Dora nique le patriarcat – Aux U.S.A

par | Mai 20, 2019 | Dora nique le patriarcat | 0 commentaires

Depuis que ses seins ont poussé, accompagnés d’une vive conscience politique, Dora l’exploratrice est dévorée par l’envie impérieuse de déglinguer le patriarcat. Ce mois-ci, la rédaction de Cacti l’a envoyée en Géorgie pour voir où en est le féminisme dans l’Amérique de Trump, où le droit à l’avortement commence dangereusement reculer.

Voici son compte-rendu.

Babouche et moi rentrons tout juste d’Atlanta où nous avons passé de super vacances. Là-bas, une nouvelle loi vient d’être signée et entrera en vigueur l’année prochaine et il faut absolument que je vous en parle.
Elle est assez golri : elle dit que les fœtus, à partir du moment ou un battement de cœur est détecté (c’est-à-dire après environ de six semaines de grossesse), sont des êtres humains, avec des droits juridiques et tout. Et que par conséquent un avortement après six semaines (contre vingt semaines auparavant) reviendrait, en toute logique, à un meurtre.
Comme en Géorgie le meurtre est passible de peine de mort, je te laisse imaginer le délire. Heureusement, ça peut se limiter à la prison à vie, et ça c’est moins relou LOL.
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C’est la première fois aux Etats-Unis que les femmes qui mettent elles-mêmes un terme à leur grossesse sont criminalisées. Avant si elles se démerdaient par leurs propres moyens ça ne regardait personne. Maintenant, ça va encore plus loin que ça :
– Elles seront accusées de complot si elles vont avorter dans un autre Etat
– Elles seront accusées d’homicide au 2e degré (sans préméditation) si elles font un truc qui provoque une fausse couche (fumer un joint, faire Space Mountain, manger des haricots verts…)

En plus, notion de fœtus qui devient une personnalité juridique pose plein de nouveaux problèmes hyper marrants, du genre :
– Que faire des femmes qui seront incarcérées et enceintes au moment où la loi entrera en vigueur ? Pourra-t-on considérer leurs enfants comme des citoyens Géorgiens détenus contre leur gré ?
– Comme cette loi est censée, d’après le gouverneur de la Géorgie, « garantir à tous les Géorgiens l’opportunité de vivre, grandir, apprendre et prospérer », est-ce qu’elle ne se contredit pas en permettant à des enfants de naitre dans des familles qui ne veulent pas d’eux ?
– Vu que six semaines d’aménorrhée ça correspond à peu près à un retard de deux semaines de règles, faut-il systématiquement éviter d’aller à Disneyworld durant les 21 premiers jours du cycle ?

On pensait que personne ne pouvait faire pire en termes de contrôle sur le corps des femmes mais heureusement la semaine dernière l’Alabama a gagné le jackpot de la mesure la plus répressive concernant l’avortement.
L’Alabama, tenez-vous bien, vient de voter une loi interdisant même l’avortement « en cas de viol ». (Bon tous les détracteurs de cette loi précisent « ou en cas d’inceste » mais si l’inceste c’est pas du viol alors moi je suis Peau d’âne.) CE QUI SIGNIFIE que désormais les femmes enceintes après un viol, même mineures, devront mener cette grossesse jusqu’à son terme, puisque les médecins pratiquant des avortements seront passibles jusqu’à 99 ans de prison. La solution envisagée sera sans doute le recours en masse à l’abandon d’enfants qui viendront grossir le rang des orphelins en foyer.
Mais le président du Sénat d’Alabama, content de lui et magnanime, a qualifié cette étape de « majeure dans la défense des droits de l’enfant à naître ».

VOILA SUPER MERCI BONSOIR.

Par Amandine Deguin 

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