Le temps est bon, le ciel est bleu : seulement 11 % des spectacles humoristiques en festival sont assurés par des femmes.

Le temps est bon, le ciel est bleu : seulement 11 % des spectacles humoristiques en festival sont assurés par des femmes.

Le temps est bon, le ciel est bleu : seulement 11 % des spectacles humoristiques en festival sont assurés par des femmes.

 Un chiffre alarmant sur l’égalité femme-homme dans l’humour. Prenons exemple sur le festival  Juste pour rire, un des festivals francophones le plus célèbre ces dernières années, se déroulant à Montréal et programmant en moyenne 9 % de femmes.  20 % pour le festival Montreux Comedy en Suisse, c’est déjà mieux! Dans l’émission de Ruquier « On ne demande qu’à en rire », on compte en moyenne 1 femme pour 20 hommes.

 

 

La parité est loin d’être respectée. Ce phénomène est présent depuis des années comme l’explique Anne Roumanof :  « Quand j’ai débuté dans La Classe de Fabrice, en 1987, c’était un bizutage sexiste. J’avais 22 ans. Fabrice m’a demandé si je préférais la pénétration anale ou vaginale. Je suis partie en pleurant. Puis, dans les années 1990, on m’a appelé pour “Rien à cirer”, l’émission de Laurent Ruquier sur France Inter, car ils cherchaient une fille (une seule !). Ensuite, j’ai attendu d’avoir 40 ans pour qu’on me confie enfin les commandes d’une émission, sur Europe 1 ! Les dirigeants de chaînes sont des hommes blancs de 60 ans. Oui, il y a de la misogynie. » 

 

 

Une des programmatrices du Marrakech du Rire explique que les femmes humoristes ont souvent le même créneau humoristique : Le féminisme et la vie d’une femme au quotidien et qu’il faudrait diversifier les sujets abordés. C’est sa justification pour la sous représentation des femmes dans ce festival! Nous pouvons constater à travers des témoignages que l’humour des femmes fait tout simplement peur aux hommes. Comme le souligne l’humoriste Blanche Gardin qui confie qu’en 200 représentations aucun homme n’était présent dans le public!! 

 

Malgré ces inégalités flagrantes on peut se féliciter d’un nombre de plus en plus grandissant d’humoristes populaires engagées, chacune à leur manière; avec Anne Roumanof, Sophia Aram pour l’humour politique, Nawel Madani qui raconte le quotidien des femmes ou encore Blanche Gardin qui en Mai 2018 fut la première à décrocher le Molière de l’Humour. Une belle revanche même si le chemin est encore long.

 

 

Texte – MANON BENBOUDRIOU

 

Graphisme – Victoria Dubois

 

 

 

La Chronique de Roger Dressepipe – En stage découverte chez Erika Lust

La Chronique de Roger Dressepipe – En stage découverte chez Erika Lust

La Chronique de Roger Dressepipe – En stage découverte chez Erika Lust

Homme de terrain, reporter de l’extrême, mais surtout misogyne aussi nigaud et maladroit qu’attachant, Roger Dressepipe s’enfonce au plus profond des femmes pour aller et venir sur les clichés machistes qui s’accrochent encore à elles…

Ce soir, c’est match de qualif’ de la Champions League. J’aurais dû, en bon athlète que je suis, m’installer au fond de mon canapé en peau de buffle avec coussins à mémoire de forme et petit trou dans l’accoudoir pour y placer la canette, avec pour toute compagnie un paquet de chips goût comté sur le ventre et une pizza 4 fromages qui gratine dans le four. Mais n’en croyez rien, chers amis lecteurs, car au-delà de la passion pour le sport qui se développe naturellement en chacun de nous, les hommes, se trouvent également des notions élémentaires telles que le sens du devoir, la soif des responsabilités, ou encore l’amour du travail accompli. Enfin tout ce qui différencie l’Homme avec un grand H de l’homme avec un petit RMI.

C’est ainsi qu’en lieu et place de mon salon, je me trouve actuellement dans un vaste bureau, l’arrière train douloureusement enfoncé dans un vulgaire fauteuil en simili cuir, avec en guise de bière, un café juste chaud servi dans une tasse en faïence si laide qu’elle semble avoir été offerte par un enfant le jour de la fête des mères. Aux murs, d’immenses photos d’individus d’âges et d’origines ethniques très différents m’encerclent. Et en face de moi, une femme.

« Mon vieux Roger, dans quel trou t’es-tu donc encore fourré ? » me demanderez-vous, sans vous douter à quel point le vocabulaire que vous venez d’employer est on ne peut plus approprié. Pour répondre à cette importante question, je vous propose un petit retour en arrière…

Quelques heures auparavant donc, et alors que j’étais occupé à trouver la meilleure façon d’arranger les manches de mon pull Tommy Hilf’ en cachemire bleu lagon sur mon torse saillant, la cheffe vint me déranger pour la troisième fois consécutive en moins d’une semaine :

 – Roger, commença-t-elle sans même avoir pris le temps de me saluer, je suis embêtée car je devais donner une interview très importante ce soir mais j’ai un imprévu et…

– Tatatata n’en dites pas plus patronne : vous êtes ennuyée de me demander de gâcher une de mes soirées pour vous remplacer c’est cela ?

– Oui et non. J’ai effectivement besoin que vous me remplaciez. Toutefois ce qui m’ennuie, ce n’est pas de vous déranger dans votre vie que je soupçonne plus fabulée que fabuleuse, mais c’est d’imposer votre présence à Madame LUST.

– Madame LUST ? Connais pas. Encore une de vos féministe prout-prout ? Attendez, laissez-moi deviner… Elle s’est faite connaitre en se battant pour la cause de secrétaires qui refusent de lécher la colle des enveloppes parce qu’elles considèrent ça comme un geste de soumission, j’ai bon ? 

– Ma parole, vous débordez d’imagination aujourd’hui. C’est bien une féministe oui. Toutefois elle n’est pas secrétaire, mais cinéaste. Quant à son côté « prout-prout », je vous laisse en juger par vous-même : voici la liste des films qu’elle a réalisés. Inutile de tous les regarder, ils ont un « thème » commun facilement identifiable, même par vous Roger. Ou devrais-je dire, surtout par vous ? J’ose à peine y penser… Bref, je dois y aller. J’attends votre compte-rendu au plus tard demain midi ! 

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Vous vous doutez bien, chers amis, qu’au regard des premiers titres de la liste, aux noms plus navrants les uns que les autres (The good girl, Love me like you hate me ou encore Cabaret Desire), je n’ai pas eu besoin de pousser les investigations bien loin pour comprendre que j’allais devoir me coltiner l’interview d’une petite sainte-nitouche en ballerines vernies qui a tourné 4 court-métrages dégoulinant de mièvreries hors d’âge pour ménagères frustrées en manque de romantisme et qui se prend pour Luc BESSON. Mais soit, le travail se devait d’être fait. En me débrouillant bien, pensais-je alors, je pourrais être de retour pour la seconde mi-temps…


Me voici donc en compagnie non pas du grand Lionel MESSI, mais de la petite Erika LUST. Je dois avouer me sentir quelque peu déstabilisé par cette courte femme frisant la quarantaine. Je m’attendais à voir une brebis chétive et délicate, mais c’est une lionne à la crinière de feu qui me guette du coin de l’œil. Son regard, d’ailleurs, dégage un étonnant mélange de brûlante malice et de froide intelligence. Finalement, le match qui s’annonce pourrait bien être plus intéressant que prévu. J’engage :
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– Très jolies ces photos au mur. C’est votre petite famille ?
– Ma famille ? Monsieur DRESSEPIPE, ce sont des photos prises durant les derniers tournages de films. Celle-ci par exemple, est tirée du film Barcelona Sex Project, récompensé à la Venus International Fair de Berlin en 2008.
– Pardon, vous avez dit Barcelona quoi ?
– Barcelona Sex Project. Monsieur DRESSEPIPE, vous-êtes au courant que je produis des films pornographiques n’est-ce pas ?
– Bien sûr, bien sûr. Ça explique pourquoi tout le monde est nu sur ces photos.
– Oui, et pourquoi les trois quarts sont en plein coït.

1-0 pour elle. J’aurais peut-être dû bosser un peu le dossier finalement… Nouvel engagement pour Roger, je ne me laisserai pas surprendre deux fois.

– Très bien, très bien, maintenant que la glace est brisée, entrons dans le vif du sujet. Vous êtes donc dans l’industrie du film pour adultes au titre de…. ?
– Je suis réalisatrice, scénariste et productrice de films pornographiques, que certains qualifient de “féministes”, mais que je préfère définir comme simplement “réalistes”.
– Ah voilà qui est intéressant ! Et quelle différence faites-vous entre les pornos classiques et vos pornos « féministes » ? Les acteurs doivent amener les actrices au restaurant et leur offrir des fleurs avant de tourner ? Vous avez imposé un quota minimum d’orgasmes à atteindre pour ces dames ? Vous avez banni les costumes de soubrettes parce que ça nuit à l’image de la femme ?


PAF ! 1-1, balle au centre. Il se laisse pas démonter comme ça le Roger. Plus qu’à guetter la prochaine brèche dans la défense et le match sera plié.


– Bien que vous le preniez à la rigolade, monsieur DRESSEPIPE, vous n’êtes pas loin de la vérité. Notre charte d’éthique impose des conditions plus ou moins proches de celles que vous énoncez. Nous pensons par exemple que le plaisir des femmes compte, nous ne faisons pas de discrimination d’âge, de couleur de peau ou bien de physionomie, chaque scène est discutée et acceptée par tous avant d’être tournée, le salaire de tout le monde est évalué de manière juste et …
– Mouais, vous allez bientôt me dire que le cinéma pornographique mériterait d’être reconnu comme du cinéma d’auteur ?
– C’est effectivement dans nos valeurs. Monsieur DRESSEPIPE, la majorité des contenus pornographiques d’internet mettent en scène des ébats sexuels qui se rapprochent plus de performances sportives ou de reportages animaliers sur la reproduction que de véritables actes sexuels, ne trouvez-vous pas ?
– Oh moi vous pensez, en matière de cinéma…
– Les hommes ne sont quasiment pas filmés, on a une surreprésentation de la femme et de son sexe, il n’y a pas d’émotions, pas de sensibilité, c’est à chaque fois une déferlante de positions dignes des arts martiaux, un déluge de pénétrations brutales, un raz de marée de fluides corporels, n’êtes-vous pas d’accord ?
– Oh moi vous savez, la météo…
– Il n’y a pas de sentiments, il n’y a pas de texte, il n’y a pas véritablement d’acteurs : c’est froid et brutal. Le sexe ne se réduit pas à la rencontre de deux organes génitaux. C’est de la mécanique de précision, de la chimie moléculaire. Il y a un nombre illimité d’ingrédients, qu’il faut savoir associer dans les bonnes proportions pour obtenir un met parfumé, beau et savoureux à la fois.
– Oh moi vous imaginez, pour ce qui est de la cuisine…

– Bon, je vois bien que vous êtes quelque peu réfractaire à mes propos, et je pense que nous avons tous les deux des vies très occupées. Donc pour gagner du temps, voici ce que je vous propose : je vous offre toute la collection de ma dernière série de films intitulée XConfessions. Bien évidemment, je ne les offre pas au monsieur DRESSEPIPE de tous les jours, qui ne regarde jamais ce genre de films, mais au monsieur DRESSEPIPE journaliste, qui se doit de se documenter à fond sur ses sujets, quels qu’ils soient. Visionnez, comparez avec ce que vous trouverez sur internet, et revenez me voir. Je me ferai un plaisir d’échanger de nouveau avec vous sur vos impressions. Qu’en dîtes-vous ?
– Et bien soit, soit, au nom du travail bien fait, je suis prêt à toutes les concessions… 

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Une fois n’étant pas coutume, je fus bien remué par les paroles de cette dame tout à fait singulière. C’est à peine si j’eus l’envie de regarder la fin de mon match. Je ne pus d’ailleurs m’empêcher de faire un crochet par le bureau afin de rédiger mon désormais fameux compte-rendu sur post-it :


« Résultat de l’entretien LUST contre DRESSEPIPE : 2-1. Victoire méritée, mais je ne m’avoue pas vaincu. RDV pris pour le match retour. Serai absent plusieurs jours pour cause d’entrainement, ne surtout pas déranger.
Roger. »

PAR LéO MINARY

Lettre à Flora Tristan (1803-1844)

Lettre à Flora Tristan (1803-1844)

Lettre à Flora Tristan (1803-1844)

Lettre à Flora Tristan, militante franco-péruvienne féministe et socialiste du XIXe siècle dont la vie mérite d’être connue.

Chère Flora,

C’est plutôt cool de commencer cette nouvelle année en écrivant à une figure aussi badass que toi, Flora. 2019 année de la… révolution anarcho-féministe par les sorcières du cosmos entier, ALLEZ.

Bon, plus sérieusement, je compte te parler d’un truc bien dégueulasse, histoire de se mettre en jambes pour 2019. On va quand même pas oublier d’être énervées cette année, non ?

PUA. Pick-Up Artists. Les « Séducteurs », en France.

Kézaco ? Dérivés du masculinisme, ce sont des hommes qui sont profondément convaincus que nous vivons dans un monde dominé par les femmes, et que la masculinité doit être réhabilitée à travers la séduction. Se créent alors des communautés de séduction, c’est-à-dire des groupes d’hommes souvent réunis autour d’une figure qui va dispenser des techniques et conseils infaillibles pour séduire le plus de femmes possible, et à tous les coups. Ils s’auto-nomment donc véritables « artistes de la drague ».

Des PUA, coachs en séduction, artistes de la drague, il en existe des tonnes. En fait, je te conseille d’aller faire un tour sur YouTube (si ça existe dans l’après-vie) et de regarder un peu ces petites vidéos pleines de « conseils » pour pécho. En fait, ils font une analogie entre les techniques de vente et les techniques de drague : ils se vendent auprès des femmes.

« Parlons peu parlons cul » ont dédié une de leurs vidéos à ce thème , et elles relèvent qu’à AUCUN MOMENT, ces messieurs ne parlent de ce qu’éventuellement souhaite ladite meuf à pécho. Autrement dit, dans toutes ces communautés de séduction, les hommes s’enseignent entre eux à draguer des femmes, sans leur conférer la moindre agentivité. Sans les considérer comme des personnes avec une volonté propre, puisque le but = faire plier la volonté de ces targets dans le sens des désirs de ces charmants jeunes hommes.

ALERTE INCOHÉRENCE : si le but premier est une relation hétérosexuelle, comment expliquer que les relations entre les hommes de la communauté priment sur les relations aux femmes séduite ? Mélanie Gourarier, référence sur le sujet, nous explique dans son livre « Alpha Mâle » que le but final n’est pas de séduire une femme, mais de s’apprécier entre hommes. Dans le jargon sociologique, c’est que l’on appelle de l’« homosociabilité virile », c’est-à-dire l’apprentissage des normes de virilité par la fréquentation intensive et quasi-exclusive de garçons. D’ailleurs, le Mecxpliqueur en parle vachement bien.

Récemment d’ailleurs, on voit s’opérer un glissement : si avant on s’en foutait que les meufs qu’ils chopaient jouissent, aujourd’hui ces garçons apprennent et s’exercent à donner un orgasme à leurs partenaires sexuelles. Évidemment, tu me vois venir, ce n’est pas pour contenter leur partenaire, mais pour compter les points entre mecs. Et oui, aujourd’hui plus tu fais jouir, plus t’es stylé. Mais la meuf n’a toujours pas d’agentivité par contre.

Pour finir sur le sujet, Angela Washko, qui a infiltré ces sphères masculinistes, est en train de développer un jeu sur les PUA. En fait ce jeu permettrait de vivre en virtuel les techniques de ces séducteurs, dans le but d’être outillées pour les reconnaitre et les démasquer au cas où l’on tombe sur l’un de ces gentlemen avide de ne pas connaitre votre avis. Il permettrait également de voir où ces techniques mènent et dans quoi elles s’inscrivent. Spoil : à la culture du viol.

Voilà, j’ai hâte du jour où l’on considérera les femmes comme des personnes, et non pas comme des vagins ambulants. Et, de manière corrélative, où les relations amoureuses ne seraient pas assimilées à la propriété qui (je reprends Titiou Lecoq) « n’est pas et ne sera jamais de l’amour ».

Longue vie aux bitchshieldées* !

* https://www.diaryfrenchpua.com/lexique-de-la-seduction/ : prenez un sac à vomi avant d’ouvrir cette page.

Par Clémentine Biard
Illustration par Justine Lacoste

Félix Seiler Fédi fait des photos

Félix Seiler Fédi fait des photos

Félix Seiler Fédi fait des photos

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne panique pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente lE photographe félix seiler fédi.

Félix s’intéresse à la photo dès l’école, dix ans en arrière. Lorsqu’il s’initie à au développement argentique et qu’il se retrouve pour la première fois plongé dans le noir complet du laboratoire, c’est une évidence : l’alchimie se crée et il comprend que c’est ce qu’il veut faire de sa vie.
Il rencontre Paolo Roversi grâce à une amie qui l’encourage tout en le mettant en garde quant aux difficultés du métier, et devient par la suite son assistant. Depuis, il ne cesse d’apprendre à ses côtés. Avide de connaissances, il s’inspire des photographes de rue américains des années 40/60 comme Saul Leiter, Bruce Davidson, Robert Frank, Garry Winogrand, Diane Arbus…

À travers son regard brut, sans mise en scène, on retrouve une réalité lancinante et sans artifice, celle du véritable Paris, le Paris que l’on vit tous les jours, loin des images poster que l’on retrouve dans les guides. Un Paris vivant, sincère, diversifié et parfois implacable, inégal, pourtant gonflé d’une beauté sincère.

«J’ai commencé assez vite par moi même à essayer de crever le temps, à shooter partout et tout le temps sur film, essayer sans cesse de capturer à ma manière ce flot incessant. Capturer non, mais suspendre oui. Suspendre le flot de tout ce mouvement dans les rues de Paris, observer le spectacle de la rue et essayer d’en faire une image cohérente. 
Aujourd’hui, j’utilise ce que je trouve dans la rue: la réalité des petits scénarios de la comédie humaine, des instants de vie furtifs et délicats, sans fard. À bas le temps, la photographie fait partie de mon équilibre. Ma seule exigence est la spontanéité, j’observe et j’oublie parfois que je suis là, présent. Tout est prétexte à photographier: le tristement ordinaire, la complexité de la vie urbaine. »

Félix Seiler Fédi

Propos recceuillis par Éva Merlier

Félix Seiler Fédi

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Toujours Plus n°6 – Super Pouvoir

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TOUJOURS PLUS c’est votre guide/bible de séries et films qui suit les thèmes de chaque numéro Cacti. TOUJOURS PLUS c’est une vidéo, du rythme, de la musique, des punchlines, du rire et des larmes!

Par Michaël de Boni