enfuit, d’abord en Suisse puis aux Etats-Unis sur Le Normandie (le transatlantique hein, pas l’UGC) à bord duquel elle arrive à convaincre le producteur Louis B. Mayer de l’engager une fois arrivés aux USA, à des conditions sept fois supérieures à ce qu’il lui proposait initialement. De là, sa carrière d’actrice redécolle… mais nous ne sommes pas ici pour parler du rise and fall de sa carrière d’actrice.

(Ni, d’ailleurs, de ses cinq autres mariages, de son retrait du monde en fin de vie ou de ses opérations de chirurgie esthétique ratées.)

Non, on est là parce que durant la Seconde Guerre mondiale, elle décide d’aider l’effort de guerre des Alliés. Bricoleuse depuis l’enfance, elle imagine, entre autres, un bouillon cube de soda pour que les soldats n’en soient pas privés sur le front (si ça c’est pas une vraie américaine). Mais surtout, en 1941, elle invente avec son ami le compositeur George Antheil un système d’ondes radio alternatif qui permet aux torpilles de ne pas se faire repérer.

Malgré le génie de ce système, Antheil et elle se font gentiment envoyer balader quand ils la proposent à l’armée (c’est sûr qu’une actrice et un musicien ça peut pas vraiment être pris au sérieux), et ce n’est que 20 ans plus tard que l’armée US la ressortira des cartons et l’utilisera.

Depuis, ce système a permis l’apparition du GPS, des ondes Wi-Fi, du Bluetooth et des technologies mobiles en général.

En résumant grossièrement, sans Hedy Lamarr et son invention, pas de téléphone portable ; sans téléphone portable, pas de smartphone ; sans smartphone, pas d’explosion des réseaux sociaux ; sans explosion des réseaux sociaux, pas de palais. EUUUH pas de Kendrick Lamar. Enfin, je dis ça, je suppute quoi.

Le 9 novembre, désormais fête des inventeurs en Autriche, Allemagne et Suisse en son honneur, elle aurait eu 105 ans. Birthday girl !

Vazy Craig chante joyeux anniversaire.

Par Amandine Deguin 

Illustration par Lucie Mouton