La Playlist d’Humour Man – Quand je déboule sur le Catwalk à toute berzingue.

La Playlist d’Humour Man – Quand je déboule sur le Catwalk à toute berzingue.

Le Salon des Dames – Art & Mode : Union Scandaleuse

Le Salon des Dames – Art & Mode : Union Scandaleuse

Month: April 2019

On continue notre collaboration avec la revue Deuxième Temps. Tous les mois, Céline Giraud et Alicia Martins nous parlent de faits de société contemporains et les mettent en relation avec des œuvres et des artistes passé·e·s, présent·e·s ou futur·e·s. Histoire de faire dialoguer tout ce petit monde.

ART & MODE : UNION SCANDALEUSE


Ces milieux font le prestige de la culture française à l’international. Ils génèrent tous deux de l’argent – beaucoup d’argent – et sont soumis à des normes et à un public choisi. Ils prennent racine à Paris, entre fashion week et “grands” musées, qui deviennent leur lieu de rencontre. Des créateurs comme Viktor & Rolf vont jusqu’à créer des “robes-tableaux”, et certains défilés ont même lieu dans des musées comme le Grand Palais.

 

La mode est ainsi sacralisée par l’édifice muséal et devient à la fois objet d’exposition et de patrimoine. Si on ajoute à cela les Fondations comme Cartier, ces échanges sont gravés dans le dur et la tradition.

 

Ce n’est pas si étonnant car l’art et la mode ont de nombreux points communs : au départ, dans les années de la Bohème parisienne, leurs acteurs appartenaient aux mêmes cercles sociaux ; ils sont dans une constante évolution de la ligne et des couleurs qui attireront l’oeil. Ils fonctionnent tous deux par période et certains voient la haute couture comme le 10ème art. Il est donc logique que leurs créations se rencontrent. Mais quand ces deux milieux collaborent, à qui s’adressent le résultat et les bénéfices ? Nous, spectateurs et consommateurs, ou une toute autre catégorie d’amateurs ?

Viktor & Rolf

 

S’influencer pour renouveler les genres
A priori ce sont d’abord les plasticiens qui se sont emparés de la mode. Beaucoup utilisent le vêtement ou les accessoires dans leurs réalisations : pour ces pièces, c’est la première manière d’intégrer les collections muséales. Meret Oppenheim l’a fait avec ​Ma gouvernante​. Cette réalisation utilise la symbolique du vêtement représentant alors la personne qui le porte. L’accessoire de mode permet à Oppenheim de travailler différemment. L’artiste nous alerte aussi sur la portée d’une simple paire de chaussures, véritable marqueur social.

Dans les mêmes périodes, Dali était fasciné par le monde du tissu et a joué avec ses codes notamment en collaboration avec la couturière Elsa Schiaparelli. Il provoque et propose des pièces qui ne sont pas réellement pensées pour être portées, comme son ​Chapeau-soulier​. C’est à se demander si c’est encore de la mode ! C’est à la limite du produit dérivé, l’idée d’une “marque” artistique qui s’étend au prêt-à-porter.

D’autres collaborations ont suivi et continuent d’émerger aujourd’hui. Mais encore une fois, la mode sur les podiums montre des femmes et hommes longilignes, fins, droits (Karl Lagerfeld disait que les mannequins étaient des cintres). Et certaines posent question : quand Jeff Koons et Vuitton travaillent ensemble, c’est un condensé assez unique de luxe et une machine à fric artistique qui émerge. Ils ne reprennent que des tableaux célèbres qui font vendre. Quelle est alors la portée artistique ? On peut presque parler de prêt-à-créer ou de prêt-à-vendre. Car en réalité, la majorité du temps c’est la mode qui puise dans les motifs artistiques. Seulement, de quelle mode parle-t-on ?.

Deux grands arts à grand prix

Quand la mode travaille avec les artistes, elle parle à une certaine population. C’est une niche artistique ; c’est de la “haute couture”, comme on le voit chez Yves Saint-Laurent avec les motifs de Mondrian.

On peut même aller plus loin : ces créations parlent aux riches et non au grand public. Mais que penser quand les réalisations ne sont même pas conçues pour être portées ? Quand les musées sont les premiers acheteurs et que seule une élite ou les institutions ont le budget pour les posséder ? N’est-ce donc pas contraire à l’un des principes majeurs de l’art : parler à tous, créer pour tous ? Ca pourrait bien donner du grain à moudre aux mauvaises langues qui disent que l’art est une aberration mercantile…

Comme pour Jeff Koons x Vuitton, les couturiers utilisent des oeuvres prestigieuses à la cote élevée. Ces tableaux sont bien connus, comme la Joconde ou encore le Jardin des Délices de Jérôme Bosch. On aime bien ce dernier exemple car le sujet du tableau est religieux et montre les péchés capitaux. Et si on y regarde bien, la mode est pensée pour flatter les formes, les égos, et la haute-couture se penche sur les bourses et donc la vanité. Plutôt ironique, non ?

En réalité, ils utilisent ces visuels à la manière de publicitaires : un tableau connu devient symbole patrimonial que les gens reconnaissent et achètent. Et ceux qui peuvent se le permettre donnent une justification culturelle à leur achat.


Au delà de toutes problématiques artistiques, on voudrait souligner un aspect éthique et écologique très dérangeant dans ces collaborations. Les grandes maisons ne sont pas toujours respectueuses des droits de l’homme dans leurs chaînes de production. Elles le sont même rarement. Et en termes écologiques, elles ne font généralement pas de recyclage. Presque toutes détruisent leurs invendus, pour éviter de dévaluer leurs produits. Dans Fatal attraction​ de Sylvie Fleury, on en voit la critique : en utilisant des plastiques de marques de luxe, cette installation nous évoque les coulisses des productions et nous rappelle combien tout ceci est commercial. On consomme des vêtements comme s’ils étaient des produits de première nécessité.

Alors que des scandales secouent régulièrement le milieu de la couture de luxe – commerce du coton, usines qui s’effondrent, exploitation humaine -, comment laisser l’argument artistique justifier de telles pratiques ?

Céline Giraud & Alicia Martins Fondatrices de la revue Deuxième Temps

DORA NIQUE LE PATRIARCAT – en Arabie Saoudite

DORA NIQUE LE PATRIARCAT – en Arabie Saoudite

Month: April 2019

 

Depuis que ses seins ont poussé, accompagnés d’une vive conscience politique, Dora l’exploratrice est dévorée par l’envie impérieuse de déglinguer le patriarcat. Ce mois-ci, la rédaction de Cacti l’a envoyée en Arabie Saoudite pour voir où en est le féminisme dans le dernier pays à avoir accordé aux femmes le droit de conduire. Voici son compte-rendu.

Hello ! Moi, c’est Dora ! Aujourd’hui nous allons vivre ensemble l’aventure de l’Arabie Saoudite, le pays où les femmes n’ont le droit de conduire que depuis un an. Youpi !

L’Arabie Saoudite est une monarchie absolue islamique, deuxième pays du monde arabe après l’Algérie, et qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois à cause de sa conception toute relative des droits de l’homme en général et des droits de la femme en particulier. Déjà, la première chose à savoir quand on voyage là-bas, c’est qu’une femme seule n’a pas le droit d’entrer sur le territoire saoudien, ni de dévoiler la moindre partie de son corps en public : à peine avais-je posé le bout de ma boots hors de la climatisation de l’aéroport que Babouche me tendait avec un regard désabusé un niqab et une abaya (sorte de sur-robe qui recouvre tout, à l’exception du visage, des pieds et des mains) destinés à cacher mon corps de rêve. Ecrasée de chaleur et frémissante sous la caresse d’une bourrasque de simoun, je l’ai enfilée en hâte, après un dernier regard nostalgique à mon poum poum short acheté spécialement pour l’occasion, mais néanmoins pas fâchée à l’idée de passer quatre jours sans toucher à mon rasoir.

Allez, à l’aventure, c’est parti !

On a beaucoup parlé en octobre dernier du meurtre de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien expatrié aux Etats-Unis depuis ses critiques envers le prince héritier Mohammed ben Salmane (que tout le monde surnomme MBS, genre le mec c’est le BHL du Moyen-Orient), dont la responsabilité dans cet assassinat vient d’être confirmée par les Etats-Unis (sauf Trump, bizarrement). Mais une autre injustice terrible est en cours en Arabie Saoudite : depuis près d’un an, onze féministes saoudiennes sont enfermées sous des prétextes un peu foireux. Alors oui ça ressemble à un revival de Orange is the New Black, mais croyez-moi c’est vachement moins glamour – parce qu’en vrai elles se sont juste battues pour les droits des femmes.

Elles ont, entre autres, bataillé pour obtenir le droit de conduire, qu’elles ont finalement obtenu en septembre 2017 (jusque-là elles devaient être conduites par un homme de leur famille ou se ruinaient en chauffeurs privé, enfin moi c’est Babouche qui me trimballe partout mais c’est un choix alors c’est pas pareil). Le truc marrant c’est qu’elles ont été arrêtées alors même que l’autorisation donnée aux femmes de conduire était finalement promulguée. Leur procès, ouvert le 13 mars, est encore en cours ; mais dans un pays capable d’orchestrer pépouze le meurtre d’un journaliste encombrant, inutile de préciser que les observateurs s’inquiètent beaucoup pour son issue. Parmi elles, Loujain al-Hathloul fait partie des lauréats pressentis pour le Nobel de la paix 2019.

Sinon, ici, si une femme reste seule avec des hommes elle peut être accusée de prostitution et c’est passible de la peine de mort. Autant vous dire que j’ai même pas envisagé d’essayer de chopper. En fait, MBS s’évertue à montrer à l’Occident que l’Arabie s’assouplit en termes de mœurs (notamment en réautorisant progressivement le cinéma et la musique, interdits depuis les années 80), mais beaucoup déplorent des effets d’annonce destinés à camoufler des pratiques qui bafouent largement les droits humains.

Eh ben moi qui m’imaginais faire la danse des sept voiles à une assemblée d’hommes en délire qui se seraient battus pour m’emmener survoler des troupeaux de flamants roses en tapis volant, c’est loupé. Alors maintenant que je suis de retour j’ai plus qu’à réinstaller Tinder – et à me raser les jambes, tiens, j’avais fini par les oublier elles.

Par Amandine Deguin 

Caroline Laguerre

Caroline Laguerre

Month: April 2019

Ce mois-ci on vous présente l’illustratrice, DESSINATRICE, peintre AUX TALENTS SANS LIMITE CAROLINE LAGUERRE. 

Comment te présenterais-tu, ainsi que ton travail, à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler d’illustration?!

Si on s’était rencontrées sur Caramail en 2002, je t’aurais dit « Caroline, 12 F Paris. Et toi asv ? » Aujourd’hui Caramail a disparu, mais aussi les POG’s, Michael jackson et la neige en février. 

De mon côté je suis devenue artiste / illustratrice, c’est à dire que j’essaye de convaincre les gens que mes dessins sont mieux que ceux des autres. D’ailleurs, ma devise est « Dessins de qualité, idées lumineuses, modestie. »

Bon plus sérieusement, quand je dois présenter mon travail j’insiste sur le fait que j’apprécie particulièrement varier les techniques, je travaille  autant en numérique qu’à la gouache ou la peinture acrylique, ce que j’aime par dessus tout c’est diversifier les projets ! Sinon, on peut dire que la mélancolie, les femmes corpulentes, les fleurs, l’humour, les salades de fruits et les animaux qui font pipi sont, dans le désordre et de façon non-exhaustive, mes objets de travail favoris.

Qu’est-ce qui t’inspires? Comment est-ce que tu choisis ce que tu vas dessiner?

Tout ce qui m’entoure : les gens, les objets, les paysages, les crottes de chien…

Par exemple j’étais dans le bus hier et j’ai vu une porte d’immeuble assez marrante, ça m’a donné envie de la dessiner. Après même si je pars d’une idée, j’ai rarement une image préconçue dans la tête: j’aime bien me perdre un peu et composer l’image au fur et à mesure.

Je prends également de plus en plus de plaisir à adapter mon travail selon les contraintes qu’on me donne : par exemple je ne ferai pas le même dessin pour une couverture de cahier, pour une affiche, pour une illu de magazine, pour imprimer sur un tissu, pour une peinture murale dans une boutique, pour un projet de Street Art… J’adore le défi de plancher sur une idée pour un projet précis, de répondre à une demande tout en y adaptant mon style.

Du reste, j’écoute pas mal de podcasts dans lesquels les gens racontent leur vie comme Transfert, Emotions, les Pieds sur terre ou encore ceux qui évoquent des histoires judiciaires comme Affaires Sensibles, c’est mon péché mignon !

J’aime cuisiner et bien manger aussi.. Quoi de plus inspirant qu’un bon petit plat ?

 

Qu’est-ce qui te rend heureuse quand tu travailles sur tes illustrations?
Je crois que le moment que je préfère c’est lorsque j’ajoute les derniers détails qui font tout ! J’adore aussi travailler la couleur. Ce sont en grande partie les couleurs qui dictent mes compositions, donc elles ont une place très importante pour moi, j’ai l’impression de retomber en enfance lorsque je colore mes images, comme quand je faisais bien attention à ne surtout pas dépasser lors de mes coloriages !

Et pour finir, si tu devais vivre dans une série TV, laquelle choisirais-tu?

Mes series préférées sont Le Bureau des Légendes, Games of Thrones et Downton Abbey. L’ennui c’est que je n’aurais envie de vivre dans aucune des trois ! Du coup je vais dire les télétubbies, parce qu’il y fait toujours beau temps, le soleil est un bébé qui gazouille, et ils passent leur vie à s’amuser entre amis.

Interview par Claudia Bortolino

Collisions Urbaines par Superposition

Collisions Urbaines par Superposition

Month: April 2019

QU’EST-CE QUE C’EST SUPERPOSITION …

Superposition, association loi 1901, s’inscrit dans le bassin lyonnais comme un prisme des cultures urbaines. Vecteur de rayonnement artistique, le collectif soutient des approches plurales. 

Les évènements comme l’Urban Art Jungle Festivalles interventions les plus spécifiques telles que la création de fresques murales ou encore les ateliers d’initiation aux pratiques artistiques permettent à l’association d’édifier une passerelle interactive entre publics, oeuvres et créateurs.

Superposition est active depuis mai 2016 avec plus d’une centaine d’événements pluridisciplinaires dans sa galerie d’art urbain SITIO ou hors-les-murs (solo-shows, expositions collectives, festivals, concerts, ateliers, conférences, semaines thématiques…).

L’association travaille sur plusieurs projets pour 2019, dont deux festivals grand public pour poursuivre sa mission de démocratisation des cultures urbaines.

ET QU’EST-CE QUE C’EST COLLISIONS URBAINES?
Collisions Urbaines, c’est un week-end entier du 26 au 28 avril au Lyon Arts Dance Center dédié aux performances live entre street-art, musique électronique et danses actuelles.L’occasion de fêter les 3 ans de l’association aux côtés du public et des intervenants qui accompagnent et soutiennent Superposition depuis le début.

Collisions Urbaines, c’est aussi et surtout un mini-festival en guise de warm-up à l’Urban Art Jungle Festival #5.

Le temps d’un week-end, des acteurs culturels lyonnais sont invités à créer une véritable effervescence artistique au sein du Lyon Arts Dance Center à travers une programmation créative.

Ce mini-festival offre un nouveau terrain de jeu et d’expérimentations artistiques pour les artistes émergents de la scène locale lyonnaise.

En plus de sa démarche de valorisation de l’espace urbain, Collisions Urbaines s’inscrit dans une dimension sociale en invitant les écoles de proximité et les quartiers prioritaires à participer au warm-up à travers des actions collectives.

Au programme : live paintings, expositions, représentations de danse, performances de musiques éléctroniques et des surprises à découvrir sur place ! Venez retrouver des artistes comme Bambi, Azed, Bebar, M. D’Angelo et plein d’autres.

 

Pour la programmation complète > Programmation Collisions Urbaines

Pour participer à la fiesta > Collisions Urbaines | Warm-up UAJ #5