ARMONY DAILLY FAIT DES PHOTOS

by | Oct 19, 2018 | Photos | 0 comments

De nos jours, on se noie vite dans cette masse d’images fades et sans saveurs des internets, mais ne panique pas kiddo ! La team Cacti a sélectionné pour toi la crème des artistes d’aujourd’hui. Ce mois ci, on te présente la photographe Armony Dailly.

Armony est née un jour d’hiver 1993.
Habituée depuis ce jour à se faire photographier régulièrement par sa mère, elle finit par passer de l’autre côté de l’objectif – cet objet rassurant, devenu pour elle comme une trousse à pharmacie.
Son odeur préférée, c’est celle de la lessive. À tel point qu’elle pourrait passer des heures dans le rayon du supermarché, et si petite elle était persuadée dur comme fer d’être une sorcière, on peut dire que ses pouvoirs tant attendus se manifestent aujourd’hui à travers son appareil.
Son travail, emprunt de véritables valeurs, nous donne à voir de vraies femmes, ses muses, qui transcendent de simples moments en instants lumineux presque surnaturels.

“J’avais toujours accepté naïvement les codes des standards de beauté, ceux que l’on voit dans les publicités, dans la presse féminine, dans la mode. J’ai grandi en pensant qu’il était normal pour une fille “de souffrir pour être belle”, de ne jamais réussir à s’accepter, de toujours faire plus d’efforts, de vivre pour plaire. Je savais que beaucoup de choses me dérangeaient dans tout cela mais je ne comprenais pas réellement quoi.

A peine mes seins avaient poussé que, dans la rue ou à l’école j’étais déjà sexualisée avant d’avoir moi-même réfléchis à ma sexualité. J’avais toujours pensé que la base de la beauté chez une femme c’était qu’elle devait être lisse, grande, mince et si possible blanche et hétérosexuelle.

J’ai appelée cette série “Coming of Age” car je me suis rendu compte que tout cela était faux pendant l’odyssée de mon adolescence. Je ne me retrouvais dans aucune des filles dites belles des publicités, des magazines, celles qu’on voulait me vendre. Je ne retrouvais non plus aucune de mes amies, de mes sœurs dans les filles qu’on voulais nous vendre.

Montrer dans mes photos les bourrelets, la cellulite, les vergetures, l’acné, les règles, les poils, bref, la puberté féminine, celle de mes amies et la mienne, m’a fait grandir, et années après années, nous apprenons avec mes amies, à peu à peu se pardonner.

J’ai voulu créer des portraits de manières tendre pour parler de sujets que bon nombres de gens trouvent délicat et diabolisant. En brodant un univers pastel, doux et candide, je parle de textures, de détails dits choquants pour la société afin de pouvoir remuer les gens, peut-être les choquer afin de montrer que c’est tout simplement absurde de complexer les femmes sur leur état naturel.”

Armony Dailly

Par Éva Merlier 

Photographie par Armony Dailly 

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