Lettre à Aretha Franklin (1942-2018)

by | Oct 15, 2018 | Breaking news pour l'outre tombe

Lettre à Aretha Franklin

Queen de la Soul obvi, mais aussi très grand soutien pour les droits civiques des afro-américains, des femmes, ainsi que des autochtones. C’est elle qui a payé la caution d’Angela Davis quand elle a été emprisonnée, rien que ça.

 

Chère Queen,

 

Après des vacances bien méritées, je ne pouvais choisir une autre figure que toi, Aretha Queen. Je vais donc te faire une petite update de ce qu’il s’est passé ces derniers temps dans le vaste de monde de la lutte pour l’égalité des genres.

 

Première nouvelle badass : fin août, la Suède a publié un « Manuel de diplomatie féministe » . En fait, ça fait 4 ans qu’elles et ils pratiquent cette forme d’échanges internationaux et -surpraïze- ça marche. C’est quoi ? Financer des projets internationaux à vocation féministe (comme le combat contre « les normes de masculinité destructives en République du Congo »), encourager la parité dans les rangs des ambassadrices et ambassadeurs, introduire des axes féministes dans des grands débats internationaux (comme la COP 21) etc. En vrai, c’est eux les champions de la Terre lololol.

 

Nettement moins cool, le Sénat argentin a rejeté la légalisation de l’avortement dans le pays, malgré une mobilisation jamais-vue. En même temps, quand on voit qu’en 2018 le président du syndicat des gynécologues de France considère que l’IVG est un homicide, on est pas sorti·e·s de l’auberge du patriarcat.

 

Heureusement, Camel Joe est là pour nous sortir de la merde et botter les couilles de ces cons de harceleurs. Non, c’est pas mon amie imaginaire, c’est l’héroïne de l’héroïne (oui oui c’est pas une faute de frappe) de Claire Duplan, illustratrice et l’autrice de cette génialissime BD féministe. Et ça fait du bien de voir une justicière pouvoir condamner les exhibitionnistes à avoir une « endométriose du cul », rien que ça.

 

Non parce que y’en BEAUCOUP qui mériteraient le même sort. Par où commencer ? *fait mine de réfléchir face à l’ampleur du choix* AH BAH PAR EXEMPLE, le port du short dans le lycée Jean Moulin, à Pézénas. Enfin plutôt, son interdiction. Quels sont les faits ? Plutôt classiques : c’est la rentrée, il fait 33° donc clairement beaucoup d’élèves portent des tenues qui donnent le moins chaud possible. C’est-à-dire, vous l’avez compris Mesdames et Messieurs, des shorts. Sauf que les filles qui osent exhiber leurs jambes sont traquées (salles de cours, couloirs, cantine, cour de récré, et même infirmerie) et renvoyées chez elles pour enfiler un jean. Parce qu’elles « dérangent les garçons et nuisent à leur apprentissage ». Donc, plutôt que d’apprendre aux garçons que les corps des filles n’ont pas à être sexualisés partout en tout temps et que les fameuses « pulsions sexuelles masculines incontrôlables» inhérentes à tout être avec un zizi sont un mythe, c’est encore aux filles de se faire invisibles. De rendre son corps tout petit et camouflé, le plus discret possible dans l’espace public (suite au prochain article…)

 

Sur ce, bisous en cette rentrée 2018 qui commence sur les chapeaux de roue de la lutte.

 

Longue vie à celles et ceux qui Think au Respect, wink wink.

 

 

Par Clémentine Biard 

Illustration par Emilie Cerball 

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