Arsène Marquis fait des photos

by | Mar 7, 2019 | Photos | 0 comments

SOFTGROUNDS. Nos corps sont des territoires meubles : ils sont tendres et mobiles, en permanente reconstruction, parfois secoués par des séismes, modelés par les normes mais capables d’en submerger les frontières. Ensemble, le temps d’une image, nous essayons, modèle et photographe, de traduire un écho de ces secousses qui nous traversent. Rappelant le motif de la vanité, les matériaux périssables convoqués ne sont pourtant pas tant ici un rappel du caractère éphémère de la vie que le début de questions : que choisissons nous de faire des temporalités que nous partageons ? Quelles empreintes laissons nous dans les corps de celles et ceux qui nous entourent ? Comment s’inventer ?

Arsène Marquis 

 

Comment tu en es venu à la photographie ? Et comment tu t’es professionnalisé ?

Je me suis professionnalisé bien avant de considérer devenir un photographe au sens « artiste » du terme. C’est arrivé un peu par hasard : après des études de stylisme à Paris qui m’ont beaucoup apporté, y compris la certitude que ce n’était pas un domaine pour moi, j’ai déménagé à Lyon où je me suis offert quelque chose qui me faisait envie depuis longtemps : une licence en littérature (chacun ses rêves ok).

Ça a été une période hyper active : en parallèle de mes études et de mon boulot, j’ai monté un collectif avec des copines. Ça s’appelait La Chatte, on organisait des soirées avec que des meufs au line up, c’était un truc pour des gouines par des gouines en forme d’orgie électro/techno et c’était super. On documentait énormément, je faisais les visuels, la merveilleuse Marie Rouge prenait les photos des soirées et de fil en aiguille, comme j’avais acheté un appareil photo pour mes études, j’ai aussi commencé à prendre des photos des apéros qu’on organisait au Livestation DIY.
J’ai quitté le collectif au bout d’une saison à cause de désaccords, à un moment où Lou, la gérante du Livestation DIY, cherchait un photographe : elle m’a proposé le poste et j’ai accepté. Je me suis lancé en auto-entrepreneur et ça m’a permis de me former en autodidacte et de m’équiper jusqu’à devenir un technicien correct.

Mais hors de ça je n’avais ni trop d’inspiration ni d’ambition, je photographiais ce qui venait, c’était plus un passe temps qu’autre chose et ça m’allait très bien. Et puis à partir de là, j’ai avancé : j’ai pris des positions militantes, j’ai dévoré des bouquins, j’ai transitionné, j’ai rencontré des gens fantastiques et j’ai continué à faire des photos hors du cadre « pro », pour beaucoup avec des ami.e.s, jusqu’à ce que ça fasse boule de neige.

J’ai fini par savoir un peu mieux ce que j’aimais en photographie, ce que je cherchais dans ma propre pratique, et quand j’ai eu à peu près le doigt sur ce que je voulais montrer, et je me suis lancé et j’ai commencer à partager la partie plus personnelle de mon travail. Là ça fait un peu moins d’un an que je ne fais plus que de la photo, c’est un peu terrifiant parfois mais j’apprends énormément donc : zéro regrets.”

 

Arsène n’a pas tout de suite pensé Softground comme une série photo. L’harmonie évidente de ces images, issues de différents moments, de différentes séances photo, est venue plus tard. Comme quoi, il n’est pas toujours nécéssaire de réfléchir chaque démarche photographique comme une série, avec un message bien défini en amont. Parfois, le message vient après, et la série aussi.

PROPOS RECCUEILLI PAR ALICE DARDUN
PHOTOS PAR ARSÈNE MARQUIS

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *