LES QUEER QUEENS FONT DES PHOTOS – pavé n°3 “la nuit”

LES QUEER QUEENS FONT DES PHOTOS – pavé n°3 “la nuit”

LES QUEER QUEENS FONT DES PHOTOS – pavé n°3 “la nuit”

Impossible d’évoquer le mois des Fiertés en solo, le queer, c’est avant tout une communauté, du soutien et beaucoup d’amour alors Cacti a rassemblé un super gang de photographes et d’auteures pour intervenir durant ce mois. 
Libertés et luttes, affirmation et inclusivité, voilà les mots d’ordre qui ont guidés leur voix. 

PAVE N3 – LA NUIT


Crédits – Photos
Marie Rouge
Mila Nijinsky
Linda Trime
Eva Merlier

Crédits – Performeur

Benjamin Dufrene

Chatte Chatoyante

Nacre Die Nasty

Divine Putain

Soa de Muse

Crédits – Texte
Maddie Katze 

45% de la communauté LGBTQI+ est discriminée dans le monde du travail

45% de la communauté LGBTQI+ est discriminée dans le monde du travail

45% de la communauté LGBTQI+ est discriminée dans le monde du travail


En cette semaine sainte qu’est celle du Baccalauréat, toutes les terminales de métropole ont philosophé ce lundi. Parmi les nombreux chapitres étudiés cette année, on y retrouve la religion, le désir ou le travail par exemple !
Arrêtons-nous sur le travail, il ne s’agit pas d’un objectif en soi. Philosophiquement il est subordonné à une fin extérieure, la satisfaction des besoins. Même si vous adorez sans doute votre job, le maigre salaire que vous touchez en fin de mois est votre unique motivation sans doute.
Dans le merveilleux monde qu’est celui du travail aujourd’hui 20% des personnes homosexuelles sont victime de outing. C’est à dire que 20% des homosexuel·le·s vivent leurs vies paisiblement (enfin ils essayent de passer outre l’homophobie ambiante)! Et, un beau jour, Patrick du département juridique annonce à la machine à café, que Serge de la compta est « pédé ». Le outing est donc le fait qu’une personne tierce fasse le coming-out de la personne concernée, et cela bien sûr sans son consentement !

Suivons un peu le parcours de Serge de la compta!
Serge de la compta, comme 5% des personnes homo pourra être licencié du fait de son homosexualité. Car bien sûr en tant qu’homme aimant les hommes il n’est pas capable de faire des calculs.
Serge de la compta, comme 45% des personnes de la large communauté LGBTQI, sera sans doute discriminé, et la discrimination au travail paraît de manières diverses et variées. Un dossier important ne sera pas confié à une « tarlouze » puisque cela paraît évident que sa sexualité altère sa compétence à conseiller et informer de potentiels clients !
Serge de la compta, comme 49% des homosexuels pourra également être insulté, et si dans certains cas une plainte est déposée, on se retrouve avec des jugements aux Prud’hommes expliquant que  « en se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, le terme ‘PD’ employé par la manager ne peut être retenu comme propos homophobe ». (Cf: 2014, une manageuse insulte un employé de PD, l’affaire ira jusqu’en cours d’appel).
L’homophobie au travail est difficile à prouver, bien que très peu médiatisée l’homophobie dans le monde du travail est présente, et elle pénalise de milliers de personnes.

Mais ayons une pensée pour nos petit·e·s terminales. Toute l’année ils ont entendu la même chose pendant leurs cours de philo « Et surtout pour la dissert, n’oubliez pas d’évoquer des auteurs et de les citer !».
Alors en tant que bonne élève, je vais suivre ce conseil, et donc faire appel à ce bon Marx qui écrivait en 1844 « L’ouvrier met sa vie sans l’objet. Mais alors celle-ci ne lui appartiens plus, elle appartient à l’objet ».
Pourquoi tout simplement ne pas continuer à être aliéné au travail, sans se soucier de la sexualité de ses collègues ?
(Source : Rapport sur l’homophobie 2018 par SOS homophobie)

Texte – Inès Svartz
Graphisme – Victoria Dubois

LAVERNE COX

LAVERNE COX

LAVERNE COX

aka

La Plus Belle femme du Monde 

 

Bonjour, c’est HumourMan.

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Aujourd’hui mes p’tis loulous, je vais vous présenter quelqu’un qui a connu bien des pataugeages de semoules avant d’arriver là où elle est, c’est à dire au commencement d’une grande carrière, on l’espère : Laverne Cox.

Et non, ce n’est pas la soeur de celle qui a chanté les garçons qui perdent leurs cédilles et tout, j’ai vérifié. Nan mais parce que le nom ressemble un peu quand même..

Alors pour comprendre un peu toutes ces histoire de semoules, on va parler un peu d’ailes.

Les ailes c’est un peu comme des bras, mais pour les oiseaux et ça leur permet de voler dans le ciel, ce qui est pratique quand on est un oiseau. En général elles sont pourvus de plumes.

Attendez, zut. Ah oui nan. On va parler un peu d’ELLE ! Héhé, comme quoi les mots hein..

bird dancing GIF

Laverne Cox c’est une actrice afro-étasunienne née sous le nom de Roderick Laverne Cox, et Roderick quand il est petit, il comprend pas trop ce qu’il se passe. Tout le monde lui dit que c’est un garçon, alors qu’elle est certaine d’être une fille. Donc il se dit que c’est la même chose et il commence son agrandissement physique.

Le truc c’est qu’assez vite, on lui fait sentir que y’a un truc qui cloche carrément chez lui. Mais pas vraiment gentiment, à base de moqueries et de harcèlement scolaire. Même sa daronne l’aide pas vraiment.

Du coup elle essaye de se suicider à 11 ans. On est bien sur ce genre de semoule-vie quand même.

Mais, heureusement, la vie et l’école continuent et Roderick se jette dans la danse classique. ‘Fin il prend des cours quoi, faut pas tout prendre au premier degré hein. Sinon c’est beaucoup trop froid et c’est pas forcément bon.

Une fois qu’il a enfin fini son lycée, il part à New-York pour commencer une carrière d’actrice, et c’est à ce moment là qu’elle commence sa transition hormonale pour enfin correspondre physiquement à ce qu’elle est : une femme.

Mais une carrière à New-York, quand on est transgenre, ça met du temps, c’est compliqué et pendant 10 ans, elle galère, elle rame. Semoule-vie je vous ai dit.

Elle enchaine les petits rôles, genre des prostituées mortes dans New-York : Unité Spéciale, pendant qu’elle fait des shows de drag-queen dans un restaurant qui l’exploite un peu. Elle fait même une télé-réalité qui lui permet, et c’est pas piqué des gros melons, d’animer une émission de relooking, mais ça a duré qu’une saison.

Et un jour, alors que l’espoir retombe… que tout devient sombre… que tout n’est qu’ombres… et qu’y’a que des concombres… elle passe un casting et là : PrrrrTATATATA PIUUUUuuuuuu PFrrRRRRRr (c’est un feu d’artifice) : Orange is the New Black.

Alors contrairement à ce qu’on pourrait penser c’est pas une série qui parle de daltoniens qui se trompent de couleurs et qui cherchent à l’imposer au monde. C’est dans une prison de meufs aux Stèilletsse, du coup elles ont des combinaisons orange, c’est pour ça le titre enfait. Pas con.

Dedans, Laverne joue le rôle de Sophia Burset, une femme trans, et ça tombe bien pour une actrice trans. Ça paraît évident mais les rôles transgenre sont souvent donnés à des gens qu’ont 6 genres si j’ai bien compris, ce qui n’est pas très logique d’un point de vue de logique.

Et ça marche du tonnerre de Douarnenez si vous voyez ce que je veux dire.

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C’est à dire qu’elle est nommée plusieurs fois pour son rôle des prix aux NAACP Awards (comme Angela Bassett vous vous rappelez ?) ou aux Emmy Awards, qu’elle fait la couverture du Time, qu’elle est élue Femme de l’Année par le magazine Glamour et est dans le top 10 des plus belles femmes du monde par le magazine People. Et c’est la toute première femme transgenre de l’histoire de l’humanité à être tout ça. Comme dirait mon imprimante : impressionnant.

On pars donc sur une renommée totalement internationale. Et une fois n’est pas coutume, qui dit célébrité dit micros tendus. Et ça, elle sait en profiter Laverne. Donc elle explique, et elle sensibilise sur sa condition de femme trans, et de toutes les difficultés que ça engendre au quotidien, mais aussi elle raconte son histoire, car tout le monde en a une différente et elle donne les petits conseils qu’elle peut et qui pourraient se résumer à : soyez qui vous êtes, n’ayez pas honte et soyez fiers.

Parce que comme dirait le Dalalaï des lamas : Le bonheur, c’est ton problème ok ? Alors tu fais avec ce que t’as stp. Ça va bien se passer tkt.

Voili voilou, moi je vais aller prendre un thé mon pote Mehdi…Oui, je vais mehdi-thé.

Merci pour tout ce que vous êtes, même si vous êtes de la tisane au fenouil par exemple.

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Dab sur vos coeurs, à la semaine pro.

My Pleasure – LES GOBELINS – 2′

My Pleasure – LES GOBELINS – 2′

My Pleasure – LES GOBELINS – 2′

Pour les Un an de Cacti-Magazine et le mois des Fiertés LGBTQI+, le VSCCC prend ses plus belles couleurs. Des histoires que tu peux regarder n’importe où, n’importe quand, et surtout, dans n’importe qu’elle position.

 

Cette semaine après ce weekend de marche et de fierté et de marche des fiertés intense, on vous propose un très beau court-métrage d’animation réalisés par cinq élèves de l’école des Gobelins en section “Concepteur et réalisateur de films d’animation”. Sur la thématique de l’amour, Sixtine Dano, Jeanne Laureau, Colombine Majou, Morgane Mattard et Diego TORRES nous embarque dans les bras d’une jeune femme et de ses désirs et ça nous a donné CHO. fé cho.

 

My Pleasure from GOBELINS pro on Vimeo.

LA GAZETTE D'UNE MAL-BAISÉE – partie 3 – La Pornographie

LA GAZETTE D'UNE MAL-BAISÉE – partie 3 – La Pornographie

Disclaimer : je ne prétends pas être la représentante de la communauté lesbienne, et comme nous sommes toutes différentes les unes des autres (si si), mon expérience n’est pas universelle.

Partie III : Les pornos lesbiens

ÇA Y’EST. On arrive à ma partie préférée : les pornos avec des lesbiennes dedans. Enfin, c’est plutôt ce qu’on imagine des relations sexuelles entre filles. Et ça pêche, ça pêche même très très fort.

Pourquoi ?

Et bien, vous commencez à prendre l’habitude de voir ce terme dans mes chroniques, le male gaze s’insinue de partout, et PARTICULIÈREMENT dans le porno.

1 – Le male gaze dans les pornos lesbiens

Commençons par les basiques : 99% (pourcentage ressentie et non-officiel) de la pornographie mainstream (c’est-à-dire celle qu’on trouve en accès libre et gratuit sur des sites comme Pornhub, Youporn, Redhub etc.) est faite PAR et POUR les hommes hétérosexuels. Exception : la pornographie gay masculine, puisqu’elle ne rentre pas dans les fantasmes des hommes hétéros. Eh oui.

Celle des femmes lesbiennes par contre… La très très grande majorité des films porno mainstream qui mettent des relations lesbiennes en scène sont (on va pas se mentir) un ramassis de clichés et idées reçues sur les sexualités saphiques : ongles longs, des bisous langue bien apparente pour ne surtout pas gâcher le rouge à lèvres abondant, des longues scènes où les actrices se caressent la peau en gémissant (on est sur une sensibilité de l’extrême là quand même).

Bref, un truc très rose et « féminin » (bien prononcés, les guillemets), où les actrices sont bien évidemment presque toutes blanches et fines, avec des peaux de satin et des seins tout gonflés. Et dans presque tous les films, un homme intervient à un moment pour « niquer pour de vrai ». Parce que faut arrêter oh, les préliminaires ça va bien 2 sec.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En soi, on est bien bien loin de l’actuelle diversité des corps et des sexualités dont fait preuve la communauté lesbienne. Qu’en est-il des lesbiennes racisées, trans, butch, androgynes ETCETERA ?

2 – Conséquences

Et c’est quoi le problème, me direz-vous ? Bah oui, pourquoi ça fâche que le porno mainstream mette en scène des scènes lesbiennes pas crédibles pour une cacahuète ? C’est qu’un fantasme après tout !

Et il est là le problème : si les femmes sont sexualisées au possible, les lesbiennes ne sont visibles qu’à travers le cul. Du coup, être lesbienne c’est un peu être une « chose publique ». Comme on croit que la sexualité des femmes est choix (voir Partie 1) +  les lesbiennes sont un fantasme très répandu : BOUM, plein de mecs tiennent absolument à te faire savoir qu’il est chaud pour faire un plan à trois avec toi et ta copine, ou même mieux, qu’il est prêt à te faire découvrir « le vrai cul ». Ton pote, un mec dans la rue, ton boss etc. La classique.

Sauf que des fois, ça devient plus dangereux : 29% des adolescentes lesbiennes canadiennes ont déjà vécu une agression sexuelle perpétrée par un homme, contre 11% chez les adolescentes hétérosexuelles canadiennes

3 – Les pornographies féministes, ou quelques films très très bons

Alors évidemment, cet article n’est pas un moratoire anti-porn. Non, parce que le porno ça peut être beau et chaud, pas simulé, un peu plus crédible, et surtout où les acteurs et actrices se respectent les uns les autres. Enfin en fait, du « vrai » sexe, avec des « vrais » gens. Et même là, y’en a pour tous les goûts. Oui, il y a des films porno destinés aux LESBIENNES.

T’y crois pas ?

Erika Lust, Ovidie, Petra Joy, Jiz Lee, Sarah de Vicomte et son magnifique court métrage « République / Filles du Calvaire » et bien d’autres font ça très très bien. Ça s’appelle le POST-PORN (retiens bien ce terme, c’est une merveilleuse invention).

Je te conseille d’aller faire un tour sur le site internet du festival Feminist Porn Award et de leur catégorie « Lesbian ». Compare ça avec le premier porno lesbien que tu trouves sur Youporn, et je veux un résumé de 2 pages.

Et oui je suis passée au tutoiement parce qu’après cet article, on est forcément plus intimes.

 
Texte de Clémentine Biard 
Illustration de Paul Lecat