Dis Maîtresse, c’est quoi Tinder ?

Dis Maîtresse, c’est quoi Tinder ?

Month: July 2017

Dit Maîtresse, c’est d’abord une histoire d’amour, celle portés aux enfants et à leurs éducations.. Mais c’est aussi et surtout une histoire de cul et de pièges et de comment on balargue nos gosses dans ce monde de merde fait d’embûches et de petites crottes comme ça déposé sur la rout… *se prends un coude dans les côtes* / *tousse tousse* et de beauté et de bienveillance. Sourire forcé.

 Hophophop, Antonio, retire ton zizi du bureau de Caroline !

Alors, les kiddos, aujourd’hui on s’attaque au plus compliqué: c’est quoi Tinder ? Pour l’inconscient collectif, Tinder, c’est une application pour se tremper la couenne. Grosso-modo, pour ceux qui ont jamais foutu les pieds dans l’antre du stupr’ qu’est Tinder, ça consiste à choisir une photo de profil où t’es le plus bankable et écrire une description où tu dois apparaître drôle, intelligent, mystérieux… Et avec une pointe de DIRTY-TALK c’est mieux.

Quand t’as réussi ce premier niveau, tu commences à SWIPER. Concrètement, à l’aide de ton pouce tu décides du sort d’un futur plan cul en fonction d’une photo. Tu dis « Nope. Nope. Hum… Nope. Mouais, Nope. Allez pourquoi pas. » Après, quand t’es une meuf et que t’es pas trop dégueulasse, genre t’as des cheveux et des dents, ça MATCH souvent.

Quand ça MATCH, une fois sur quatorze, l’un ou l’autre entame la discussion. Le plus marrant sur Tinder, c’est quand ça discute. La technique de drague par message, c’est fort, même si c’est beaucoup moins classe que les Liaisons Dangereuse.

« Ouais mais eux ils avaient pas les gifs Madame !»

Bon, Antonio, maintenant tu la fermes et tu laisses parler la maîtresse ! C’est le principe de l’ultra moderne solitude, Discuter avec quelqu’un qu’on ne connaît pas sur un téléphone. À la recherche d’un contact humain à tout prix.
Après si ça discute et que ça s’entend bien, CE N’EST TOUJOURS PAS GAGNÉ, parce qu’il y a un truc qui s’appelle le FLUSHING. Clairement les bambinos, ça consiste à ne plus du tout répondre à l’autre, parce qu’il a dit un truc naze, ou que y’a un autre B-Boy qui nous parle plus régulièrement (et qu’il a des plus gros bras et un tatouage cool sur le mollet).

Clairement flusher ça veut dire tirer la chasse. Classico.

Et quand tu te fais flusher, ça repart ; le swiping compulsif, c’est encore pire que Candy Crush. Tu fais ça sur les toilettes, au camping, aux dîners de famille, à la morgue. Tout le monde sait que c’est malsain mais tout le monde s’en fout.
Et puis un jour, tu rencontres un monsieur et tu te dis que même un lendemain d’apocalypse tu l’aurais pas touché avec le bout d’un bâton. Et vas-y qu’il te parle de sa mère, de ses gros bras et de son boulot qu’il déteste. Youhou, vazy salut bébé, je paye ma bière et je me casse en enfer.
Vous inquiétez pas les mioches, y’aura pas de morale sur notre incapacité à communiquer dans la vie moderne. Pas de solutions non plus, déso.
Tinder c’est marrant, mais c’est de la merde. Si vous voulez un bon conseil les frères, allez boire de la bière, et tapez vous les potes de vos potes. Ou, priez pour que le sosie d’Adam Driver travaille au bistrot d’en face.

par Camille Dochez
Illustration de Lucie Mouton

Magali Puidupin

Magali Puidupin

Avec sa collection «Here comes the story of the Hurricane» la jeune styliste Magali Puidupin nous emmène à la frontière du Street, de la boxe de rue et du rap.

La marque Blackbird is Bonnie va faire parler d’elle.



Texte: Jill Salinger

Traité sur le Féminisme & la Représentation

Traité sur le Féminisme & la Représentation

On ne devrait plus parler de diversité mais plutôt de représentation, car la représentation est fondamentale.
 
La diversité semble être optionnelle, un petit extra dont on peut se payer le luxe de temps en temps. La représentation est primordiale si nous voulons un monde social, économique, politique et humain juste. La représentation est fondamentale dans ce qu’on est en droit d’attendre de notre culture.
Lorsqu’on ne se sent pas représenté, des conflits naissent, des potentiels sont gâchés.
Il est tellement important, pour une personne qui n’est pas représentée, de se voir, de se reconnaître. D’être figuré par quelqu’un. Que ce soit en politique, dans une série TV, dans un cours d’histoire au collège, dans un magazine… C’est une preuve que vous comptez, que vous avez de la valeur. Si vous ne représentez pas quelqu’un, il n’existe pas. Dans les news, quand une femme se fait violer, on parle de la façon dont elle était habillée, l’heure à laquelle elle rentrait chez elle, si elle était accompagnée ou non, le numéro du RER qu’elle a emprunté… Autant de détails qui effacent la personne derrière un cas. Une cause à effet.
 
Comment comprendre les raisons du viol. Parce qu’il y a bien une raison, et celle-ci découle forcément de la victime. D’un autre côté, on annonce que la vie de l’homme qui a violé va être détruite, on s’interroge sur le nombre d’années qu’il passera en prison, quand et comment sera-t-il jugé. Autant de détails qui mettent en avant et questionnent la vie de ce criminel. Comment, dans la tête de milliers de jeunes hommes, peut-on percevoir ce criminel comme absolument mauvais ?
 
Sa vie va être ruinée, il ne pourra sûrement pas terminer ses études, il sera la honte de sa famille… Il devient petit à petit la victime. Tandis que la femme, violée, entre peu à peu dans l’anonymat. Non pas un anonymat de protection sociale, un anonymat d’identité, elle devient la cause du fait divers, dont le spectateur assiste passivement, dont on narre les tenants et aboutissements.
 
Où est la contre narrative ? Qui est là pour dire aux jeunes filles qu’elles comptent, qu’elles sont entendues, qu’il n’y a aucune excuse, raison, cause, décharge, justification, logique, fondement qui excuse le viol ? A l’école, on n’apprend rien sur les femmes dans l’histoire. Si on m’avait parlé du rôle des Suffragettes à l’école, peut-être que je me serais sentie plus vite représentée, peut-être que j’aurais connecté mon existence à l’histoire. En effaçant une partie de l’histoire, on efface une génération future, on efface les espoirs d’une place dans la société définie par nos actes, nos choix, qui ne sont pas bafoués par des limites construites dans un manque d’égalité.
 

 
J’ai lu récemment (Men explain things to me – Rebecca Solnit) un exemple très simple qui m’a marqué et qui illustre parfaitement le problème. Dans une grande université américaine, un viol a été commis, un étudiant masculin a violé une étudiante féminine. Le lendemain, afin de préserver les jeunes étudiantes, les directeurs de l’université ont demandé aux filles de rester dans leurs chambres à la nuit tombée. Prétexte de sécurité évoqué par manque de réelle mesure préventive. Les garçons, eux, pouvaient continuer leurs activités, aller boire une bière, aller réviser dans le dortoir d’un pote ou choisir, de leur propre volonté, de rester dans leur chambre pour regarder le dernier épisode de Narcos.
 
Encore une fois, les victimes d’un crime se retrouvent d’autant plus persécutées. Pourquoi ne pas avoir demandé aux jeunes hommes de rester enfermés dans leurs chambre ? La réponse, ironique, «ça ne serait pas juste de punir tous les garçons pour un qui a fauté… » Logique ! Par contre il est juste de punir toutes les filles pour… aucune d’elles n’ayant fauté.
 
Les femmes, où qu’elles se trouvent, doivent prendre conscience qu’être rabaissé n’est pas acceptable. Que cet avilissement n’est pas le résultat d’un échec mais plutôt les conséquences de cette bonne vieille guerre des genres qui dure depuis toujours.
 
Le droit de se montrer et de parler est fondamental à la survie, à la dignité et à la liberté. Je suis reconnaissante de pouvoir, malgré de nombreux incidents où j’ai été réduite au silence, faire entendre ma voix.
 
Texte: Claudia Bortolino
Illustration de Luna Picoli-Truffaut

Traité sur le Féminisme & la Représentation

Traité sur le Féminisme & la Représentation

On ne devrait plus parler de diversité mais plutôt de représentation, car la représentation est fondamentale.
 
La diversité semble être optionnelle, un petit extra dont on peut se payer le luxe de temps en temps. La représentation est primordiale si nous voulons un monde social, économique, politique et humain juste. La représentation est fondamentale dans ce qu’on est en droit d’attendre de notre culture.
Lorsqu’on ne se sent pas représenté, des conflits naissent, des potentiels sont gâchés.
Il est tellement important, pour une personne qui n’est pas représentée, de se voir, de se reconnaître. D’être figuré par quelqu’un. Que ce soit en politique, dans une série TV, dans un cours d’histoire au collège, dans un magazine… C’est une preuve que vous comptez, que vous avez de la valeur. Si vous ne représentez pas quelqu’un, il n’existe pas. Dans les news, quand une femme se fait violer, on parle de la façon dont elle était habillée, l’heure à laquelle elle rentrait chez elle, si elle était accompagnée ou non, le numéro du RER qu’elle a emprunté… Autant de détails qui effacent la personne derrière un cas. Une cause à effet.
 
Comment comprendre les raisons du viol. Parce qu’il y a bien une raison, et celle-ci découle forcément de la victime. D’un autre côté, on annonce que la vie de l’homme qui a violé va être détruite, on s’interroge sur le nombre d’années qu’il passera en prison, quand et comment sera-t-il jugé. Autant de détails qui mettent en avant et questionnent la vie de ce criminel. Comment, dans la tête de milliers de jeunes hommes, peut-on percevoir ce criminel comme absolument mauvais ?
 
Sa vie va être ruinée, il ne pourra sûrement pas terminer ses études, il sera la honte de sa famille… Il devient petit à petit la victime. Tandis que la femme, violée, entre peu à peu dans l’anonymat. Non pas un anonymat de protection sociale, un anonymat d’identité, elle devient la cause du fait divers, dont le spectateur assiste passivement, dont on narre les tenants et aboutissements.
 
Où est la contre narrative ? Qui est là pour dire aux jeunes filles qu’elles comptent, qu’elles sont entendues, qu’il n’y a aucune excuse, raison, cause, décharge, justification, logique, fondement qui excuse le viol ? A l’école, on n’apprend rien sur les femmes dans l’histoire. Si on m’avait parlé du rôle des Suffragettes à l’école, peut-être que je me serais sentie plus vite représentée, peut-être que j’aurais connecté mon existence à l’histoire. En effaçant une partie de l’histoire, on efface une génération future, on efface les espoirs d’une place dans la société définie par nos actes, nos choix, qui ne sont pas bafoués par des limites construites dans un manque d’égalité.
 

 
J’ai lu récemment (Men explain things to me – Rebecca Solnit) un exemple très simple qui m’a marqué et qui illustre parfaitement le problème. Dans une grande université américaine, un viol a été commis, un étudiant masculin a violé une étudiante féminine. Le lendemain, afin de préserver les jeunes étudiantes, les directeurs de l’université ont demandé aux filles de rester dans leurs chambres à la nuit tombée. Prétexte de sécurité évoqué par manque de réelle mesure préventive. Les garçons, eux, pouvaient continuer leurs activités, aller boire une bière, aller réviser dans le dortoir d’un pote ou choisir, de leur propre volonté, de rester dans leur chambre pour regarder le dernier épisode de Narcos.
 
Encore une fois, les victimes d’un crime se retrouvent d’autant plus persécutées. Pourquoi ne pas avoir demandé aux jeunes hommes de rester enfermés dans leurs chambre ? La réponse, ironique, «ça ne serait pas juste de punir tous les garçons pour un qui a fauté… » Logique ! Par contre il est juste de punir toutes les filles pour… aucune d’elles n’ayant fauté.
 
Les femmes, où qu’elles se trouvent, doivent prendre conscience qu’être rabaissé n’est pas acceptable. Que cet avilissement n’est pas le résultat d’un échec mais plutôt les conséquences de cette bonne vieille guerre des genres qui dure depuis toujours.
 
Le droit de se montrer et de parler est fondamental à la survie, à la dignité et à la liberté. Je suis reconnaissante de pouvoir, malgré de nombreux incidents où j’ai été réduite au silence, faire entendre ma voix.
 
Texte: Claudia Bortolino
Illustration de Luna Picoli-Truffaut

Les Fleurs du Désir

Les Fleurs du Désir

Les bouquets de Mademoiselle fleurs & vins fins s’offrent une petite virée au Parc de la Tête d’Or, en tandem avec le nail art audacieux de Pineapple & Flamingo et une petite culotte Made in Lyon de Lucie Mouton.

 

 

Entre pastels et couleurs vives, les fleurs s’invitent dans nos dégustations et côtoient nos sous-vêtements.

 
 

PINEAPPLE & FLAMINGO – Nail Art
MADEMOISELLE Fleurs & Vins fins
LUCIE MOUTON – Textile Designer

 
Photo: Jill Salinger