Disclaimer : je ne prétends pas être la représentante de la communauté lesbienne, et comme nous sommes toutes différentes les unes des autres (si si), mon expérience n’est pas universelle.

 

Partie I : Le Male-Gaze dans les Représentations des Lesbiennes

 

« Mais alors qui fait l’homme et qui fait la femme ? »


 
Dans le monde merveilleux du patriarcat, les femmes ont la caractéristique d’être considérées comme des objets que l’on peut modeler selon les désirs masculin hétérosexuel. Les femmes qui aiment les femmes, cette espèce mystérieuse et invisible, n’échappent pas au filtre du male gaze. Ah bon ? Voici comment on représente les lesbiennes :
 

  • La sexualité des femmes est un choix

 
Selon le point de vue androcentré, les lesbiennes sont des femmes qui ont choisi de ne plus être avec des hommes. Il devient donc légitime de les draguer, et c’est 50 points si t’arrives à en choper une. C’est aussi autorisé de dire à une fille qui aime les filles que c’est, « parce qu’elle a pas rencontré le bon mec » sous entendu « une bonne bite et tu changes d’avis (et si possible la mienne) ».
Les lesbiennes mainstream ne sont jamais attirées QUE par les femmes. C’est pourquoi dans la majorité des représentations de lesbiennes, elles expérimentent avec une ou plusieurs femmes, puis finissent avec un homme qui s’avère être l’amour de leur vie.
Cette idée reçue surreprésentée (I Kissed a Girl de Katy Perry, le baiser Madonna-Britney) nie complètement la fluidité et la complexité de l’attirance sexuelle, pour mettre les orientations non-hétérosexuelles au plan anecdotique, expérimental.
 
 

  • Les lesbiennes sexy sont blanches et fines

 
Les lesbiennes représentées et mises sur le devant de la scène mainstream sont non-racisees et fines (Kristen Stewart, Cara Delavigne). Autrement dit, ce sont celles qui rentrent dans les standards de beauté androcentrés.
Pourtant, les femmes qui aiment les femmes sont censées être soustraites au désir des hommes, et donc indépendantes de leur regard. Mais le male gaze s’infiltre de partout, même là où on ne l’attend pas, et les lesbiennes font partie des fantasmes number one des hommes hétérosexuels.
Comme pour les femmes en général, la diversité du monde lesbien est invisible.
 

  • Le lesbianisme est purement sexuel

 
Le terme « lesbienne » est largement connoté au sexe. J’ai personnellement mis du temps à utiliser ce mot pour me désigner en partie parce que ça sonnait plus comme une catégorie YouPorn que comme une orientation sexuelle.
Les lesbiennes ne sont vues que comme des femmes sexuelles, des relations sexuelles, et non pas comme des êtres humains avec leurs quotidiens très diverses les uns des autres. Non, la lesbienne est une espèce qui passe son temps à niquer et qui dégage un aura de cul tout autour d’elle. Elle chasse ta sœur et ta copine, si possible en même temps.
Et alors là, bienvenue dans le monde des mythes sur le sexe entre femmes :

« Vous faites que des préliminaires non ? », « Mais vous niquez forcément avec un gode ceinture », « Ca doit être si doux et si beau », « Ah ouais ciseaux à tous les coups » etc.

 

Un conseil : le porno lesbien, c’est pas la vraie vie. 

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour en savoir plus sur les représentations contemporaines des lesbiennes !

 
Source : https://femmagazine.com/4-ways-men-objectify-lesbians-3/
 
Texte de Clémentine Biard 
Illustration de Paul Lecat