100% des homosexuels ayant une vie sexuelle active ne peuvent pas donner leur sang

Vous avez forcément entendu le slogan : « Partager votre pouvoir de sauver des vies ».

Il est ici question ni de slip moulant assorti à la cape rouge, ni d’escalader un immeuble, mais bien de don du sang. Avec un besoin de 10 000 poches de sang par jour, l’EFS, établissement français du sang, a pris l’habitude régulièrement de faire des campagnes de sensibilisation.
Dans ma grande bonté j’ai décidé récemment de moi aussi partager mon pouvoir de sauver des vies !!
J’ai entamé la procédure, j’avais un petit questionnaire à remplir, rien de bien compliqué jusqu’ici. Cependant une question m’a interpellé, « Pour les hommes : Avez-vous eu dans les 12 derniers mois, un rapport sexuel avec un autre homme ? »

On va faire un petit point historique :
– L’exclusion permanente des dons du sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes a été instituée en 1983 en raison des risques du sida.
– En 2012 Marisol Touraine, ministre de la santé sous Hollande s’étais engagé à revenir sur cette interdiction.
– C’est donc le 11 juillet 2016 que les homosexuels ont été autorisés à donner leur sang…Hourra ! On sort les drapeaux !! Ah, mais, attendez, cette autorisation est soumise à quelques conditions très stricte, dont  notamment… l’abstinence pendant douze mois, une exigence qui ne s’applique pas pour les hétérosexuels.

Alors dans les faits, qu’est-ce que ça donne ?
Les hommes couchant avec des hommes représentent 27% de la population parisienne, et 17% en province. Et parmi eux combien ne correspondent pas aux critères de don du sang ? 93.8 % !
Pourquoi ces critères sont mis en place ? Tout simplement pour éviter les risques de contamination du sang. Les risques représentent aujourd’hui 1 poche contaminée tous les deux ans, soit 1/6 millions.


Il est légitime pour les institutions sanitaires de mettre des moyens en place pour éviter une contamination du sang, cependant les hétérosexuels et homosexuels ne sont pas considérés de manière égale.

Après le point historique on va faire un petit point médical :
Le risque de contamination du sang dont il est question ici est une poche contaminée par le VIH, Virus de l’Immunodéficience Humaine.
Entre le moment où une personne est infectée du virus et le moment où celui-ci est détectable dans le sang il y a un laps de temps de 12 jours : il s’agit de la fenêtre silencieuse.
Pour pallier ces risques, lors de la première prise de sang, celui sera exclu du circuit, ce délai d’exclusion sert à contourner la fenêtre silencieuse. Pour les hétérosexuels cette période d’exclusion temporaire correspond à un laps de temps 10x supérieur à la fameuse fenêtre silencieuse. Pour les homosexuels, ce laps de temps est lui multiplié par 30. Et cela sans motif médical.

D’autres questions sont soulevées par les conditions drastiques concernant le don du sang des homosexuels, des actions juridiques ont été menées pour modifier les textes régissant le don de sang, cependant le gouvernement reste aussi silencieux que les fameuses fenêtres.

 

Texte – Inès Svartz

Graphisme – Victoria Dubois

 

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