Retour au Varsity avec Bad Girls Club

Retour au Varsity avec Bad Girls Club

Month: October 2017

Cacti est parti à la rencontre de Philippine Lafarge, cerveau de la collection Équipe Mixte de BAD GIRLS CLUB. Et obvi, comme on aime bien trop sa collection, on a lui a posé plein de questions et on a demandé à sa team de modèles de poser pour nous.


Cacti: Salut Philippine. Est ce que tu peux nous expliquer ton parcours ? Comment es-tu arrivée à ESMOD Lyon ?
Philippine: J’ai su que je voulais intégrer ESMOD depuis que je suis en 3ème. Je me suis orientée vers un Bac littéraire et artistique pour m’assurer d’avoir les meilleurs bulletins possibles.
En classe de 1ère, j’ai suivi mes parents en Floride. J’étais dans un lycée public de Boca Raton. J’ai appris l’anglais et je me suis familiarisée avec le streetwear, l’ambiance varsity des équipes de sport, des cheerleaders. C’était exactement comme dans les séries! Après un bac passé par correspondance, 3 ans à ESMOD dont 6 mois en échange scolaire à Oslo, j’ai été diplômée en 2017 d’une licence de styliste-modéliste en présentant ma collection « Équipe Mixte ».

Cacti: Justement, Équipe Mixte, c’est ton projet de fin d’étude ? Comment ça se passe cette collection ?
Philippine: Pendant les deux premières années, ESMOD nous prépare pour cette collection. On commence d’abord par créer un seul vêtement, on calcule un prix de revient, on choisi des matières, on organise un shooting photo. Ça c’est seulement pour s’entrainer. En 3ème année on fait tout ça en beaucoup moins de temps et pour une collection de 5 à 6 tenues. Après avoir fait une multitude de recherches, on dégage un thème, un univers visuel qui sera l’essence de la collection. La difficulté principale était de créer une collection qui me ressemblait sans trop m’orienter vers ce que l’équipe pédagogique souhaitait. Ils sont d’une aide précieuse mais parfois, ils sont trop subjectifs et nous guident vers ce qu’ils aimeraient voir.
On se penche ensuite sur l’univers de marque: qualité des vêtements, dans quelle gamme il se situent, quelles matières, quels tissus, quelles finitions. C’est après tout ça qu’on peut commencer les dessins. Sur les 30 silhouettes demandées, on en sélectionne 5/6 qui composeront les looks de la collection finale.
Niveau timing, je crois que j’ai commencé à travailler les patrons en février et après maintes et maintes retouches, j’ai commencé mon premier look début avril, deux mois seulement avant le jury final.
En parallèle, il faut aussi réaliser des fiches techniques pour chaque vêtement. C’est un document qui décrit le vêtement: un dessin technique, son descriptif, le matériel nécessaire, le prix etc. On imagine aussi une stratégie de vente, de communication. Tout est élaboré comme si on lançait une vraie collection.
Une fois que tout est terminé, il faut qu’on trouve le temps de réaliser un shooting photo qui doit impérativement mettre en scène les looks. Dans le même esprit on doit aussi réaliser une courte vidéo.

Cacti: Ta collection regorge de petits détails. Comment fais-tu pour avoir cette imagination ? Et surtout, comment tu arrives à tout rendre possible ?
Philippine: J’ai des inspirations très très opposées. Je suis fan de streetwear, de confort. J’ai toujours fait du sport et j’ai développée une passion pour les uniformes sportifs. J’aime aussi énormément les marques à l’univers très chargé, très détaillé, avec de la broderie et des découpes un peu comme Dolce&Gabanna ou Ashish. Un de mes gros défauts, c’est que je suis indécise. J’avais tellement peur de ne pas faire le bon choix mais j’ai voulu tout mettre. Il fallait trouver le moyen de tout associer de manière complémentaire en tâchant de combiner les deux styles.
J’ai fait imprimer 7500 pétales en forme de balles de baseball et j’ai mis mes parents et grand-parents à l’œuvre pour m’aider à les découper. J’ai également fait imprimer le nom de la marque BAD GIRLS CLUB sur le tissu. Ça prend bien plus de temps que de les acheter déjà faites mais je suis trop contente du résultat qui est beaucoup plus à mon image.

  
Cacti: Tu es en ce moment stagiaire avec la dream team de Make My Lemonade à Paris. Qu’est ce que tu apprends là-bas ? Ça te donne des idées pour ton avenir pro ?
Philippine: C’est vraiment un super stage. C’est un plaisir car on me laisse beaucoup de libertés et de responsabilités. J’apprends énormément. La boîte est petite, en open space et il y a tout à faire. Travailler pour eux, ça demande de la polyvalence et ça m’amène à faire des choses qui ne relèvent pas forcement de ma formation. C’est sûrement un des points les plus chouettes. C’est impressionnant d’appliquer mes capacités à quelque chose de concret. Quelque chose qui se vend vraiment. J’ai toujours été intéressée par l’entreprenariat et de bosser la bas, ça me motive encore plus. C’est un super exemple.

 


              

Cacti: On va continuer avec des questions un peu plus WTF, tu es prête ?
Philippine: Ouii, toujours prête !
Cacti:Quelle actrice jouerait ton rôle dans ton biopic ?
Philippine: Bonnie Wright !

Cacti: Qui invites-tu à ton dîner parfait ?
Philippine: J’invite Emma Watson, Nicola Formichetti, Barack Obama, Ashish Gupta, Alexander Wang et Eddy Redmayne! Pour animer la soirée et qu’on puisse bien se marrer, j’invite des amis de longue date, Alexandre et Begoña, et Ophélie avec qui j’ai passé des nuits blanches à coup de RedBull quand on était à ESMOD.
On mangerait un bon gros plateau McDo-Sushi-bières chez celui qui a le plus grand salon avec le plus grand tapis. Ça sera surement celui de Barack.


Cacti: On va jouer à Fuck, Marry, Kill. Je te donne 3 célébrités et tu me dis qui tu fuck, qui tu marry et qui tu kill. Christian Audigier, Vladimir Poutine, Nabilla.
Philippine: Aaaaaargh, je tue les 3. C’est horrible. Bon, pour le bien de l’humanité, je tue Poutine, ensuite pour m’éviter une vie de couple chiante, j’épouse Audigier – vu qu’il est déjà mort – et j’hérite de sa fortune. Ensuite sur un malentendu je couche avec Nabilla. Mais c’est l’enfer cette question !

Cacti: Si tu pouvais avoir un.e assistant.e, qui choisirais-tu ?
Philippine: Comme assistante, il me faut absolument Dorota dans Gossip Girl

Cacti: Si tu pouvais vivre dans un film/série, ça serait quoi ??
Philippine: Si seulement ! J’ai une passion sans fin pour Harry Potter, alors dans cet univers là forcement ! Mais seulement si je ne suis pas une moldu. Je ne veux pas passer à côté du monde des sorciers !

Cacti: Qu’est ce que tu aimerais que Cacti te souhaite ?
Philippine: J’aimerais que Cacti me souhaite de trouver le courage et la chance de pouvoir monter ma boîte et d’avoir une certaine notoriété dans la création de vêtements!

Cacti: On te souhaite évidement de trouver tout ça ! On ne se fait aucun soucis de ce côté là though !

BACKSTAGE

CREDITS
Interview de Jill Salinger
Styliste: Philippine Lafarge / Modèles: Alex, Océane, Hugo, Jules, Mathilde, Emilienne / Photographe: Jill Salinger / Photographe backstage: Louise Mazet

Beautiful People: What is beauty ?

Beautiful People: What is beauty ?

Month: October 2017

Si vous vous demandez ce qu’est la beauté, la réponse que vous attendiez est sûrement dans cet interview.

 
Cacti: Hello Stencia. Chez Cacti, il y a des choses qu’on comprend mieux quand on nous les explique comme si on était des enfants. Tu peux nous parler de ton projet comme si on avait 8 ans ?
Stencia: Je suis ce qu’on appelle une photographe. Depuis 2015 je travaille sur un projet photo qui s’appelle BEAUTIFUL PEOPLE : What is Beauty ?– qu’on traduirait par LES GENS BEAUX: C’est quoi la beauté ? Je prends des personnes en photo et j’essaie de comprendre comment ils voient la beauté.
 Pendant 2 ans, j’ai pris beaucoup de photos de personnes très diverses avec des origines et des histoires très différentes. En les rencontrant et en discutant avec elles, j’ai compris que ce qu’on appelle communément «beauté », n’était finalement qu’une série d’imperfections et que la beauté pouvait même se trouver dans des choses jugées moches. Je me suis aussi rendue compte que chaque personne avait une vision complètement differente de la beauté. C’est justement cette diversité qui me plaisait.

J’ai en ce moment la chance de pouvoir exposer mes photos à l’espace Albert Camus – Pôles en Scènes – à Bron (69) dans le cadre du Festival Karavel – un festival de danse organisé par le chorégraphe Mourad Merzouki, figure du mouvement hip-hop.
 
Cacti: Ca veut dire que tu prends en photo que des personnes belles ? 

Stencia: Ca veut dire que lorsque je prends en photo des personnes, je leur demande d’être elles-mêmes et de regarder l’objectif. C’est comme ça que j’arrive à voir la beauté. J’ai l’impression qu’elles s’autorisent à être elle-mêmes, sans faire le moindre effort. Tu sais, quand j’ai commencé ce projet je me suis rendue compte que la société essayait de nous imposer une vision de la beauté fausse et erronée. Et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux c’est pire parce qu’on peut en un quart de secondes se comparer aux autres : on se trouve nul, pas assez beau, pas assez fort, pas assez intéressant. Alors qu’au final, être soi-même c’est la plus belle des choses, tu vois ? Je me rappelle avoir commencé mon projet en prenant mes copains danseurs en photo. Je faisais de la danse, c’était simple; je choisissais les personnes que je voulais prendre en photo. Et, en voyant que le projet intéressait de plus en plus de monde, j’ai ouvert un compte instagram spécialement dédié et depuis le mois d’août 2017, j’organise des sessions où les gens viennent comme ils veulent. Je ne sais jamais sur qui je vais tomber, c’est plus spontané et ça me permet d’être le plus objective possible !
 

Cacti: Photographe & Danseuse ?
Stencia: Après mon bac littéraire et des études de communication, je me suis vite rendue compte que j’avais fait le tour et que je voulais me consacrer à quelque chose qui me plaisait vraiment. J’ai commencé la danse à ce moment là, en 2012. En 2015 j’ai débarqué à Paris pour faire une école de danse, et comme j’étais entourée de danseurs, j’ai naturellement commencé avec eux le projet. Je prenais mes potes en photos, ensuite d’autres danseurs avec lesquelles je voulais collaborer. C’est un peu grâce à la danse que j’ai eu envie de parler de ça et que l’idée du projet est arrivée.
 
Cacti: D’aileurs, le projet s’appelle Beautiful people : What is beauty ? Tu as hésité avec d’autres noms j’imagine ? Pourquoi celui ci ? Pourquoi pas les autres ?
Stencia: Oui, j’ai longtemps hésité au départ. J’avais le « Beautiful People » mais il fallait quelque chose de cool en sous titre, une suite qui glisse. J’avais pensé à un mot « esthétique » en anglais, puis c’est ma meilleure pote qui m’a conseillé « What is Beauty ». Ca sonne bien, ça se retient.
 

Cacti: C’est un projet que tu as initié seule. Tu n’aimerais pas que d’autres photographes se joignent à toi pour rendre le projet plus universel ?
Stencia: Pour le moment, je préfère travailler seule sur ce projet : c’est un peu comme mon bébé tu vois, et c’est important pour moi d’aller au bout de ma réflexion. L’idée serait de pouvoir faire voyager ce projet en exposant partout en France, en Europe et même worldwide. Ca me permettrait d’étendre encore plus ma vision de la beauté, la partager et pousser les gens à se poser des questions. La beauté n’a ni limite, ni frontièresfinalement !
 

 
Cacti: Et la photographie, ca vient d’où ?
Stencia: Je crois que ça a commencé le jour où ma maman m’a offert un appareil photo pour mon anniversaire. Je devais avoir 17 ou 18 ans. Au départ, j’étais un peu réticente. Je comprenais pas trop ce gros machin avec tous ces boutons : c’était la Chine pour moi ! Et puis, l’appareil photo et moi on s’est apprivoisé et quelques années plus tard me voici. Je suis ce qu’on appelle une autodidacte : j’ai tout appris toute seule, et finalement c’est pas plus mal. Je ne cherche pas la perfection, mais surtout l’émotion.

 
Cacti: En parlant d’émotion, on va passer aux questions un peu plus drôles. Tu es prête ?
Stencia: Yaaaaaass
Cacti: Quelle actrice jouerait ton rôle dans ton biopic ? (et pourquoi ?)
Stencia: Hmm, je dirais Grace Jones parce que c’est une artiste polyvalente et surtout pour son extravagance et son côté drama-queen.

Cacti: Qui invites-tu à ton diner parfait? Et qu’est-ce que vous mangez?
Stencia: J’inviterais mon père, et on se ferait un énorme brunch, en souvenir. Il est décédé l’année dernière. On mangerait que des trucs qui font plaisir : des bananes plantains, une tarte à la tomate (qu’il aurait préparé au préalable), du café, du chocolat chaud, des gaufres, du nutella à la cuillère, du fromage (beaucoup), de la charcuterie (beaucoup), une salade de tomate coeur de boeuf (que ma mère aurait préparé au préalable), des sardines aussi… Et puis hum… De la confiture de lait.

Cacti: Qu’est-ce que tu aimerais changer dans le monde?
Stencia: J’aimerais qu’on puisse se dire qu’on s’aime les uns les autres, aussi facilement que lorsqu’on se dit qu’on se déteste.
Cacti: On va jouer à FUCK, MARRY, KILL. Je te donne 3 célébrités, tu dois me dire laquelle tu fuck, laquelle tu marry et laquelle tu kill. Hermione, Harry, Ron! 
Stencia: aaaaah c’est dur. Je kill Hermione (à contre coeur), je fuck Harry et je marry Ron.

Cacti: Avec qui aimerais-tu être coincée dans un ascenseur?
Stencia: Avec une personne que j’ai rencontré il y a quelques semaines, un mec super intéressant. Voilà voilà (hello you !).
Cacti: On veut des noms nous.
Stencia: Haha, naaan si je fais ça c’est chaud là. Je peux juste dire que c’est une personne que j’ai rencontré à la fin de son spectacle, et qu’on a bien discuté. Allez j’en ai déjà trop dit.
Cacti: Combien de temps tu peux rester sans manger ?
Stencia: Une journée. C’est le max je pense. Mais en vrai si les micro pauses goûter sont autorisées ça peut passer crème haha.
Cacti: Si tu pouvais choisir un.e assistant.e, qui prendrais-tu ?
Stencia: J’en prendrais deux: un petit qui s’appelle Louis Ngandu. C’est le petit frère d’un ami. Je l’ai rencontré il y a peu de temps. Il est venu à mon exposition et j’ai l’impression que j’ai beaucoup à apprendre de ce petit. Il a des choses super intéressantes à dire et il travaille en ce moment sur un projet qui me parle grave. Et je prendrais mon petit frère aussi, Johann. Le sang, la base.
 

 
Cacti: Si tu pouvais vivre dans un.e film/série/livre ça serait quoi ?
Stencia: Dans un film, je dirais Clueless. Dans une série hmmm Sister Sister. Et euh… un livre, Harry Potter.
Cacti: Fais gaffe quand même, je te rappelle que tu as tué Hermione. Pas sûr qu’ils t’accueillent à bras ouverts à Poudlard.
Stencia: Ouaaais mais si je pars du principe que je l’ai tuée je serais une Serpentard du coup dans le livre.
Cacti: Quel Justin tu préfères ? 
Stencia: Timberlake, la base.

Cacti: Et enfin, quelle question aimerais-tu te poser ?
Stencia: T’es fière de toi Stencia ?
Cacti: On t’écoute. Es-tu fière de toi ? De ton parcours ? de la personne que tu es ?
Stencia: Oui, j’suis assez fière de moi. Je travaille dur pour ce que je veux et surtout je fais en sorte de réaliser mes rêves. Et quand je regarde en arrière, je me rends compte que même si j’ai un parcours particulier, tout est lié.
 
Merci Stencia!
 

 
 
Maintenant que vous connaissez un peu mieux Stencia, on vous invite à découvrir son fantastique travail.  Elle sera à Paris dans les prochains jours pour des séances photos. FONCEZ !
 
Et comme on aime trop Konbini et que les Fast & Curious sont inégalables, on en a fait un de Stencia.

 
 
Interview de Jill Salinger
Photo de Stencia: Jill Salinger