Agathe Villecourt

Agathe Villecourt

Agathe Villecourt

Présentons Agathe façon entretien d’embauche pour commencer!

Agathe Villecourt, 24 ans, taureau,  actuellement animatrice périscolaire en complément de son travail de création sur bois. Voilà, on vous a peint le tableau général. Maintenant que vous voulez en savoir plus, on va entrer dans les détails !

Entre création de meubles et sculpture, Agathe explore tout le potentiel que peut offrir le matériau. Depuis un an, elle expose, vend et propose ses services sur son site La Symphyse (aidé par son père graphiste et son frère web-marketer).

C’est une mise à niveau en art appliqué – après un petit détour par un bac pro vente – qui lui permet de faire enfin ce qu’elle aime. En un an elle découvre plusieurs corps de métier dans l’art dont l’ébénisterie. Un stage chez un ébéniste dans la Drome spécialisé dans la restauration du patrimoine lui met la puce à l’oreille !  Elle trouve sa vocation qu’elle confirme avec un CAP sculpture sur bois où la création artistique prend toute son ampleur. D’avantage dans le toucher, le visuel, le modelage, Agathe consolide sa relation avec le bois ! Mais pourquoi choisir entre construction et création ? Agathe décide d’allier les deux dans son travail.

Agathe ne sait pas trop ce qui l’a attiré vers le bois si ce n’est son feeling. Elle voit ce dernier comme une matière noble et modelable, pouvant se montrer aussi brut et dur que souple et vivant. Il y a aussi cette idée que le bois est une matière accessible, connue et aimée de tous·tes, elle est noble sans être snob.

Dans sa formation d’ébénisterie, la majorité des élèves était féminine et pourtant dans le métier, on retrouve une écrasante majorité d’hommes. Comme dans beaucoup de domaines malheureusement, le monde du travail est plus clément avec les boyz. Les collègues masculins d’Agathe avaient plus de facilité à trouver un stage puis un emploi alors que lorsqu’elle arrivait devant un ébéniste, on demandait tout simplement à Agathe pourquoi elle voulait faire cela.

Agathe sculpte selon son imagination mais répond également à des commandes. La sculpteuse veut avant tout que son travail soit le fruit d’une discussion et d’un échange au sujet de la pièce finale en privilégiant la complicité avec ses client·e·s. Le but étant aussi d’offrir une expérience et la satisfaction d’avoir une création unique modelée suivant ses envies. Lorsque les pièces à créer demandent de l’espace, elle décampe dans la Drome, où la maison de ses parents, anciennement garage automobile, lui laisse tout l’espace nécessaire pour s’exprimer et travailler surtout. L’arrière grand-père d’Agathe lui avait déjà pavé le chemin, ébéniste lui aussi, son stock de bois sert maintenant à son arrière petite fille. Plutôt cool comme fournisseur !

Lorsqu’elle n’a pas la tête dans le bois, Agathe se réfugie aussi dans la musique. Lorsqu’elle était ado, elle se hasarda sur Garage Band sur le Mac de son père, ce qui l’a amené à commencer à chanter et écrire des slams (ouais tout ça !). Depuis elle ne s’est jamais arrêtée et les instruments de Garage Band n’ont plus aucun secret pour elle. Son matériel s’est étoffé avec un synthé midi qui lui permet de créer sa musique expérimentale électronique. Pour écouter ces sons c’est par ici.

La création, que ce soit sur bois ou sur synthé, Agathe la ressent comme une nécessité pour projeter sa frustration, sa colère, sa joie et toutes les autres émotions entre. Elle a trouvé un moyen de s’exprimer autre que les mots, et apparemment ça marche plutôt bien ! 

Portrait – Claudia Bortolino

Photos d’Agathe par Violette Portier

Panthères et Pharmacies – Colette Butor

Panthères et Pharmacies – Colette Butor

Panthères et Pharmacies – Colette Butor

Panthères et pharmacies est un recueil de nouvelles érotiques illustrées qui abordent, interrogent et fouillent différentes formes de sexualités. Jouant sur la temporalité et l’ambivalence de ses personnages,  Panthères et pharmacies bouscule les codes du genre et propose un voyage-érotique déconcertant, hors-cadre.
Surréaliste et troublant, ce récit raconte l’histoire de plusieurs personnages, dont on ne comprend les liens qu’au fil des huit nouvelles. Abordant la sexualité par le genre, la folie amoureuse, les paraphilies, l’addiction, Panthères et pharmacies explore sans pudeur l’ambivalence et la noirceur des liens intimes.

On a voulu en savoir plus sur ce projet dont on est tombé amoureuse à la première illustration, alors on a posé nos questions à sa créatrice Colette Butor.

 

Qui est à l’origine de Panthères et Pharmacies? Et qui y participe?

Colette Butor : C’est moi qui ai tout construit et écrit. J’ai également réalisé la couverture. Ensuite, j’ai sollicité plusieurs illustrateurs dont je suis le travail depuis longtemps et d’autres qui sont mes amis. Je leur ai proposé d’illustrer une des nouvelles avec pour contrainte de placer une panthère et/ou un caducée. Ils avait également la consigne de travailler avec les 3 couleurs imposées en tons direct : le bleu, le doré et le rose fluo. J’avais également préparé des intentions de scènes pour chaque dessin, qu’ils étaient libres de suivre ou pas.

 Voici l’ordre des nouvelles et les illustrateurs associés :

ClacDaphné Collignon

Dorothy HallLaho

Elle en lui  Ivan Brun

Turkish DelightEmre Orhun

RailKarine Bernadou

YulArtoupan

SlaveChristophe Gaultier

En pâtureRaphaël Gauthey

On vous invite à cliquer sur leurs noms pour en prendre plein les mirettes! 

 

En pâtureRaphaël Gauthey

Elle en lui –  Ivan Brun

Comment a germé l’idée du projet? Le cocktail illustrations, nouvelles et sexualité était le point de départ?

CBL’idée d’écrire des nouvelles est née à la suite de la lecture d’un roman érotique, La Pharmacienne d’Esparbec, pour être précise. Qui est par ailleurs plutôt classé dans le “pornographique”. Sa lecture à réveillé mon appétit à raconter des histoires. J’écris depuis toujours des bribes de textes, plutôt sur mes ressentis et émotions dans une veine surréaliste, des sensations, des émotions. Pour l’illustration, c’est un peu pareil. J’ai toujours dessiné et je suis le travail de nombreux illustrateurs depuis longtemps. J’aime ce que raconte une illustration et l’interprétation d’un texte par le dessin est quelque chose qui me fascine. Le point de départ, au delà de l’enthousiasme d’une lecture, étaient plutôt de chercher un fil de recherche au travers du prétexte de l’érotisme. J’ai une âme de chercheuse et mon appétit pour les sciences sociales m’a permis de mettre en place ce fil de façon assez instinctive.

Dorothy HallLaho

J’ai l’impression que la diversité des formes de sexualité est une notion super importante, j’ai raison non?!

CB: C’est bien cette trame que tu as perçu dans la construction des nouvelles : qu’est ce que la sexualité ? ces différentes formes ? la question de genre et ses schémas de fonctionnement et de dysfonctionnement ? Les archétypes associés ?
Où s’arrête le jeu du sexe et où commence la violence, la manipulation ou la folie perverse, l’addiction? La notion d’héritage familial, de filiation, est également très présente au travers de ses interrogations.

Turkish DelightEmre Orhun

Panthères et Pharmacies est disponible à Lyon chez :

TERRE DES LIVRES – 86 Rue de Marseille, Lyon 7.

LE BAL DES ARDENTS – 17 rue Neuve, Lyon 1er.

OUVRIR L’ŒIL – 18 rue des Capucins, Lyon 1er. 

BLITZ BAZAR & GALERIE – 4 Rue Louis Vitet, Lyon 1er

 

Interview – Claudia Bortolino

Romie Ilya fait des photos

Romie Ilya fait des photos

Romie Ilya fait des photos

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne panique pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente la photographe Romie Ilya. 

Ce mois ci, Romie nous présente une série composée d’autoportraits et un extrait de sa série « Kool Kidz » à travers laquelle elle photographie des personnes libres à l’esprit mutin et irrévérencieux. Autant de femmes, de douceur, de fragilité et de sororité mis en lumière à travers son regard bienveillant. Autant de force et d’indépendance que l’on retrouve à la fois chez les modèles qu’elle choisit de photographier que dans son travail. De l’émotion à l’état brut sous une jolie couche de paillettes.

« Je m’appelle Romie, depuis que j’ai cinq ans je m’endors avec des livres audio et je suis photographe.

J’aime le look et le bruit des vieux appareils argentiques qui me rappellent mon enfance, je les collectionne sans jamais les laisser prendre la poussière. J’aime la lumière et les boules à facette, le jaune, le pêche, le gris, le violet et le rose poudré.

Mon travail est basé sur la bienveillance et l’émotion. Ce qui m’intéresse chez l’être que je photographie, c’est son histoire, ce qui a marqué sa vie, ce qui le touche. C’est sa personnalité que je cherche à photographier. L’argentique ne me donne pas l’occasion de me « tromper », de faire 600 photos pour 10 valables. J’ai uniquement des pellicules de 36 ou 24 poses, je dois penser au cadrage, à la lumière. L’argentique me rend curieusement infiniment créative, libre et proche de l’être avec qui je fait des photos ».

ROMIE ILYA 

Par Éva Merlier

Photographie par ROMIE ILYA 

Lettre à Bibi Khanoom Astarabadi (1858/9-1921)

Lettre à Bibi Khanoom Astarabadi (1858/9-1921)

Lettre à Bibi Khanoom Astarabadi (1858/9-1921)

Écrivaine iranienne, militante pour l’éducation des femmes, autrice de « Échec des Hommes », première déclaration pour les droits des femmes en Iran.

 

Chère Bibi,

 

 Cette semaine, y’a du joli et du moins joli. Mais surtout du dégueulasse.

 

D’abord, retour des Incels sur le devant de la scène de la misogynie : Scott Beierle, un monsieur d’une quarantaine d’années, est entré dans un cours de yoga et a tué deux femmes, avant de se suicider. Pourquoi les tuer ? Précisément parce qu’elles étaient des FEMMES.

Comme le montre l’enquête de BuzzFeed News, le type postait des vidéos ultra-racistes et misogynes, et cite Elliot Rodger comme référence, un autre Incel, auteur de la tuerie d’Isla Vista en 2014.

 

Nous sommes donc en présence d’un féminicide, comme j’en parlais à Marsha P. Johnson il y a de ça quelques mois, à l’occasion de l’attentat misogyne d’Alek Minissian, à Toronto. C’est le deuxième attentat de ce genre en 6 mois.

 

Le truc, c’est que les féminicides sont loin d’être exceptionnels. T’as déjà entendu la statistique « En France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon » ? En France, on meurt parce qu’on est une femme comme le dit l’excellent article de Titiou Lecoq. Alors que dans l’imaginaire collectif, les meurtres des violences conjugales relèvent de l’homicide involontaire, Titiou affirme que 90 % des homicides dans un contexte de violences conjugales sont en fait volontaires, calculés, prévus. Et alors les moyens utilisés sont multiples, mais ces féminicides traversent toutes les classes sociales.

 

La banalité des féminicides, c’est une des raisons de la Marche pour en finir avec les violences sexistes, le 24 novembre prochain, partout en France. 41 lieux de marche, c’est l’occasion d’une grosse mobilisation !

 

En parlant de mobilisation, les Midterms aux Etats-Unis (élections renouvelant l’intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, au milieu du mandat de Trump) ont amené plein de femmes au pouvoir, et quelles femmes ! Les deux premières femmes musulmanes, les deux premières femmes autochtones, des femmes ouvertement lesbiennes, Alexandria Ocasio-Cortez, très à gauche et la plus jeune élue de l’histoire (29 ans), et beaucoup plus de femmes pas blanches. Beau score porteur d’espoir sous une présidence ouvertement anti-féministe et misogyne.

 

Sur ce, je te laisse,j’ai un patriarcat à brûler.

 

Longue vie aux survivant.e.s !

Par Clémentine Biard 

Illustration par Paola Cagnacci