N°1 – SORTIR DANS LA RUE AVEC UNE BATTE DE BASEBALL A LA MAIN

N°1 – SORTIR DANS LA RUE AVEC UNE BATTE DE BASEBALL A LA MAIN

N°1 – SORTIR DANS LA RUE AVEC UNE BATTE DE BASEBALL A LA MAIN

33% de personnes trans font une tentative de suicide.

33% de personnes trans font une tentative de suicide.

33% de personnes trans font une tentative de suicide.


Pour qu’on soit tous bien dans le même bateau, « transgenre » renvoie à une transformation qui n’est pas liée à des préférences sexuelles mais à un besoin d’appartenir à un genre qui n’est pas associé au sexe assigné à la naissance.
Tu peux être une femme avec des couilles, un mec avec un clitoris, tu peux être opéré.e ou non opéré.e, tu peux prendre des hormones, te maquiller ou non… Tous les attributs physiques qui te rangent dans la case MALE or FEMALE ne sont qu’une construction sociale et ne définissent pas ton identité.

Okur, maintenant qu’on a posé ça, revenons aux pourcentages ! Comme si ce chiffre n’était déjà pas assez écrasant, on compte 70% de personnes trans ayant déjà pensé au suicide.
Alors pourquoi ? Pour à peu près 1000 raisons dont l’ignorance, la transophobie, le manque de représentation, la connerie… Mais on va se concentrer ici sur le domaine de la santé.
Il faut déjà savoir que cet effroyable taux de suicide est 20 fois moins élevé une fois que les personnes trans sont prises en charge et aidées, par un traitement médical ou un suivi psychologique.

Mais malheureusement, 19% de personnes trans se voient refuser des services de santé. Et pour enfoncer le couteau dans la plaie, 28% d’entre elles sont harcelées lorsqu’elles demandent des soins médicaux.

 
Tout cela pour une raison trop simple et trop dangereuse : le manque d’information. Beaucoup voient les personnes trans comme un humanoïde bizarre, rapportant tout à « qu’est-ce qu’elles ont entre les jambes ». La transidentité exprime une identité globale qui ne s’arrête pas aux organes génitaux de la personne, mais plutôt à son rapport à la société, qu’elle soit opérée ou non.

Et si vous voulez en savoir plus sur la santé des personnes trans, Laverne Cox est là pour vous illuminer.(Bon, si vous ne comprenez pas l’anglais, on vous encourage à vous y mettre, au moins pour écouter Laverne) !

 
Texte: Claudia Bortolino
Graphisme: Victoria Dubois
 

MAXIME MULLER FAIT DES PHOTOS – Chapitre 1

MAXIME MULLER FAIT DES PHOTOS – Chapitre 1

 

N°1 – PRÉSENTATION 

Un jour on a rencontré Maxime, et depuis on a plus voulu le lâcher. Maxime il est photographe, il aime les hommes, les femmes, les gens, les choses. C’est ce genre de monsieur prêt à te raconter des histoires tout le temps, à te border le soir, ou à te mettre la fessée quand tu fais une bêtise. Alors forcément ça a collé. Ce mois-ci on va le suivre à la trace. Tout les jeudis on vous montrera ses photos tirées de l’exposition The Girl you lost to cocaine, un patchwork bordélique et grandiose sur le monde des Drag-Queens.

you Go gurl. 

Cette semaine on lui a posé des questions sur le drag world, et on est allé voir son exposition qui a été exposée à la Galerie BlOO à Lyon.
 

Il paraît que le milieu du Drag est un milieu très fermé, comment est ce que tu a fait pour t’intégrer?
                C’est vrai que le monde du Drag est assez fermé, et ce n’en est pas une critique : elles se protègent, et elles ont bien raison. Le comble, c’est que je ne suis jamais allé à une Garçon Sauvage, ni à une soirée au Lavoir ou dans un squat pour les rencontrer. J’ai tout simplement envoyé un message un peu par hasard à Messalina Mescalina sur fb, en lui témoignant toute mon admiration. Selon moi, elle sort des clichés de la drag, si bien même que lorsque l’on a shooté, je ne me suis pas dit « c’est une drag ». Je ne voyais que le coté performatif, et la blessure/revendication du genre. Ce n’est pas beau, ce n’est pas glamour, c’est glauque : mais c’était mon « mood » du moment. Le shooting s’est extrêmement bien passé, c’était très fort comme degré d’investissement, de confiance… Je ne montre pas souvent ce que je fais, ou du moins pas sur les réseaux sociaux et sur internet, car je fonctionne avec des tirages papiers argentiques et Polaroïd. Messie a montré les backstage du shoot sur ses comptes et ces photos ont un peu « buzzées », elles ont été vraiment appréciées du public, et par des Drag queens elles-mêmes. Alors c’était plus facile pour les approcher.

Qu’est-ce qui t’as le plus surpris/attiré chez les DraGones?
                Ce qui m’a le plus surpris chez Elles, c’est leur bienveillance. Je garde un très bon souvenir de chaque shooting, chaque moment. On se voit d’ailleurs maintenant pour parler, sortir, manger… Ce qui m’a le plus attiré c’est leur coté désinvolte. Et pourtant totalement féministe, engagé, militant (comme Fifi du Calvaire).

Il y a des petits sachets de drogues diverses dans ton exposition, pourquoi tu as choisi de les associer au Drag ?
J’ai grandi dans un milieu très conservateur, bourré de clichés ; une femme qui a les cheveux courts est forcément lesbienne, un pd a forcément le sida, une drag queen c’est un travelo drogué. Je voulais reprendre ce cliché et en faire quelque chose de plastique ; les sachets de drogues, de cocaine, de médocs se transforment sur l’accrochage en sachets de paillettes, de confettis. Je n’ai d’ailleurs pas vu plus de drogues que dans un autre milieu, et mêmes certaines drag ne prennent pas du tout de drogue durant leurs performances.
Par ailleurs, les sachets de drogues viennent étayer le titre de l’installation, à savoir « The Girl You lost to Cocaine ». Le titre de la série vise déjà à inclure le spectateur par le « you », manière de définir la drag comme un choix par défaut, contraint, pour se débarrasser d’une autre vie (celle d’un drogué ?). On peut d’ailleurs traduire le titre de l’expo par « la fille que tu as laissé pour de la cocaïne », impliquant soit une sorte de relation amoureuse où l’un des partenaires a laissé « la fille » pour de la cocaine, ou soit que quelqu’un a perdu cette fille « bien » pour se droguer, se libérer. En clair, c’est de ta faute si elle est comme ça maintenant.
(NB : c’est aussi le titre d’une chanson de Sia, dans l’album « Some People Have Real Problems »)

Qu’est-ce que tu penses de l’impact de RuPaul sur le drag moderne?
AHHHHHH ! Il fallait absolument que je tombe sur cette question. Personnellement, je n’ai jamais regardé RuPaul’s Drag Race. Mais je sais ce que c’est, par procuration, car TOUT LE MONDE M’EN PARLE (*haha*).
Ce show a eu énormément de répercussion sur le drag, et oui le drag « moderne », car les gens s’y intéressent, comme une sorte de « revival ». Je n’ai pas voulu (eu le temps ?) de regarder cette émission, car d’un coté, je ne voulais pas fausser l’image que je pouvais me faire d’elles. En plus, dans le show, elles sont souvent « méchantes » entre elles, car c’est une compétition. Ici, il n’y a pas cette concurrence, mais un énorme esprit de liberté. Et d’un autre coté, ça ne m’intéresse pas, car au final je ne cherche pas à m’amuser de par le drag ; selon moi il pose de vraies questions sur le genre, le féminisme et la liberté. Je ne veux pas montrer aussi seulement la prouesse du maquillage, sur un thème. Mais c’est grâce à ce genre d’émissions, de performances, que la société évolue, devient plus flexible, et peut être que dans 10 ans, tout le monde s’habillera comme une drag, parce que ça sera « normal ».

Est-ce qu’il y a une notion de féminisme dans le Drag?
Pas du tout…

                                               ABSOLUMENT (*haha*)

On parlait avant de secteur « fermé », et le monde gay est très cloisonné. Le drag permet de rassembler les gays et les lesbiennes dans un premier temps. Par ailleurs, il y a cet aspect de pouvoir se « dressed as a girl », de performer, dans la rue, un club, un bar, ou au quotidien avec les restes de makeup, de vernis à ongles… Il y a une médiatisation, et une médiation de la femme dans la société. On ne le voit jamais, et pourtant c’est évident, mais toutes ces tenues, ces maquillages, ça demande ÉNORMÉMENT de place. Et la plupart du temps, les deux identités fusionnent, se mixent et s’empruntent des accessoires chez l’un ou l’autre.
Aller au travail avec des talons quand on est un homme, c’est un acte féministe.

Quelle vision/regard tu poses sur le drag?
Dans mon travail, je m’intéresse à la notion de sexualité, du corps, et de la monstration de ce dernier. Dans ma série « Chambre 112 », je fait des autoportraits en me grimant, me travestissant, pour évacuer des émotions négatives, des blessures, traumatismes… J’ai ressenti la même énergie pendant les préparations des différentes personnes avec lesquelles j’ai shooté. C’est intime, ça vient de profond, des tripes, ça sort, c’est là, ça dégueule, c’est touchant, c’est attirant et en même temps repoussant. Alors je porte un regard complice et attentionné. Je porte aussi un regard d’admiration pour tous les actes militants dont elles font preuves, sur la revendication du genre (ou plutôt sur le fait qu’il n’y a pas de notion de genre à avoir dans une société moderne), sur le droit des femmes, des hommes, des homosexuels, des personnes transgenres, la légitimité d’être et d’exister comme elles l’entendent.

Texte et Interview – Camille Dochez  

Sara Boccaccini

Sara Boccaccini

Salut les cool kids, ici Women With Pencils.

Ce mois-ci nous avons choisi de vous parler de Sara Boccaccini, designer textile et illustratrice anglaise vivant à Brooklyn.

 

Son travail tourne majoritairement autour du design de motifs végétaux qu’on peut retrouver sur différents formats en passant du textile à la coque de téléphone.
« J’adore le fait que l’on puisse prendre un seul petit élément et d’arriver à créer quelque chose d’aussi magique à travers un motif. Cela donne un résultat souvent très naturel. »

Elle travaille notamment en collaboration avec de nombreux studios, marques ou magazines. Entre autres Pantone, I-D magazine ou encore Urban Outfitters.
Lors de l’interview que Sara nous a accordé pour notre site web, elle a pu nous parler de ses inspirations :

« [elle] provient principalement de la nature et des exterieurs. Il y a tou jours quelque chose d’intéressant ou de nouveau à découvrir lorsqu’on dessine des plantes, des pierres et des animaux. Il est aussi assez facile de se concentrer sur l’instabilité de notre monde, celle-ci a d’ailleurs joué un rôle important sur mon travail personnel cette année. »

Nous apprécions particulièrement le travail de Sara Boccaccini pour sa palette de couleurs, très douce, mais aussi pour la simplicité et l’esthétique de ses illustrations. Chaleureux, réconfortant et familier, son travail donne envie de s’immerger dans cette ambiance si agréable.

Vous pouvez suivre Sara Boccaccini sur les réseaux :
 www.boccaccinimeadows.com
Instagram : @boccaccinimeadows
Et si cet article vous a plu, vous pourrez retrouver l’interview dans son intégralité sur notre site web début mars : www.womenwithpencils.com

DIVINE

DIVINE

DIVINE

aka

La femme la plus belle et la plus dégueulasse du monde.

Bonjour. Je suis HumourMan.

 
Alors c’est la première fois que j’écris quelque chose sur internet du coup j’ai un peu le trac.

Je suis venu vous parler d’un acteur, d’une comédienne, d’une chanteuse et d’une grande personnalité et tout ça, dans le même mec et ça n’a rien à voir avec une partouze.
 
Donc cette personne c’est Harris Glenn Milstead et c’est Divine. On prononce Divaïne.
Pour vous dire à quel point le mec pèse, c’est qu’il a inspiré la méchante de la petite sirène. Et j’ai pas dit pèse parce qu’il était gros. Ça n’a rien à voir.
 
Si Divine existe, c’est quand même un peu vachement grâce à John Waters. Un réalisateur avec une petite moustache. C’est lui qui l’a nommé Divine, et c’est ses films qui l’ont fait connaître au public.
Le premier c’est Pink Flamingos in the 70’s you know. Pink Flamingos ça veut dire flamant rose en anglais.
C’est un film méga trash avec pleins de personnages complètement pétés. Divine y est la femme la plus répugnante du monde et un couple veut la détrôner, mais elle veut pas. On est typiquement dans un duel du type Rohff/B2O, fin vous situez quoi.
Y’a de la drogue, du trafic de bébés, des meurtres, et à la fin du film elle mange un vrai caca de chien.
 
Ce film a super bien marché dans les séances de minuit aux States. Super undergraound quoi. Parce que volontairement choquant et dérangeant, il a été présenté comme «un exercice de style sur le mauvais goût», un film qui montre des choses que les gens n’avaient jamais vu avant, qui met en scène des marginaux, qui fait vomir les gens en salle et c’est marrant parce que c’est comme la sextape de ma grand-mère un peu.

Divine elle a aussi été une reine du disco. Et son truc dans ses chansons c’est de parler des hommes. Elle se moque de ce que les hommes sont censés être : virils, forts, savoir manier la double hache, se balader torse nu avec des poils en hiver, crier en montrant leurs muscles pour appâter la femelle, en plus des deux que tu as dans chaque bras et de celle qui est dans ta cuisine. Parce que Glenn, il était plutôt timide, prévenant avec les filles. Il aimait la mode, la coiffure et du coup bah harcèlement scolaire-vie pour lui.
En fin de carrière, Divine a fait Hairspray où elle joue une ménagère américaine des 50’s en pastichant les films classiques hollywoodiens de cette époque. Et c’est la consécration. Elle est reconnue du grand public : c’est une star du cinéma. Glenn est mort juste quelques jours après la sortie du film. Dommage.
 
Alors d’après ce que j’ai compris : c’est que Divine c’était une drag queen.
Une drag queen c’est un homme qui se transforme en méga-femme et qui est là pour mettre une ambiance de ouf dans toute sorte de trucs stylés : soirées, défilés, musique, danse, télévision, cinéma…  Donc dans la vie de tous les jours, c’était ni un transsexuel, ni un travesti.
Passer en Divine c’était profiter d’être quelqu’un d’autre pour faire des trucs de foufoufou.
Et vu qu’elle a été connue dans le monde entier, y’en a beaucoup qui voyait une drag queen pour la première fois de leur vie ! Ça a libéré pleins de gens de savoir qu’ils avaient le droit d’être dégueu, en même temps belles, et en même temps gros, et en même temps raffinés et tout et tout.
C’est toujours cool de voir des gens connus qui nous ressemblent un peu, sans ça on n’a pas toujours le courage de faire des choses ou juste d’être nous-même. On a l’impression qu’on n’existe pas de la bonne façon.
 
Voilà Glenn c’était juste un mec qui jouait une femme qui jouait des femmes et ça marchait vachement bien quand même.
Quand je dit marchait je veux dire que ça fonctionnait. Je ne parle pas de l’action qui consiste à mettre un pied devant l’autre pour se déplacer dans l’espace. Et quand je dis l’espace, je ne parle pas du truc avec les galaxies et tout. Nan mais ça porte à confusion. Enfin ça porte pas vraiment, une phrase porte pas des choses mais bon. Vous m’avez compris ? On va dire que oui ? On va dire que oui.
 
Nan mais parce que quand même… Divine quoi.
 
Texte – Guilhem du Fayet 
Illustration – Studio Liu