Les enfants, bienvenue dans le deuxième cours de cette master class sur la pornographie. Après avoir parcouru les terres tentaculeuses du Hentai la semaine dernière, nous allons cette semaine nous attarder sur cette machine à fesses et à fric qu’est l’industrie du porno moderne.
 
Soyez-bien accroché, préparez vos sacs à vomi ; surtout toi Caroline hein, tu vas pas me la faire toutes les semaines !
 

Leçon sur une industrie qui détruit les travailleurs du porno et leurs consommateurs.
 Le Porno c’est quoi ? 
 
Tiffany Hopkins, une actrice porno française définit le porno comme « un objet de divertissement qui a pour finalité la masturbation. » Jusqu’ici, tout va bien, tout le monde sait ce que c’est que la masturbation. JE NE VISE PERSONNE! *toussote en regardant Antonio*
Mais le porno, aujourd’hui, c’est considéré comme sale, sexiste, dégradant, raciste. Une image bien loin de la définition de Tiff’. Mais pourquoi ? Pourquoi c’est devenu sale de se masturber sur du porno ? Et depuis quand ?
 

 
Attardons-nous d’abord sur ces quelques chiffres :

  • 55% des hommes voient leur vie sexuelle impactée par les films pornos, contre 32% des femmes. 
  • Près d’un tiers des vidéos pornos sur internet contiennent des actes d’agressions physiques, 94% d’entre elles sont sur des femmes. 

 
Alors ? On situe un petit plus ce qui couille dans le potage ou pas du tout ? Nan ?
Bon. Cours d’histoire les mioches. Ouvrez vos cahiers à la page Inventions d’Internet.
 
Aujourd’hui je suis très citation :
« Internet est le tournant le plus majeur pour l’industrie du porno, on passe d’une valeur de production élevée, à quelque chose d’infime, car plus personne ne paie pour voir du porno. »
Tyler Knight, Acteur 
 
Tyler a raison. Avant Internet, c’était les producteurs qui avaient la main mise sur l’industrie de la pornographie, citons la famille : Marc Dorcel et Hugh Hefner. Les tournages duraient des mois, les budgets était gargantuesques, les actrices étaient des stars et payées en conséquent, et les conditions de travail étaient à la hauteur du zizi de Rocco.
 
C’était « l’âge d’or » du porno.

Nos aïeux allaient chercher leurs petits magazines en cachette et les feuilletaient dans leur lit avec leur lampe de poche entre les dents. Les gens considéraient encore ça comme un trésor.
 
Et puis Boum ! La naissance du porno sur Internet et tout s’écroule.
1998, la loi DMCA (Digital Millenium Copyright Act), votée aux États-Unis stipule que l’Etat « autorise la diffusion de vidéos piratées jusqu’à ce que l’ayant droit se manifeste ».
 
Et à partir de ce moment là, les TUBES se sont appropriés le marché.
« Maîtresse, est ce que mon tube de dentifrice il va au marché aussi ? » Fatou ! […] Bordel Fatou !
Les Tubes sont des plateformes qui diffusent des vidéos pornographiques (souvent gratuites), comme YouPorn ou PornHub. Les vidéos diffusées ne sont pas acquises officiellement mais volées aux producteurs ou à des anonymes pour le compte du site.
 
Le problème c’est que ce ne sont plus les producteurs qui gèrent ce flux pornographique, mais des geeks et des businessmen qui aujourd’hui ne sont plus du tout en lien avec les travailleurs et les conditions de tournage.
C’est là que la faille apparait. La faille qui a transformé Emmanuelle en fillette de 15 ans qui se prend une quadruple-sodomie.

Les Tubes impactent directement l’industrie du porno, car les petits producteurs vont s’intercaler dans des « niches pornographiques » pour attirer plus de visiteurs et plus de click.
 
Et à partir de ce moment là, les choses ne se sont plus jamais arrêtées, on est passé de la double, à la triple, à la quadruple sodomie. Aujourd’hui il y a une émission où le but de l’actrice est de vomir après une fellation-gorge-profonde.
On est passé de la fessée au piétinement vaginal les enfants.
 
Les filles acceptent des pratiques de plus en plus extrêmes pour être payées et doivent mentir sur leurs tests de dépistages pour ne pas rater un contrat car les tournages se font plus rare. Leurs carrières ne dépassent pas les 6 mois, car après 19 ans elles sont trop vieilles. La plupart du temps elles sont réduites à des tags. Quand à l’époque on tapait Clara Morgane ou Katsuni, aujourd’hui on tape juste #whitegirl #teen #asian. Car un fantasme pornographique n’est plus composé d’un visage, d’un corps, ou d’un nom. Peu de star, peu de tête d’affiche, juste des #hashtag.

Les kiddos, nous baignons dans un flux d’images pornographiques, un flux qui impacte directement notre sexualité et nos fantasmes. Ou en tout cas au moins 55% des monsieur qui voient leurs vies sexuelles impactées par le porno.
 
Vous avez sûrement remarqué que je parle beaucoup des messieurs, n’est ce pas les kiddos ? Car oui, bien malheureusement le porno est un man’s world. Fait par des hommes, pour les hommes. Le porno est un monde merveilleux – pour les hommes – où les femmes sont toujours disponibles pour tirer un coup, si possible avec une bonne baffe dans la gueule.
 
Je vous laisse 4 heures pour méditer dessus, et la semaine prochaine on essayera de trouver des solutions pour fixer ce beau merdier.
 

Texte: Camille Dochez
Illustration: Lucie Mouton