CHRIS(TINE & THE QUEENS)

CHRIS(TINE & THE QUEENS)

Month: May 2018

aka 

CHRIS

Bonjour, c’est HumourMan.

bom dia hello GIF by Kevin Carter
Aujourd’hui je vais vous vous aider à tenir debout même si le ciel vous coule sur les mains. En ce fantastique jour d’hui, on va découvrir ensemble l’univers d’un hibou femme qui fait des phrases avec pleins de mots géométriques et qui te fait sonner le français en musique comme jaja : Chris.
Alors enfait c’est Christine and the Queens mais là elle sort un album et du coup elle veut qu’on l’appelle Chris. C’est un diminutif d’un surnom quoi. Alors qu’en vrai elle s’appelle Héloïse. Rien de bien compliqué.
Pour ceux qui la connaissent pas, c’est une nana qui danse vachement bien et qui a fait un bon buzz à base d’éclatement de game en 2014 avec son album Chaleurs Humaines. Elle en a quand même vendu plus d’un million dans le monde (Pour le premier d’une française, c’est swaggy-swagg !)

Voilà. Je pourrais pas faire plus court.

sorry tom hiddleston GIF
C’est parce qu’il me faut de la place, vous comprenez y’a plein de choses à dire sur Christine and the Queens alors ça serait dommage d’écrire pour raconter des trucs que vous connaissez sûrement déjà. C’est un peu mon cheval de bataille d’ailleurs. Autant pas faire du remplissage et garder un nombre de caractères suffisant pour que la chronique tienne sur internet. Le but étant clairement d’éviter de parler pour ne rien dire sinon ce serait vraiment abusé. Lol quoi.
Je sais pas si vous avez remarqué, mais Christine and the Queens, c’est un pseudo. Enfait le the Queens c’est pour faire référence aux Drag-Queens qui l’ont aidé à devenir Christine quand elle est partie à Londres parce qu’elle était déprimée.
C’est après ça qu’elle s’est mise à faire de la musique, elle sors 2 EP qu’elle a tout fait toute seule, elle fait 2-3 ptis concerts, et bim le premier album. Et bim, t’es choqué.
C’est avec cet album qu’on commence à voir le brouillage de piste de Chris. Déjà musicalement, on a un espèce de mélange entre chanson française, de l’électro et une sorte de R’n’B avec de l’anglais et du français dans chaque morceau.
Qu’est ce que donc que quoi ? Chut chut. Écoutes, c’est bien tu verras.
Mais c’est le personnage de Christine qui est captivant aussi.
L’aviez vous déjà vu ? Y’a une réflexion autour du genre dans l’oeuvre de Chris.
Enfait Chris elle veut être neutre, parce qu’elle a toujours considéré qu’être une femme était un obstacle, elle le dit dans le Time en tant que Top 10 de la nouvelle génération de Leader. Et c’est elle qui fait la Une en plus. On attend la Deux avec impatience.
Faudrait qu’on fasse un Cacti-pantalon de la badasserie parce que là ça commence à faire beaucoup de nanas stylées quand même.
Alors c’est panthéon que je voulais dire. Pas pantalon. Nan mais les mots se ressemblent quand même vachement aussi.
C’est de sa faute aussi elle brouille tout !
selling jr smith GIF
On a quelques notions de ça c’est masculin, ça c’est féminin et elle, elle fait un jokari avec. Y’a qu’à voir sa façon de s’habiller ou de danser, elle travaille tout avec son personnage pour qu’on sache pas trop. Comme ça elle peut être qui elle veut sur scène.
Jusqu’ici on était sur quelque chose d’un peu dandy, un peu sage, romantique, presque mesurée. Mais dans son dernier clip, on voit que ça évolue : elle s’est coupée les cheveux, elle est toute musclée et elle a une danse plus énergique, plus dans la démonstration de force mais en même temps carrément érotique.
Toutes ses inspirations musicales c’est des mecs en plus. Et ça s’entend.
Y’a quelque chose de flou dans tout ça. De fluide. De flambant. De flegmatique. De floral. De flexible. De floconneux. De flingueur.
Il y a tellement de mots en « FL » !! Maintenant vous pourrez être encore plus forts au Humour-Scrabble. De rien, ça fait zizir.
Elle dit que Christine c’est un peu la représentation publique des réflexions d’Héloïse.
Elle écrit un chouette super truc dans le magazine « Égoïste » où elle parle de tout ça. Dedans elle dit : « Non, je ne compte pas vous rendre la tâche plus facile avec des définitions qui inciteraient à la paresse. Je compte vous enrager à coups d’hésitations ». Chu désolé mais c’est carrément clair que c’est assez flou. Le seul truc qu’est clair c’est qu’elle fait du bon son tavu.
Y’a eu Boy George, y’a eu Georges Michael, y’a eu Michael Jackson, y’a eu Madonna, et y’a Christine. Et comme dirait cette espèce plumée qui nous réveille à la campagne dans la langue de Mr Bean : Cock-a-doodle-doo.
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A priori son projet sors à la rentrée, d’ici là on va regarder doucement son personnage muer et j’peux vous dire que ça va crisser des miches. Et comme dirait un hibou femme en voyant son hibou sexfriend arriver : Oh bah ça c’est chouette !
Allé salut, je vais aller repasser ma cape parce que là c’est plus possible, en plus je dois aller rendre visite à mon Kebab préféré, vous imaginez pas le stress.
Bisous hein !
 
Par Guilhem du Fayet 

OH MU

Month: May 2018

Hello les cool-kids, ici Women with Pencils !

Ce mois-ci on vous présente OH MU aka Estelle Marchi. Musicienne, chanteuse, productrice, illustratrice, réalisatrice de ses clips vidéos, OH MU a bien plus d’une corde à son arc de guerrière urbaine.

OH MU nous a aussi parlé de ses inspirations et de la manière dont elle créé :

 

“En général il faut que je sorte, que j’aille m’aérer la tête, voir des gens, ou juste me promener, voir des concerts, aller boire un verre, et en général les idées viennent assez vite. En fait, j’ai jamais eu un problème d’inspiration, j’ai plein d’idées en stock, mais ce qui est le plus dur à apprivoiser, c’est mettre ses idées en forme et choisir celle qui en vaut vraiment la peine. Souvent je me laisse quelques semaines de réflexion, à laisser germer l’idée dans un coin de ma tête, et dès que c’est fait, en général, je me mets en action et la réalisation va assez vite. J’ai appris à me laisser ce temps, alors qu’avant je me brimais car je me disais que je faisais les choses à la dernière minute, en voyant que la plupart des autres ne travaillaient pas comme ça et que les écoles ne mettaient pas trop en avant cette manière de faire. Mais en fait j’ai juste besoin de plus  de temps de réflexion, et ça se passe pas forcément en dessinant ou en faisant de la musique. Donc depuis je me sens beaucoup plus libre artistiquement.”

 

Les images valent mieux que les mots, on vous laisse avec ses illustrations et son dernier clip “Les Montagnes”.

Il est difficile de lui coller une étiquette, et c’est tant mieux. Son univers déborde d’inspirations diverses et variées, du monde de la BD à celui du rap féminin, en passant par Grimes et Miyazaki (les “oh mu” sont des créatures tirées du film Nausicaa de la Vallée du Vent).

 

Véritable artiste touche à tout, OH MU est aussi très engagée dans la cause féministe et des violences physiques et psychologiques, notamment à travers son projet “Vagues Survivantes” et l’ouverture récente de sa chaîne YouTube où elle traite de sujets sensibles et encore tabous tels que l’autisme, les amitiés toxiques ou la biphobie. 

Très active sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Instagram, OH MU partage son quotidien, ses dessins en live, ses compositions, ses concerts, ou ses créations de costumes de scène, mais aussi ses coups de gueule et ses coups de cœur, sans filtre.

 

 Vous pouvez retrouver l’interview d’OH MU sur notre site web : https://www.womenwithpencils.com/  

An Object at Rest – SETH BOYDEN – 6′

An Object at Rest – SETH BOYDEN – 6′

Month: May 2018

Chez Cacti, on adore le cinéma, surtout quand il est court et intense, alors toutes les semaines on a choisi de vous présenter un court-métrage de quelques minutes, à regarder n’importe où, n’importe quand, et dans n’importe quelle position.

Cette semaine, on vous présente An Object at Rest, it means : Un objet au repos. Parce que oui, aujourd’hui Seth Boyden vous raconte l’histoire d’un caillou. Et nous, on achète milles fois Seth. Et 1000 x 7 ça fait beaucoup.

 

Synopsis 

An Object at Rest suit la vie d’une pierre à travers les millénaires. Mais Serge le caillou va devoir faire face à un obstacle plus grand que lui encore, les humains.

 

Crédits – Seth Boyden

Lettre à Maya Angelou (1928-2014)

Lettre à Maya Angelou (1928-2014)

Month: May 2018

Lettre à Maya Angelou (1928-2014), écrivaine, poètesse, réalisatrice et presque tous les métiers du monde, militante pour les droits civiques des afros-américains et voix prééminente de l’afro-féminisme.


 

Chère Mayami,

 
Tu aurais adoré cette semaine, d’abord parce-que -spoilers- Money x Change t’a choisie pour le Snatch Game de la saison 10 de RuPaul, mais aussi parce qu’il s’est passé plein de trucs.
 
On commence avec du lourd son père : la libéralisation de l’avortement en Irlande a été approuvée à 60% lors du référendum de vendredi dernier ! Comme je le racontais à Olympe de Gouges, ce fameux article 8 de la Constitution irlandaise mettait la vie du foetus à égalité avec la vie de la mère. Du coup, à l’annonce de ce référendum, des milliers d’Irlandaises et d’Irlandais immigré·es sont rentré·es au bercail pour aller voter.
 
Deuxième grande nouvelle : Harvey Weinstein est mis en examen pour viol et agression sexuelle, respectivement sur deux femmes dont les noms n’ont pas été publiés. Bon, même une caution à 1 million de dollars cash ne l’a pas empêché d’être libéré le temps de son procès. Et d’accord, son avocat crie sur tous les toits que c’est gagné d’avance. Mais rien que la mise en examen est rare pour les agresseurs sexuels de cet acabit là (une centaine de témoignages quand même), donc on a le droit de sourire un peu, sans pour autant perdre de vue l’immense combat judiciaire qu’il reste à mettre en branle.
 
Mais cette semaine, on a beaucoup entendu parler de la polémique autour de Maryam Pougetoux. La présidente de l’UNEF à Paris IV. Toute la classe politique s’en est donnée à coeur joie : Gérard Collomb affirme qu’elle « marque sa différence avec la société française » (wtf), Marlène Schiappa dénonce « l’islam politique » qu’elle porte, et Mélenchon fait le parallèle avec le fait de porter une « grosse croix ». BON.
 
Je pensais qu’on avait épuisé le débat sur ce qu’une femme a le droit de porter ou non à peu près en 1863. Parce qu’en fait la réponse c’est :

*roulements de tambour sur fond de suspens insoutenable*

TOUT

Une femme peut porter ce qu’elle veut, parce que c’est foutrement son choix. Est-ce qu’on lynche une femme qui se maquille parce que c’est le signe d’une oppression patriarcale ? Non, c’est SON choix. En fait, le voile, c’est pareil que les poils, que la jupe, que le col roulé… Les femmes font ce qu’elles veulent de leurs corps. Et puis bon sang est-ce qu’on peut écouter les concernées au lieu de polémiquer sur leur besoin d’être libérées ?
 
On a tendance à considérer que les femmes pratiquant une religion sont forcément antiféministes, et que toutes les féministes sont anticléricales. Et bien j’ai le plaisir de t’annoncer, Maya l’abeille, que cette conception est parfaitement fausse : des bonnes soeurs qui militent contre le patriarcat, ça en jette non ? Pourquoi ça ne pourrait pas être pareil pour les musulmanes ? Allez, on se sort de nos conceptions occidentalo-centrées et on élargit nos horizons, la sororité vaut bien le sacrifice du confort culturel.
 
Sur ce, je te laisse méditer sur toute cette actu bien fraîche (ou pas).
 

Longue vie à toutes les niqueuses de patriarcat, sans exception aucune !

 
Texte – Clémentine Biard 
Illustration – BonjourNoemu
 
 

Le Salon des Dames – SOUS LES BAS LA GRENADE

Le Salon des Dames – SOUS LES BAS LA GRENADE

Month: May 2018

On continue notre collaboration avec la revue Deuxième Temps. Tous les mois, Céline Giraud et Alicia Martins nous parlent de faits de société contemporains et les mettent en relation avec des œuvres et des artistes passé·e·s, présent·e·s ou futur·e·s. Histoire de faire dialoguer tout ce petit monde. 

“SOUS LES BAS LA GRENADE”

Le vêtement est un outil social qui permet de dire la classe et les goûts, mais qui a également permis aux femmes de s’émanciper. En effet, si elles étaient tenues de revêtir des corsets et autres habits restrictifs pour les mouvements, c’est aussi par ce biais qu’elles ont compris le diktat qui s’imposait à elles. Mais comment procéder pour s’en défaire ? De la jupe au costume d’homme, retour sur l’emploi revendicateur du travestissement

 
Les femmes derrière le vêtement – Tout un arc des pratiques artistiques porte sur les questions de genre. Des artistes jouent sur la duplicité comme Marcel Duchamp, partant en quête d’un soi, autre que ce qu’ils étaient jusque là. En recourant à leur propre corps, ils mettent en scène leur fiction ; en semant le trouble, ces inventeurs jouent avec ce concept. Et nous, spectateurs, nous nous confrontons à l’attribution arbitraire des rôles dévolus aux femmes et aux hommes. L’un de ces marqueurs est d’apparat : si l’habit ne fait pas le moine, il en raconte beaucoup sur la personne qui le porte. Et à l’heure où les femmes se font siffler à l’Assemblée sous prétexte qu’elles sont en robe, les tissus prennent des couleurs militantes. Les exemples comme celui-là sont nombreux dans l’histoire et ne sont jamais anecdotiques.

Dans les années 1920 aux US, les idées féministes commencent à faire leur chemin dans les universités. Galvanisés par les discours prônant l’indépendance et l’égalité, des groupes de femmes fraîchement diplômées, se sont joués des codes imposés par la société en portant des tenues d’hommes pour revendiquer leur réussite. Après tant d’années à étudier, il s’agissait de faire carrière ! Mais cette chose étant d’abord réservée aux hommes, ces étudiantes se sont parées d’accessoires masculins comme la cravate, la canne, la cigarette, symboles de la haute société. Il y a là une transgression joyeuse et éhontée : c’est une fête, presque un carnaval, alors qu’à ces époques, de tels actes étaient vus comme vulgaires.

Anonyme, Image tirée de l’exposition “Mauvais genre”  

Il ne faut pourtant pas se tromper : revêtir des vêtements d’homme ne veut pas dire que ces femmes reniaient leur sexe ! Cet acte témoigne d’un désir d’émancipation que l’on retrouve dans l’Autoportrait aux cheveux coupés de Frida Kahlo. En raccourcissant fictivement ses cheveux, attributs féminins au possible, et en portant un costume d’homme, l’artiste brave les interdits sociaux. Si être une femme c’est l’être au travers des yeux d’un tiers, alors je serai autre ! semble nous dire l’artiste. Loin de perdre son identité, elle l’affirme avec panache et défiance, bien que sereine. Kahlo est une artiste remarquable en de nombreux points mais sa force de caractère les supplante. Ici c’est la rupture avec l’amour de sa vie qu’elle consomme.

Frida Kahlo, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940. Huile sur toile, 40×28 cm. New York, The MoMA, donation Edgar Kaufmann, Jr.

  Porter des vêtements d’homme semble être un jeu dont les règles seraient dictées par des femmes revendicatrices : tout ceci ne serait finalement qu’accessoire. Dans son film The King, Eleanor Antin montre même son travestissement, assise devant un miroir. Puis, comme si elle était actrice dans un théâtre, elle part à la rencontre de ses villageois pour écouter leurs doléances. Affublée d’un large chapeau et d’une longue cape, elle parcourt les rues tel Don Quichotte. Les scènes sont étudiées et fabriquées, illustrant la fiction même dans laquelle on s’enferme. Les genres ont été conçus théoriquement, et ces artistes nous poussent à les déconstruire et repenser.

De simples vêtements et un ajustement de posture suffisent pour ressembler au “sexe fort”. Le patriarcat tiendrait-il donc à si peu de choses ?

   

Eleanor Antin, King of Solana Beach Performance, 1973. Photographie en noir et blanc, 77x115cm. Courtesy Ronald Feldman Fine Arts, New York. Copyright the Artist.

Cette manière de se travestir pousserait à repenser le façonnage de nos connaissances : les femmes aussi marquent le temps et pourtant, on les connaît peu, avouons-le. À ce sujet, l’excellent podcast de Simone et les philosophes explique pourquoi il est nécessaire de se refaire une culture, et de rendre féminine l’expression “grands hommes”.

Céline Giraud & Alicia Martins

Fondatrices de la revue Deuxième Temps