77% des femmes rapportent des discriminations liées à leurs origines à l’embauche

par | Mar 15, 2018 | Le temps est bon, le ciel est bleu | 0 commentaires


On vous le disait la dernière fois, 80% des femmes sont victimes d’attitudes et décisions sexistes au travail. La discrimination liée au genre est également très forte à l’embauche. En clair, avant même d’obtenir un poste, tu peux être écartée à cause de ton genre, alors qu’en vrai, t’es une machine de guerre au boulot.
 
Mais là n’est pas le tout. Il y a une autre discrimination qui plombe davantage l’embauche : l’origine ethnique. Bah ouais, car en plus d’être femme, on devrait s’excuser d’être noire, arabe, asiatique, que sais-je. C’est assez difficile à recenser puisque la Constitution française interdit les sondages ethniques. Mais la réalité est pourtant effarante.

Le Défenseur des Droits, Jacques Toubon avait mené une enquête en 2016. Elle révèle que « Les personnes qui rapportent au moins une discrimination liée à leurs origines, à leur couleur de peau ou à leurs nom et/ou prénom représentent 77% des femmes. »

 
En somme, si ton nom ou ta couleur de peau révèle une origine étrangère, tu es dès le départ pénalisée par les DRH de ce monde. Et c’est là que les femmes racisées subissent la double peine. L’INSEE a conduit une enquête dans laquelle sont croisées la discrimination à l’emploi selon le genre et l’origine ethnique et le constat est là : « les femmes et les personnes qui signalent une origine étrangère sont discriminées à l’embauche.»
Plus encore, la discrimination à l’embauche s’est exacerbée dans le contexte post-attentat, notamment envers les personnes dont le nom de famille avait une consonance arabe. Durant une enquête menée par le Ministère du Travail en 2016, différents CV ont été soumis à différents employeurs. Les réponses à l’embauche ont été positives pour seulement 36% des personnes ayant un nom à consonance maghrébine, contre 42% pour les autres origines ethniques. Une triste réalité, dans un contexte où les amalgames vont bon train.
Face à cette discrimination liée aux origines ethniques, 40% ne disent rien, tous genres confondus. Le constat est alarmant.
Mais on ne baisse pas les bras ! Ces facteurs ne s’additionnent pas automatiquement. Et on croise les doigts pour que les compétences deviennent enfin le véritable prérequis pour obtenir un contrat.
 
Texte – Clara Gabillet
Graphisme – Victoria Dubois

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