Mathias B. fait des photos

Mathias B. fait des photos

Mathias B. fait des photos

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne panique pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente le photographe Mathias B.

Je m’appelle Mathias et je m’intéresse à la photographie depuis plusieurs années. D’abord par mes études, j’ai étudié l’histoire de l’art et plus particulièrement la réception et la conservation d’archives photos. Ensuite, dans mon quotidien, j’y suis confronté dans le cadre de mon activité professionnel. Je travaille autour de la conversation préventive de différents supports photographiques dans une institution patrimoniale parisienne. C’est donc d’abord par une approche théorique que j’ai découvert le monde de la photographie. Très vite cependant, il m’est apparu que si je souhaitais appréhender ce médium dans son entièreté, je me devais aussi de m’y confronter par sa pratique. Comment en effet comprendre les enjeux de la conservation d’une image sans en connaitre les gestes de sa production ?

 

 

Ma série porte sur le football féminin. J’ai voulu à travers ce petite collection me confronter à une activité sportive encore mal représentée et extrêmement limitée dans les médias, et quand celle-ci est représentée, l’imagerie développée est extrêmement impersonnelle et passive. Excepté peut-être le travail récent de Charlotte Hadden pour Dazed, la représentative de la footballeuse est souvent désincarnée, posées, lointaine ou inspirées de leur pendant masculin, rares sont les photos qui ne sont pas mises en scène et témoin d’une véritable vie sportive. J’ai essayé à travers cette série de me faire le médiateur d’une équipe de foot féminine. En prenant contact avec une équipe de foot féminine, j’ai voulu à ma porter, tenter de ma faire le médiateur de ce je voyais sans mise en scène. J’espère que ce série témoignera de cette tentative de rendre justice à une activité sportive encore mal représentée.

PHOTOGRAPHIE PAR MATHIAS B.

Lettre à Rosa Luxembourg (1871-1919)

Lettre à Rosa Luxembourg (1871-1919)

Lettre à Rosa Luxembourg (1871-1919)

Militante socialiste et communiste, théoricienne marxiste qui s’est brillamment imposée, malgré la composition très masculine de son milieu.

Chère Rosa,

C’est chaud patate en ce moment dans le monde. Reviens stp.

Breaking new : l’Alabama vient juste de voter une loi anti-avortement des plus répressives. La stratégie ? Non pas criminaliser les femmes qui ont recourt à l’avortement, mais les médecins qui le pratiquent, leur faisant risquer entre 10 et 99 ans de prison. Pas de praticien, pas d’avortement, hop là le tour est joué. Et comme si on pouvait faire pire, la seule exception à cette loi intervient quand la mère est en danger vital, ou que le foetus présente une « anomalie létale ». Oui, c’est la SEULE exception, ce qui signifie qu’une femme victime de viol et/ou d’inceste ne pourra pas avorter.

Et ça ne s’arrête pas là : les promoteurs de la loi veulent faire monter l’affaire jusqu’à la Cour Suprême des Etats-Unis (qui est un peu la cheffe des tribunaux), où deux juges ultra-conservateurs ont récemment été nommés par Trump, pour faire annuler la décision « Roe vs. Wade » de 1973, qui fonde le droit à l’avortement aux Etats-Unis.

Petite image de ces formidables personnes chopée sur le net :

« Les 22 sénateurs d’Alabama qui ont voté contre le fait d’introduire une exception pour viol ou inceste dans la loi sur l’avortement. Je sens qu’ils ont quelque chose en commun… mais j’arrive pas à mettre le doigt dessus. »

 

Encore une preuve que les droits acquis ne le sont jamais vraiment, et qu’on aura toujours besoin du féminisme.

 

Heureusement, il est plus vivant que jamais. J’aimerais te parler d’une initiative qui t’aurait surement plu : le « Féminisme pour les 99% » de Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacharya et Nancy Fraser.  Ce manifeste clashe en règle le féminisme libéral, c’est-à-dire le féminisme des cadres d’entreprises, qui ne remettent jamais en question la situation de toutes les autres femmes, les 99% : « Nous n’avons aucun intérêt à briser le plafond de verre si l’immense majorité des femmes continuent d’en nettoyer les éclats ». Autrement dit, quel intérêt y a-t-il à revendiquer une égalité de chances si c’est pour mieux dominer ?

 

Lutter contre le patriarcat sans prendre en compte sa bromance avec le capitalisme, c’est être contre-productive, c’est oublier les 99% des femmes dans le monde. Et, je suis sûre que ça va te ravir, il semble qu’on assiste à la ré-émergence d’un féminisme, populaire dans les années 70, qui va chercher les racines de l’oppression. Il était temps !

 

J’espère que tu veilles sur nous et nos luttes, envoie nous un peu de ton aura de badassitude. Merci d’avance.

 

Longue vie à celleux qui n’arrêtent jamais de lutter !

Par Clémentine Biard 

Illustration par Marie Casaÿs 

Dis Maîtresse, c’est quoi un.e TDS ?

Dis Maîtresse, c’est quoi un.e TDS ?

Dis Maîtresse, c’est quoi un.e TDS ?

Avé les chiards. Bon, ce matin on va parler d’un truc hyper important qui s’appelle le féminisme pro-sexe. J’ai eu cette idée brillante parce que Cerise, après s’être faite traitée de « prostipute » par Gaspard, toi petit con je te jure que si je te choppe à réutiliser ce mot comme une insulte tu vas passer un sale quart d’heure, en a profité pour me demander ce que ça voulait dire.
Alors déjà Gaspard « prostipute » est un mot qui n’existe pas. Voilà. Un peu comme on ne dit plus « crocrodile » ni « pestacle » à huit ans, mais ça j’imagine que c’est trop te demander vu ton niveau de QI. Le vrai mot est donc « travailleuse du sexe », et sa version vulgaire c’est « pute », mais ça vous êtes pas obligés de le noter dans vos cahiers, surtout Caroline avec les grenouilles de bénitier qui te servent de parents, ok ? Merci. DONC une travailleuse du sexe c’est quoi ? Eh bien une travailleuse du sexe, ou TDS mes petits lapins c’est simplement une femme dont le métier consiste à vendre des prestations sexuelles.

Par exemple, Kevin, ton père il est kiné c’est bien ca ? Ça veut dire que des gens viennent dans son cabinet, ils s’installent, ton père il leur fait des trucs qu’il sait super bien faire (normal c’est son métier), les gens lui donnent des sous et ils repartent en se sentant mieux.

Les TDS, c’est pareil. Et ce qu’elles savent super bien faire, c’est du sexe. Le problème, avec la prostitution, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui pensent être des héros des temps modernes, du genre défense de la veuve et de l’orphelin, parce qu’ils s’y opposent avec passion, proclamant que soi-disant que ça avilit la femme. Alors laissez-moi tout de suite vous dire que c’est du bullshit.

Les gens qui disent ça, c’est surtout des gens qui ne sont pas encore trop sortis du patriarcat et qui continuent de penser que la femme est faible et qu’elle est forcément une victime, alors que le problème c’est pas les femmes qui se prostituent, c’est ceux qui exploitent les prostituées, qu’on les appelle des proxénètes, et les proxénètes, si vous voulez mon avis, ça fait des super personnages de NCIS mais dans la vraie vie c’est pas jojo.

Heureusement, en France, le proxénétisme est interdit. Mais ne croyez pas que c’est une si bonne nouvelle que ça ! Pour combattre le proxénétisme, le législateur n’a rien trouvé de mieux que d’interdire « d’aider, d’assister la prostitution d’autrui », ou de « vivre aux dépends d’un travailleur du sexe ». C’est les articles 225.5 et 225.6 du Code Pénal Constance, si tu veux vérifier avant de venir me faire chier avec ton père qui est avocat.

Résultat, techniquement, il est interdit de donner un conseil à une amie prostituée, ou de louer un appart à une travailleuse du sexe, ou même par exemple de toucher un peu de sous de sa mère, si celle-ci est une TDS. Faut imaginer une jeune femme de 18 ans, qui part faire ses études, dont la mère paie un appart dans la ville d’à côté et qui se retrouve accusée de proxénétisme. Le délire. En réalité, tout est fait pour dissuader les TDS d’avoir cette activité.

Mais il y a pire : la loi condamne aussi les clients. Sous couvert de renverser le rapport de force en faveur des prostitué.e.s, cette loi les place au contraire dans une position beaucoup plus fragile : comme il y a moins de clients (forcément), il est plus difficile de les refuser, quitte à, par exemple, accepter des pratiques qu’on n’aime pas. Quant aux agressions, les TDS s’entendent souvent dire par la police, lorsqu’elles la sollicitent, des phrases désespérantes du genre : « t’es prostituée, ça fait partie des règles du jeu ».

Alors pour se garantir une clientèle malgré ces lois, les TDS se retrouvent souvent contraint.e.s de passer par des agences… Ce qui finalement relève du proxénétisme.

Alors plutôt que de condamner le travail du sexe et de chercher à provoquer sa disparition à travers des lois contre-productives, on ferait mieux de tout réglementer comme n’importe quel profession pour permettre la mise en place d’un « contrat intersexe sain et clair », comme l’appelle de ses vœux Virginie Despentes dans King Kong théorie. Après tout, les femmes ont le droit de disposer de leur corps comme elles l’entendent, et si elles sont consentantes et convenablement payées je vois pas pourquoi elles auraient pas le droit de se prostituer. Voilà pourquoi Gaspard t’as tout faux quand tu penses que t’as insulté Cerise en la qualifiant de prostituée, c’est comme si tu l’avais traitée, je sais pas moi, d’institutrice par exemple. Enfin quand je vous regarde et que je vois toutes vos tronches de dégénérés là parfois je me demande même si c’est pas préférable de finir prostituée qu’instit, en fait.

Par Amandine Deguin 

Sur une idée originale de Camille Dochez

Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le temps est bon, le ciel est bleu, Instagram la tyrannie de la perfection, 29 % des utilisatrices se disent sous influence.

Le principe de l’application tient en une phrase « pouvoir partager ses photographies avec son réseau en quelques secondes » selon la page Wikipédia dédiée à Instagram. 

La communauté d’Instagram est souvent décrite comme composée de deux catégories d’inscrits : les utilisateurs et les influenceurs. Un utilisateur est un membre lambda de la communauté, ayant une pratique plus ou moins régulière et souvent très personnelle du réseau social. Un influenceur est un utilisateur un peu différent, qui se démarque par ses followers, par l’influence qu’il exerce et par ses photos d’avocado toast. 

Aussi, on retrouve les mêmes standards féminins de beauté que dans n’importe quel magazine : les influenceuses les plus populaires sont toutes jeunes, minces, parfaitement maquillées et coiffées, au style impeccable et au physique irréprochable.  Les sourires sont figés et sponsorisés,  la pose semble inconfortable mais qu’importe : cela rapporte des likes. Dans un article du Huffington Post Québec intitulé « L’image de la femme parfaite dans notre société », Dina Husseini écrit : « La beauté se manifeste à travers le réseau médiatique, surtout avec l’apparition des top-modèles. Celles-ci incitent, de manière indiscutable, les femmes à aller faire des entraînements d’activités physiques ou de faire des régimes pour maigrir. »

23 % des influenceuses Instagram sont des top-modèles.

Publiée le 8 novembre dernier par les trois universitaires Jasmine Fardouly, Rebecca T. Pinkuset Lenny R. Vartanian, une étude sur l’impact des comparaisons d’apparences faites par les femmes sur les médias sociaux, met en exergue la capacité pernicieuse d’Instagram à susciter chez les jeunes femmes l’envie et la jalousie du corps de l’autre. Sur les 150 étudiantes sondées, la plupart ont même avoué être de plus mauvaise humeur et plus mal à l’aise avec leur apparence après avoir comparé leur corps avec celui d’une Instagrameuse. 

Heureusement, des comptes comme Wondher, Le Salon des Dames, Virginandmartyr et plein d’autres montrent une autre facette d’Instagram et permet de libérer et valoriser la parole des femmes. Le super compte de Celeste Barber reproduit des photos de stars avec dérision et dénonce avec humour la superficialité des posts. 

Faite attention aux réseaux sociaux, il est important de relativiser et de ne pas se comparer aux autres.

 

 Texte – MANON BENBOUDRIOU

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

Bad Bitches Only – jeu de société féministe

Bad Bitches Only – jeu de société féministe

Bad Bitches Only – jeu de société féministe

L’entreprise Gender Games, créée en 2019, met au cœur de sa mission de créer des moyens de divertissement féministes.
Quèsako ? Si on a peu l’habitude d’entendre ces deux mots côte à côte, le mode de fonctionnement est pourtant très simple : aborder des problématiques féministes de manière détendue et ludique, à travers des jeux de société.

Un constat : tout le monde se souvient du nom du premier homme à marcher sur la lune, mais moins de la première femme à être allée dans l’espace.
Cela est une conséquence directe de la sous-représentation des femmes dans les médias et autres supports, alors même qu’elles ont tout autant marqué l’histoire.

Gender Games a souhaité renverser la tendance avec BAD BITCHES, en offrant 100 % de l’espace aux femmes et personnes transgenres et/ou non-binaires.L’occasion de se rendre compte que nous en connaissons plus que nous le pen- sons et qu’elles méritent autant d’avoir leur propre jeu !

BOOM ! Si ça ne vous a pas mis l’eau à la bouche, on ne sait plus quoi faire pour vous !

ALORS, COMMENT ON Y JOUE ?

On peut jouer à Bad Bitches Only à 3 ou plus, n’importe où. 

Le but du jeu ? Faire deviner un maximum de personnalités 2cool4school en un temps limité. 

Mais pour pimenter le jeu, Gender Games a ajouté plusieurs manches un peu plus hardcore, sinon c’est pas drôle : saurez-vous faire deviner Cléopâtre ou Madonna en un mot, en mimant ou en dessinant ? C’est le moment de briller en révélant vos talents cachés! 

Au sein de ses 245 personnalités, tu retrouveras des BAD BITCHES connues (hello Beyoncé) et d’autres invisibilisées par l’histoire (hello Rosalind Franklin), issues de domaines divers, arts, sport, sciences, politique… Chacun·e aura sa Bad Bitch favorite! 

Ça y est, l’envie d’y jouer te brule ? Et bien on t’invite à cliker sur leur page ULULE afin d’en découvrir encore plus et pré-commander ton jeu.

 

Retrouve GENDER GAMES sur Facebook et Instagram

et leur super site des internets

 

 

Par Claudia Bortolino