Les mannequins sont 23% plus minces que la moyenne des femmes

par | Mai 24, 2018 | Le temps est bon, le ciel est bleu | 0 commentaires


L’anorexie est un trouble alimentaire qui concerne, en France, à peu près 1,5% de la population féminine, de 15 à 35 ans, ce qui correspond à environ 230 000 femmes à travers le pays. L’anorexie touche donc majoritairement les femmes, mais affecte aussi les hommes, avec 1 homme pour 9 femmes concerné.
 
C’est un trouble du comportement alimentaire qui affecte la plupart du temps les jeunes de moins de 25 ans, avec 70 000 adolescents touchés qui correspondent à 60 – 70% des anorexiques. Mais le trouble alimentaire touche de plus en plus les femmes et les hommes plus âgés, avec 170 000 adultes de 20 à 45 ans anorexiques, de par le vieillissement des malades (100 000 personnes concernées) mais aussi de par l’évolution de la société (70 000 personnes concernées), qui pousse à suivre des critères de beauté souvent inatteignables.

Le monde de la mode contribue fortement à cette tendance.
Dans les magazines de mode, on nous bombarde de photos retouchées, de mannequins très maigres. Des recherches prouvent que ces magazines comportent 10 fois plus d’articles et de publicités faisant la promotion de la minceur que leurs équivalents masculins. 
Aujourd’hui, la lutte contre l’anorexie dans le monde de la mode est devenue un véritable enjeu. En Espagne, des nouvelles mensurations plus représentatives des femmes dans les campagnes publicitaires devraient voir le jour chez Zara ou Bershka notamment. Le ministère de la Santé espagnol a par ailleurs déclaré que les mannequins disposés en vitrine dans les boutiques devront désormais porter du 38, et non du 34 ou 36, comme c’est le cas aujourd’hui.

Si le monde semble se préoccuper de la lutte contre l’anorexie, le sujet est encore tabou chez les mannequins. Ce sont le plus souvent les ex-modèles qui osent raconter les privations qu’elles se sont infligées pour pouvoir défiler, à l’image de Carre Otis, ancienne top-modèle star des années 80 aujourd’hui reconvertie en mannequin pour grandes tailles après des années d’anorexie.
 
Elle livre un témoignage glaçant sur son passé de mannequin dans son autobiographie paru en 2011 qui s’intitule Beauty, Disrupted : A Memoir. En voici un extrait :
 « Je faisais de l’exercice au minimum deux heures par jour, sept fois par semaine. Quand je ne travaillais pas, je pouvais aller à la gym deux fois par jour. Je disais que pour le petit déjeuner je prenais des flocons d’avoine, qu’à déjeuner je mangeais du poulet et des légumes, pour dîner du poisson et de la salade et que je m’autorisais un yaourt en guise de snack. En réalité, je buvais quatre à six cafés noirs par jour, sans même m’autoriser un peu de lait écrémé, par peur des calories. Et pour ignorer la faim, je fumais plusieurs paquets de cigarettes par jour. La clope et le café me boostaient. J’en avais besoin car mon corps était perpétuellement fatigué à cause du manque de sommeil, de la faim et du trop-plein de sport. Sans oublier les soirées et les décalages horaires à répétition.
Grâce au pouvoir blanchissant de la retouche photo, mon faux sourire paraissait étincelant. Et sans les manucures et pédicures, vous auriez vu aussi que mes ongles étaient cassants et jaunis. Dans la vraie vie, vous avez des boutons, des rougeurs et la peau sèche à cause de la déshydratation, de la malnutrition, du stress, des cigarettes, du maquillage, du manque de sommeil. J’étais en fait terrifiée et très, très malheureuse », avoue-t-elle.
 
 
Texte – Manon Benboudriou

Graphisme – Victoria Dubois

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