Hophophop, Antonio, retire ton zizi du bureau de Caroline !
 
Alors, les kiddos, aujourd’hui on s’attaque au plus compliqué: c’est quoi Tinder ? Pour l’inconscient collectif, Tinder, c’est une application pour se tremper la couenne. Grosso-modo, pour ceux qui ont jamais foutu les pieds dans l’antre du stupr’ qu’est Tinder, ça consiste à choisir une photo de profil où t’es le plus bankable et écrire une description où tu dois apparaître drôle, intelligent, mystérieux… Et avec une pointe de DIRTY-TALK c’est mieux.
 

Quand t’as réussi ce premier niveau, tu commences à SWIPER. Concrètement, à l’aide de ton pouce tu décides du sort d’un futur plan cul en fonction d’une photo. Tu dis « Nope. Nope. Hum… Nope. Mouais, Nope. Allez pourquoi pas. » Après, quand t’es une meuf et que t’es pas trop dégueulasse, genre t’as des cheveux et des dents, ça MATCH souvent.
Quand ça MATCH, une fois sur quatorze, l’un ou l’autre entame la discussion. Le plus marrant sur Tinder, c’est quand ça discute. La technique de drague par message, c’est fort, même si c’est beaucoup moins classe que les Liaisons Dangereuse.
« Ouais mais eux ils avaient pas les gifs Madame !» Bon, Antonio, maintenant tu la fermes et tu laisses parler la maîtresse! C’est le principe de l’ultra moderne solitude, discuter avec quelqu’un qu’on ne connaît pas sur un téléphone. À la recherche d’un contact humain à tout prix.
Après si ça discute et que ça s’entend bien, CE N’EST TOUJOURS PAS GAGNE, parce qu’il y a un truc qui s’appelle le FLUSHING. Clairement les bambinos, ça consiste à ne plus du tout répondre à l’autre, parce qu’il a dit un truc naze, ou que y’a un autre B-Boy qui nous parle plus régulièrement (et qui a des plus gros bras et un tatouage cool sur le mollet). Clairement flusher ça veut dire tirer la chasse. Classico.
Et quand tu te fais flusher, ça repart ; le swiping compulsif, c’est encore pire que Candy Crush. Tu fais ça sur les toilettes, au camping, aux dîners de famille, à la morgue… Tout le monde sait que c’est malsain mais tout le monde s’en fout.
Et puis un jour, tu rencontres un monsieur et tu te dis que même un lendemain d’apocalypse tu l’aurais pas touché avec le bout d’un bâton. Et vas-y qu’il te parle de sa mère, de ses gros bras et de son boulot qu’il déteste. Youhou, vazy salut bébé, je paye ma bière et je me casse en enfer.
Vous inquiétez pas les mioches, y’aura pas de morale sur notre incapacité à communiquer dans la vie moderne. Pas de solutions non plus, déso.
Tinder c’est marrant, mais c’est de la merde. Si vous voulez un bon conseil les frères, allez boire de la bière, et tapez vous les potes de vos potes. Ou, priez pour que le sosie d’Adam Driver travaille au bistrot d’en face.
 
Texte: Camille Dochez
Illustration: Lucie Mouton